A quelque chose malheur est bon

Sans être un grand habitué des lieux, je n’atterrissais pas non plus en terre inconnue. Je gardais un bon souvenir de mon premier passage dans cette clinique et il est vrai, comme N me l’avait fait remarquer, que le fait de ne pas avaler les deux flacons de sulfate de Baryum, je me sentais nettement moins nauséeux. Même si la situation n’étais pas toujours confortable, être à jeun ne me posais pas trop de problèmes non plus, j’étais en effet habitué avec les effets secondaire du Sutent à me priver parfois des journées entières de nourriture.

D’un centre médical à l’autre, le tableau ne changeait guère, des personnes de tous âges et de toutes conditions sociales affluaient. Du souci de santé le plus infime, au souci de santé le plus délicat, quelques dizaines de destins marqués par la maladie étaient occasionnellement réunis, par le hasard du calendrier, dans le même endroit.

Un homme âgé d’une quarantaine d’années venait de sortir du service scanner, je m’attendais à ce que l’opératrice vienne chercher une autre personne. J’ignorais si c’était à mon tour de passer. Finalement c’était une femme qui l’avait remplacé, il me fallait attendre encore. Je n’étais pas d’humeur à faire une grille de mots fléchés, le stress inhibait toutes mes capacités de réflexion, j’étais comme je l’ai déjà exprimé précédemment sur ce témoignage, en arrêt total sur image. Le temps me paraissait une éternité, j’avais envie de m’enfuir de cette triste réalité. Même après sept ans et quelques mois de combat, la peur fidèle alliée du cancer, restait  pour moi un des ennemis le plus difficile à dompter.  

« Monsieur Gautier ? »

Mon nom avait été prononcé au moment où je m’y attendais le moins. Suivirent ensuite les questions d’usage, la pose d’un cathéter, et l’attente avant d’être admis dans le service adéquat.

Allongé sur la table d’examen j’entendais le bruit familier de la machine et je n’attendais plus que l’instant précis, où mon corps tout entier allait pénétrer dans le tunnel.

« Comment allez-vous monsieur Gautier ? »

De même qu’à ma première visite, le docteur T était déplacé pour me saluer. Je trouvais cette initiative plutôt sympathique et fortement respectueuse. J’étais un patient et pas un numéro, et cela faisait du bien de se sentir considéré comme un être humain, à part entière.

« Bon nous allons voir si tout ceci a évolué depuis la dernière fois, à tout à l’heure. »

Le radiologiste avait arboré un sourire franc, puis m’avait quitté pour rejoindre son QJ.

Plusieurs dizaines de clichés de mon corps en rondelles plus tard, j’étais dans ma cabine en train de me rhabiller. La manipulatrice m’avait libéré de mon cathéter et j’attendais à présent les résultats. Je voulais être confient car j’étais plutôt en bonne forme depuis quelques temps, mais l’appréhension et le doute restaient les sentiments les plus forts. Il était difficile de se concentrer sur un sujet un peu plus léger, car le silence, la solitude, et l’enfermement, étaient de nature à me faire monter la pression d’un cran.

Brutalement la porte donnant sur le service s’ouvrit et le docteur T rentra en trombe dans ma cabine. Toutes ses explications avaient été données à un train d’enfer et je n’avais pas compris la moitié de ses mots. Pour l’heure je savais néanmoins que les résultats penchaient plutôt du côté d’une nette amélioration.

 « Je ne vous en avais pas parlé la dernière fois, mais dites donc, vous avez sérieusement dégusté, le poumon et les reins ce n’est pas courant de voir ce genre de situation, je vous souhaite quand même de garder courage, et  bonne fin de journée à vous. »

Je n’avais pas eu le temps de prononcer un seul mot que mon interlocuteur était déjà parti.

Depuis l’année de tous les dangers, Chantal n’avait sûrement jamais comptabilisé les heures passées à m’attendre, mais à quelque chose malheur est bon. Durant mes nombreuses et longues absences, elle s’adonnait le plus clair de son temps, à une très saine passion, la lecture, et sûrement qu’elle ignorait également le nombre d’ouvrage qu’elle avait pu lire dans les salles d’attentes de différents horizons.

J’étais sorti de ma cabine, mais il fallait patienter encore pour récupérer le rapport du médecin, les clichés et le cd-rom destinés à mon cancérologue. 

A quelque chose malheur est bon dans Cancer du rein lectrice



WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie