Imagerie à résonance magnétique

« Avez vous déjà passé des scanners ? »

« Trente trois depuis le début de ma maladie. »

« On vous a découvert ce cancer depuis longtemps ? »

« En décembre 2004. »

« Et bien dîtes donc on ne vous a pas laissé souvent tranquille depuis cette date là. Cela représente un scanner tous les deux mois et demi à peu près. »

« Oui tout à fait. »

La femme avait écarquillé les yeux d’étonnement. Je n’avais pas pu m’empêcher d’esquisser un petit sourire.

« Ça mérite bien une médaille. »

« Je ne le pense vraiment pas, car d’autres malades sont bien plus à plaindre que moi. Et cette surveillance constante est finalement assez rassurante pour moi. »

« Bon revenons en à nos moutons. L’IRM ne se pratique pas de la même manière. Vous allez être confiné dans un tunnel, sans en sortir, d’où la question sur la feuille que vous avez reçue, relative à une éventuelle peur de l’enfermement. (Claustrophobie). L’examen est aussi beaucoup plus long, environ 20 minutes. Dans tous les cas, l’équipe médicale se trouve tout près de vous, derrière une vitre et vous parle régulièrement. Si vous voulez l’appeler, vous pourrez utiliser la sonnette qui vous sera donnée lors de votre installation. Si cela est nécessaire, l’équipe peut interrompre l’examen à tout moment. »

Je me demandais si toutes ces explications étaient de nature à me rassurer, ou au contraire à m’inquiéter. Je n’avais pourtant pas le choix, c’était moi qui avait lancé l’idée de cet examen, il fallait y aller.

« L’IRM est un appareil très bruyant, son bruit est similaire à celui d’un marteau-piqueur, c’est pourquoi nous vous mettrons un casque sur les oreilles, diffusant de la musique et permettant de vous parler lorsque nous aurons des informations à vous communiquer. »

La salle abritant la machine ressemblait comme une sœur à celle du scanner.

En deux temps trois mouvements l’opératrice avec l’aide d’un collègue m’avait allongé sur la table d’examen, la tête appuyée sur un coussin, les jambes légèrement surélevées, un petit sac de sable sous l’aisselle, et l’épaule gauche bloquée dans une coquille appelé antenne,  une sorte d’appareillage capable de capter ou de produire le signal radio fréquence.

La petite poire servant à appeler à l’aide bien tenue dans ma main, j’étais à présent complètement isolé du reste du monde. Comme à chaque fois que je me trouvais dans une situation peu habituelle ou carrément nouvelle, je ne pouvais pas m’empêcher de penser, et pas sans émotion, à ma famille actuelle, mais je m’adressais aussi et surtout en guise de prière,  à mes parents qui m’avaient hélas quitté depuis fort longtemps. Mon père et à ma mère devaient sûrement observer de là-haut, ma vie de galère, nul doute que cette pensée allait vers eux, comme un appel au réconfort.

La radio diffusait une émission politique suite à l’élection de François Hollande, mais je n’arrivais pas à me concentrer sur le sujet, car l’angoisse de l’enfermement brouillait les pistes. J’étais tellement confiné dans mon tube, que je finissais par avoir chaud. Il fallait lutter pour ne pas m’agiter car l’opératrice m’avait bien souligné qu’il ne fallait pas bouger d’un pouce. Le temps me paraissait une éternité. La crainte de recevoir par la suite des mauvaises nouvelles, refaisait surface. Il ne fallait pas céder à la panique.

Effectivement que l’émission radiodiffusée était légèrement perturbée par le vacarme de la machine. Comme on me l’avait signalé, un bruit de marteau-piqueur, mais également une sorte de tonalité d’alarme très atténuée, me tambourinaient à tour de rôle, dans la tête, avant que je ne retrouve pour un petit laps de temps le silence. Entre chaque cycle de la machine, j’entendais dans mes écouteurs, l’opératrice qui m’informait le démarrage du cycle suivant.

« Monsieur je vais vous injecter le produit, le reste de l’examen sera ensuite beaucoup plus court. »

En effet, quelques coups de marteau piqueur plus tard, l’équipe médicale était rentrée dans la salle de la machine, et me ramena immédiatement dans le monde des vivants. 

« Voilà monsieur c’est terminé, ça s’est bien passé ? »

J’avais répondu d’un signe de tête que oui. Comme j’avais passé une partie de l’examen relativement tétanisé, je sentis mes muscles un peu raides, en me levant de la table. La manipulatrice qui m’avait assisté depuis le début, me raccompagna dans ma cabine.

« On a quand même beaucoup mal à rester zen »

La femme me répondit d’un sourire.

« Je vous laisse un petit instant, je vais aider mes collègues à préparer l’IRM pour le prochain patient, et ensuite je vous enlève la voie veineuse avant de vous libérer. »

Au CAC de l’espoir les résultats n’étaient jamais transmis au patient, mais communiqués au médecin prescripteur de l’examen, une affiche collée sur la porte informait d’ailleurs les malades de la procédure. Je ne m’attendais donc pas à recevoir dans ma cabine, une autre visite que celle de la femme qui m’avait promis de me débarrassé de mon cathéter au plus vite. 

Imagerie à résonance magnétique dans Cancer du rein image_large-300x300

 



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