Bonnes perspectives

Pourtant lorsque la porte qui donnait accès au service s’ouvrit de nouveau, un membre de l’équipe médicale apparu sous mes yeux. Sans même me dire bonjour, sans même se présenter, sans même me demander mon nom, il alla droit au but.

« A quel endroit de l’épaule aviez-vous cette grosseur ? »

« A peu prêt par là. »

J’indiquais en décrivant un petit cercle avec l’index de ma main droite le secteur de mon épaule gauche concerné par le problème, mais à vrai dire depuis la découverte de la tumeur, j’avais très vite fait mon possible pour tenter de minimiser cette nouvelle attaque de la maladie. Pour ne pas en faire une obsession, j’avais donc évité soigneusement durant ces deux années écoulées,  de contrôler régulièrement par des palpations, l’état de cette tumeur. Du coup comme au toucher, il n’était plus évident de la localiser, je ne me souvenais pas vraiment de sa position initiale. D’ailleurs je ne voyais pas très bien la raison pour laquelle mon interlocuteur me posais cette question, car avec l’examen hautement technologique que je venais de passer, la réponse devait être évidente. Puisque je ne lui étais pas d’un grand secours, il se résigna à me donner son avis sur la question.

« Bon effectivement comme l’oncologue nous avait demandé de la faire,  nous avons constaté la présence d’une aspérité d’environ 14mm. Je n’ai malheureusement aucun élément de comparaison pour vous préciser s’il y a amélioration ou pas depuis le début de votre prise de traitement. Vous verrez avec le docteur R si la nécessité de faire des rayons ou non s’impose. »

A l’image de la femme présente dans mon rêve du matin, l’homme qui venait de m’adresser la parole, et que supposais être le radiologiste, était sans doute overbooké. Il me quitta de la même manière qu’il était entré, sans sourire, en me faisant un signe de tête en guise d’un au  revoir. A nouveau seul, je pouvais savourer ma victoire, car manifestement la grosseur avait diminué, le résultat de l’IRM venant corroborer notre impression initiale. Je ne m’étonnais nullement  de ne pas lui en avoir fait la remarque, car sa rapidité d’intervention m’avait littéralement scotché sur place, me laissant dans l’incapacité de prolonger la conversation au-delà de l’unique question qu’il m’avait posée.

La manipulatrice que j’attendais depuis un petit moment me détourna des mes pensées, cette fois elle rentrait dans ma cabine pour me libérer définitivement du service.

J’avais été informé par téléphone de ma convocation, huit jours plus tôt. L’ordonnance ainsi que la confirmation du rendez-vous avaient été faxés chez mon pharmacien, le lundi suivant. Nous avions été amenés à rappeler la secrétaire de monsieur R pour lui signaler une erreur administrative. Au cours de la conversation elle nous avait proposé de rejoindre le service consultation après avoir passé mon IRM, malgré que nous n’ayons pas de rendez-vous.

« Peut-être pourra-t-il vous recevoir quand même entre deux patients », nous avait elle dit avant de raccrocher. 

J’étais sceptique, l’oncologue avait bien d’autres chats à fouetter que de nous rencontrer alors que ce n’était pas prévu, mais puisque l’examen était terminé, et que l’invitation avait été lancée quelques jours plus tôt, nous décidâmes de diriger nos pas vers le secteur des consultations.

Le couloir était vide, N conversait au téléphone, mais nous lui avions signalé notre présence par un petit signe de la main. Patienter dans le couloir, c’était une chose que nous avions l’habitude de faire. De toute façon nous n’étions pas pressés car nous avions prévu de passer la matinée sur Nantes. Un groupe de trois personnes venait d’arriver, et nous grilla la priorité. Sans attendre la fin de la conversation téléphonique, ils pénétrèrent dans le bureau. Chantal me regarda,  nous n’eûmes pas eu besoin de nous parler.

L’un des trois personnages était probablement le malade, car la maigreur et le teint blafard de son visage le trahissait.

Nathalie qui avait raccroché plus vite que prévu son combiné, reçu les intrus, puis les invita à rejoindre le couloir en attendant leur rendez-vous.

A notre tour nous pénétrâmes dans son bureau, pour la saluer et pour lui donner le compte-rendu de l’examen.

« Le radiologiste m’a dit que ma tumeur mesurait 14 mm environ, je pense qu’elle a sérieusement diminué. Vous pourrez transmettre l’information à monsieur R, je ne veux pas le déranger. »

« Maintenant que vous êtes là, je vous garde. Ne vous inquiétez pas, dès qu’il sort de consultation je parle avec lui. »

« Nous allons dans la salle d’attente. »

« Ok je viendrai vous chercher, quand ce sera le moment. »

Comme à l’accoutumé nous avions de la lecture et des mots fléchés pour tuer le temps. Le service était plutôt calme, mais progressivement des personnes arrivaient et se dirigeaient vers les différents cabinets d’oncologie. La journée promettait d’être encore bien animée. Nous n’avions pas eu besoin d’attendre bien longtemps pour que N se manifeste de nouveau.

« Monsieur Gautier, le docteur R préfère étudier votre dossier et voir avec ses collègues pour prendre une éventuelle décision. Il vous tiendra au courant dès que possible. »

Je n’étais absolument pas surpris de cette réponse, mon dossier méritait que l’on s’y penche un peu plus longuement qu’entre deux rendez-vous de patients.

J’étais persuadé que le dès que possible attendrait ma prochaine visite fixée au 15 juin, mais ça m’était égal, car j’avais le sentiment de partir avec plutôt de bonnes perspectives concernant mon proche avenir.

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