Qui sait peut-être qu’un jour!

Les croyances apaisent. Tout notre parcours terrestre est jalonné d’autant de croyances personnelles que de croyances populaires. Nous passons notre vie à nous conditionner de croyances dans le seul but de nous rassurer. La croyance est intimement rattachée au mental qui a besoin de se conforter dans son activité incessante. Et lorsqu’une croyance est adoptée par une population entière, on l’assimile à une vérité absolue, acquise. Mais au fond de chacun, le germe du doute subsiste et ronge l’édifice qui finit tôt ou tard par s’effondrer comme un château de cartes. Ainsi fonctionne notre société qui se plaît à évoluer dans le monde virtuel des croyances.

A l’inverse la foi se vit dans le cœur et n’est en rien rattachée au mental. La foi, même si elle y est fréquemment associée, n’est bien évidemment pas exclusivement religieuse. La foi sommeille en chacun de nous et peut s’exprimer dans des registres spécifiques de nos vies, si nous lui en laissons la place. Elle émane du cœur. Lorsque la foi nous anime, la peur n’existe plus. C’est très simple. La foi naît de l’intérieur, elle est une force, une certitude profonde qui nous habite, sans que jamais personne n’ait eu à nous l’inculquer. La foi est là, depuis notre naissance, et sans doute même depuis bien plus longtemps, nous n’en héritons de personne, elle est intemporelle. Mais nous ne sommes pas habitués à lui laisser une place dans notre vie, puisque depuis notre plus tendre enfance, nous avons été programmés à rechercher toute vérité à l’extérieur. La société et les religions ont étouffé la foi pour imposer leurs croyances.

 

L’évènement aussi grave qu’est l’annonce faite par un médecin de la maladie potentiellement mortelle dont vous êtes affecté, vous fait basculer dans le vide. Tel un bug informatique vous êtes devant un écran noir incapable de reprendre les rênes en main. Se retrouver face à la mort engendre forcément des questions. Les croyances que l’on vous a inculquées dès votre plus tendre enfance reviennent à la surface, vous aimeriez bien vous attacher à cette bouée de sauvetage pour ne pas vous noyer, mais le doute subsiste. Vous mesurez la chance que peuvent avoir les gens de foi, car vous réalisez qu’avoir la foi est un privilège qui n’est pas à la portée de tous. J’ai pu lire que la foi émane de l’essence profonde de l’individu encore faut-il savoir où puiser ces richesses qui font que votre vie peut échapper invariablement à la peur de l’inconnu.

Je me souviens régulièrement d’une conversation que j’avais eue avec ma grand-tante paternelle décédée dans sa centième année, et qui m’avait fait part de sa difficulté à trouver le chemin de la foi. Elle avait essayé durant sa très longue vie d’y parvenir mais en vain. Du coup en atteignant le crépuscule de son existence,  la terreur de devoir quitter ce monde sans autre espoir que de se retrouver dans un grand trou noir, et la ténacité dont elle faisait preuve pour s’accrocher à l’existence,  ne la  quittaient plus du semelle, au point d’en devenir une obsession. Pourtant elle n’échappa pas à son destin, destin qui l’épargna pourtant largement en lui offrant le cadeau bien mérité de mourir sans souffrir durant son sommeil, et donc en toute sérénité.  J’espère très sincèrement qu’elle a trouvé maintenant la paix, ainsi que les réponses, à ses sempiternelles interrogations.

J’admire encore aujourd’hui l’honnêteté de ses propos, et je suis également honoré de la confiance dont elle avait fait preuve à mon égard,  en me dévoilant ce côté intime de sa personnalité.

Plus je vieillis et plus je me retrouve dans le même état d’esprit qu’elle. Quelques fois je me dis que les convictions ne se cultivent pas, car elles sont ou non, profondément ancrées en nous, depuis la naissance. Quelquefois j’espère me tromper en guettant un signe, qui me donnerait l’espoir de voir pousser en moi cette certitude que mon passage sur terre n’est qu’une étape d’un processus mystérieux, mais dont il ne faut pas craindre l’évolution. Quelquefois j’attends depuis tellement longtemps mais vainement une manifestation de je ne sais quel esprit supérieur, que je rejoins la thèse selon laquelle la foi est un don qui ne m’est pas accessible, et qui ne me le sera jamais. Pourtant je me bats depuis huit ans contre un ennemi infiniment cruel,  et si  malicieux,  qu’il emporte dans la tombe chaque jour à travers le monde, des milliers de malades. Je n’étais absolument pas ferré mentalement pour endurer une telle épreuve, les dégâts que le cancer avait provoqués dans mes entrailles avaient nécessité trois lourdes opérations. Bien peu de gens, y compris moi-même, pariaient sur mes chances de survie, et pourtant je suis encore là. Certes les progrès de la médecine ne sont pas étrangers à cet état de fait, mais pourquoi ne pas envisager aussi l’éventualité d’un ange gardien, une force spirituelle qui veillerait sur moi. C’est peut-être là qu’il faut chercher matière à réflexion, et ce n’est pas un hasard si parfois mes supplications s’adressent à mes chers parents disparus. Le temps sera sûrement très long avant que je n’atteigne le chemin que ma grand-tante n’a jamais pu trouver, mais qui sait, peut-être qu’un jour !

Qui sait peut-être qu'un jour! dans Cancer du rein La-foi



WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie