Mauvaises nouvelles des Berruyers

Notre première halte dans les environs du Mans me ramena définitivement en France. Les affres d’avant départ étaient totalement oubliées. L’entrain et la bonne humeur de mon entourage y contribuaient largement. Je m’autorisai même à boire un second café et à manger un pain au chocolat tout en priant mon ventre d’être conciliant. Gaby m’avait dit de me sentir à l’aise, car le trajet serait rythmé en fonction de mes nécessités, mais je rejetais l’idée  d’être une charge. Ne pas m’écouter, tout en restant vigilant, tel était le sport qu’il me faudrait pratiquer tout au long de ce séjour, pour que ma présence ne soit pas trop une gêne pour le reste de l’équipe.

L’aire de repos offrait tout le confort sanitaire dont j’aurais pu avoir l’usage, pourtant mes intestins semblaient vouloir m’écouter et me faire l’immense faveur de me laisser en paix. En outre malgré une nuit de sommeil écourtée je me sentais plutôt d’attaque à poursuivre le périple sans trop de fatigue.

Et puis finalement je n’étais pas plus à plaindre que les autres, Odile commençait à se frotter un genou perclus d’arthrose, Nadine grimaçait à cause d’un mal de dos naissant, et Patrice s’était engouffré dans la voiture à cause d’un petit vent frisquet qui lui donnait des frissons. La cinquantaine bien passée nous étions sans contestation possible  la future génération des tamalous. Bon esprit, bonne équipe, il était impératif de rire de nos petits malheurs.

Le temps de repos s’achevait, il fallait songer à reprendre la route. Nelly avait laissé le volant à son mari, Étienne restait au pilotage de son véhicule, et nous repartîmes pour l’ultime étape de notre voyage.

Les discussions allaient bon train dans la voiture, la petite collation que nous venions de prendre, avait réchauffé les corps, et comme de la craie sur un tableau, les engourdissements de la nuit étaient à présent totalement effacés.

Le GPS était resté silencieux une bonne partie du trajet, mais il nous invitait maintenant à prendre la sortie direction Ablis  Rambouillet. Après quelques kilomètres de nationale, nous approchâmes de Trappes. Il était temps de s’inquiéter de la position du 3ème véhicule qui était parti de Bourges et qui devait nous rejoindre incessamment sous peu sur une même fin de trajet.

Jeannot était aux commandes de sa voiture, ce fut donc Florence qui nous répondit. En fait ils étaient légèrement en avance sur nous. Nous pensions pouvoir nous regrouper, mais l’opération semblait difficile à réaliser, car la circulation était dense, et aussi parce que nous ne connaissons pas suffisamment la région pour fixer un rendez-vous précis. Au bout de plusieurs tentatives nous abandonnâmes l’idée. 

Le soleil qui brillait de mille feux, commençait à peser lourd sur les organismes et le pire que nous avions à craindre, arriva. Coincés sur une portion d’autoroute, dans un bouchon qui semblait loin de vouloir se résorber, l’heure d’arrivée indiquée sur l’écran du GPS, semblait largement compromise. 

Ce petit incident de parcours ne ternissait pas l’ambiance, Elisabeth nous attendait certes, mais prévenue de notre retard, elle n’avait plus matière à s’inquiéter. C’était Nadine qui nous préoccupait davantage, car elle nous avait téléphoné qu’elle devait s’arrêter impérativement pour soulager une envie. Je redoutais fortement qu’il m’arrive la même chose, car les conséquences pour moi auraient été autrement plus dramatiques. Il fallait chasser cette pensée de ma tête,  et songer davantage aux petits malheurs des autres. Malgré sa bonne volonté Gaby ne trouvait pas un endroit pour s’arrêter, et prendre le risque de le faire, aurait été beaucoup trop dangereux. Il ne restait plus qu’à prier que Nadine tienne le coup jusqu’à notre arrivée.

Avec un peu de patience, nous avions fini par nous extirper des perturbations du trafic routier, avant de rouler à une allure un peu plus normale. Pour l’heure nous traversions une  ville dont je n’avais pas lu le nom sur le panneau d’entrée. Notre itinéraire nous conduisait dans son centre absolument magnifique au point de vue architectural. Il me semblait que nous contournions l’enceinte d’un château, et en me retournant j’en aperçus à travers la vitre arrière de la voiture, l’entrée principale. Ce fut à cet instant que je découvris avec surprise que nous étions à Saint Germain en Laye.

Je connaissais l’agglomération pour son histoire, je n’avais jamais eu l’occasion d’y venir. Je fis la remarque que ce château avait été le lieu de naissance et la résidence de Louis IV avant sont installation définitive à Versailles. Gaby me répondit qu’il l’ignorait sans plus de commentaires.

Il y avait longtemps que nous n’avions pas eu de nouvelles des Berruyers, mais les informations n’étaient pas bonnes.

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