Le moteur de ma ‘réussite’

Mes quinze jours de pause s’achevaient le dimanche 25 mars, mon 16ème cycle de Sutent était prévu pour débuter le jour suivant. Durant toute cette période l’amélioration de mon état de santé s’était largement confirmée. Qu’il était doux de penser que je n’étais plus l’esclave de ces révoltes à répétition de mon organisme. Le généraliste avait trouvé le moyen de me libérer de mes chaînes, en cernant le problème des effets secondaires. Le coupable n’était pas celui que je croyais mais bel et bien un surdosage de Digoxine dans le sang. A présent que les choses étaient rentrées dans l’ordre,  il fallait probablement affronter de nouveau, les réactions négatives du Sutent. Les degrés d’intensité  du traitement  étaient très différents d’un cycle à l’autre, aussi je ne savais pas encore dans les jours à venir, à quelle sauce j’allais être mangé.

A propos de manger, ils y avaient ces longs repas de famille que je redoutais non pas pour moi-même, car j’appréciais ces moments précieux de la vie, mais pour mon système digestif que je savais susceptible, et qui ne manquerait pas de me le faire savoir à la moindre incartade.

Justement en ce début avril il était prévu de fêter Pâques,  ainsi que mon anniversaire. Je n’avais pas l’intention de bouder mon plaisir, tant pis si je devais m’attendre à une terrible vengeance de mon organisme.

C’est souvent quand on s’attend à ce que les choses arrivent le plus, qu’elles arrivent le moins et vice versa. La nuit qui suivit le sacre de mes 58 printemps, mon sommeil fut de plomb et je me réveillai le lendemain matin sans nausées et le ventre non ballonné, un grand exploit compte-tenu des statistiques du moment. J’étais donc heureux de constater que mon corps avait encaissé sans dégât, ce petit écart d’hygiène alimentaire, il fallait simplement que je garde à l’esprit le caractère exceptionnel de la chose.

Le 15 avril avait lieu le traditionnel carnaval de la ville, outre mes intestins dont j’appréhendais qu’ils me trahissent, je redoutais également de devoir rester en position debout trop longtemps. Une épreuve qui m’était devenu insurmontable depuis mes différentes opérations. J’avais bien ma canne pour m’aider à m’appuyer lorsque l’immobilité ne durait pas trop longtemps, mais une partie de l’après-midi à piétiner était pour moi, mission impossible. Chantal ayant eu la bonne idée de m’acheter un petit siège pliant ultra léger et facile à transporter, j’avais pu assister au défilé sans craindre une faiblesse de mon corps, et l’esprit détendu j’avais fini par oublier mes intestins qui m’avaient eux aussi oublié. Au fil des années nous apprenions petit à petit à adapter notre situation aux contraintes du cancer. A défaut de l’accepter, j’avais fini par admettre que la maladie m’avait fortement diminué, et j’avais appris aussi à surpasser ma honte pour finalement  me foutre totalement du regard des autres.    

Les jours passant, j’avais été comme Anne, la sœur Anne, je n’avais jamais rien vu venir. La surprise avait été totale, j’avais passé le cap des quatre semaines sans qu’aucun nuage ne vienne assombrir ma qualité de vie, et c’était en bonne forme que j’avais avalé mes trois dernières gélules de chimio le dimanche 22 avril à l’heure du petit déjeuner.

Une période ensoleillée  comme celle-ci, j’en n’avais pas connu d’autres depuis la phase dite de rémission qui avait duré du 28 décembre 2007 au 30 juin 2010. Elle me donnait des ailes et m’autorisait à espérer sinon la guérison, au moins la perspective de jours meilleurs.

Pour l’heure il ne fallait pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, et un mois sans problème majeur, ne voulait pas dire que la partie était gagnée. J’étais réaliste mais je préférais tout simplement tourner mon regard du côté du ciel bleu, plutôt que du côté des nuages, c’était de meilleur augure pour mon mental qui restait quand même le moteur de ma ‘réussite’.

Mon 33ème scanner était programmé pour le vendredi 27 avril, entre temps nous avions mission d’aider mon fils à déménager. Il intégrait avec femme et enfants, sa maison neuve qu’il avait fait construire au pays de mes racines, et je n’étais pas peu fier de ça. Mon rôle serait limité, manque de force oblige, j’étais quand même capable de préparer le repas pour la dizaine de personnes qui auraient besoin d’un peu de réconfort après avoir dépensé beaucoup de leur énergie. Ainsi allait ma vie, à petite vitesse certes,  mais une existence que je n’avais pas  du tout envie de voir filer entre mes doigts, sans combattre.

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