La toute première fois

Je rentrais à l’intérieur d’une cour, et au fond de cette cour, je pouvais lire sur un écriteau plaqué sur la façade d’une maison, cherche personnel de ménage. Chantal m’accompagnait, nous franchîmes le seuil de la porte d’entrée qui donnait dans une immense pièce. Mes yeux se fixèrent sur le sol carrelé de cette immense pièce. Nous fûmes invités à nous asseoir à une table, par la tenancière des lieux. La femme était de petite taille, elle avait le regard dans le vide, et ne cessait de répéter.

« Je suis overbookée, je suis overbookée, je suis …… »

La porte de la chambre s’ouvrit brutalement, mon rêve s’éteignit, je me réveillai en sursaut, il était 6 h 15, je partais au CAC de l’espoir ¾ d’heure plus tard, pour passer mon IRM.

Il y avait des nuits que je ne dormais pas aussi profondément, et comme par hasard ce vendredi 11 mai 2012, il ne s’agissait pas de flemmarder. Juste le temps de prendre mon petit déjeuner (je n’avais pas besoin d’être à jeun), de me doucher et de m’habiller, et voilà qu’il fallait monter dans la voiture.

Lorsque Chantal m’avait informé de l’appel téléphonique du CAC de l’espoir, m’avertissant de la date de cet examen, j’avais été extrêmement surpris de la rapidité avec laquelle N avait pu obtenir le rendez-vous, car elle nous avait laissé entendre que le planning du service adéquat était bien chargé. J’étais un peu contrarié de me retrouver à ingurgiter si peu de temps après mon scanner ce fameux produit de contraste qui n’était sûrement pas recommandé pour mon rein. Je n’aimais pas non plus être pris par surprise, et je me sentais déstabilisé dans mes habitudes. Je ne pouvais cependant pas en vouloir à la secrétaire de monsieur R, d’avoir été aussi réactive. J’avais demandé d’approfondir mon cas à l’oncologue, il fallait à présent assumer.

Le ciel était gris comme lors de ma dernière expédition sur Nantes. A cette heure matinale, la circulation était plutôt dense. J’étais  stressé davantage par le trafic routier, que par la perspective d’aller passer un examen. Le traditionnel bouchon de la porte du vignoble nous ralentit, mais le périphérique nantais n’était pas complètement saturé, aussi nous ne fûmes jamais totalement stoppés dans notre progression. Nous arrivâmes au centre, une heure environ après notre départ. Nous avions la majorité des places de parking à notre disposition. Le hall d’accueil était vide, mon ticket d’ordre d’arrivée portait le numéro 2. Je n’attendis pas pour me présenter devant le guichet des enregistrements. Au second étage, l’IRM était dans la même direction que le Scanner. L’accueil était le même, mais les portes d’accès aux deux services étaient à l’opposée les unes des autres. Je n’eus guère le temps de me reposer, car je fus très vite pris en charge.

Une manipulatrice me posa les questions habituelles, je lui donnai le questionnaire que l’on m’avait confié, et que j’avais eu juste le temps de  remplir. Elle se mit à le lire attentivement.

Je n’étais pas diabétique, je n’avais pas de pace maker, pas de pompe à insuline, je n’avais pas d’éclat métallique dans le corps, ni de prothèse de quelque type que ce soit. Par contre mon insuffisance rénale était encore au goût du jour.

« Comment mes collègues du scanner, procèdent t’ils pour le produit à injecter ? »

J’avais trouvé sa question un peu étrange.

« Il ne m’injecte pas la totalité de la dose. »

« De toute façon le Dotarem….. »

Je n’avais pas entendu distinctement la fin de la phrase, mais j’avais cru comprendre que le produit était sans danger.

Je lui confiai la boîte de ce fameux Dotarem, qui devait donc servir  pour l’examen.

« Déshabillez vous, mettez vous en slip et je vous donne une blouse à enfiler pour que vous n’ayez pas froid. Je vais voir si le médecin est arrivé, et je viens vous chercher.  »

Je ne savais pas si on enfilait la blouse par l’avant ou par l’arrière, j’avais deux lacets en guise de fermeture, mais pas d’autres indications. J’optai de l’enfiler par l’arrière, car nouer mes deux lacets dans le dos, me paraissait un peu compliqué.

La femme qui m’avait laissé un petit moment revint me poser mon cathéter. C’était une pro, car je n’avais pas senti l’aiguille pénétrer dans mes veines.

« La blouse était à enfiler de quel côté ? »

J’avais posé la question pour ne pas être ridicule en cas d’erreur de ma part.

« A votre guise »

Effectivement qu’avec ce semblant de vêtement, je n’avais pas froid, et surtout ma pudeur était partiellement préservée.

« Avez-vous déjà passé un IRM ? »

« Non c’est la première fois. »

La toute première fois dans Cancer du rein Blouse-jetable-274x300

 



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