Mes traîtres d’intestins

Mes traîtres d'intestins dans Cancer du rein Esplanade-dEnghien-300x225

Nous avions donc accès que très partiellement au lac, mais à défaut de pouvoir nous approcher de sa rive,  nous pouvions admirer les luxueuses demeures bourgeoises  qui en colonisaient les abords. Au fil de notre balade je songeais à ce nom d’Enghien-les-Bains  qui faisait penser plutôt  à une station de bord de mer, alors que nous étions au cœur d’une ville thermale située non loin de notre capitale.

A force de persévérance nous parvînmes à nous approcher de l’eau grâce à un accès qui donnait sur un petit parc public, aménagé en pelouses et en arbustes d’ornement. En ce lieu il était possible de s’asseoir sur des bancs et d’apercevoir au loin des pédalos, embarcations qui juraient fortement avec le style, belle époque, du décor environnant. Malheureusement il nous fallait revenir sur nos pas car le sentier qui longeait la berge du lac, était sans issue.

Après cette petite pause que nous venions de nous accorder, nous traversâmes un quartier ancien, c’était du moins mon opinion, compte tenu du style de l’habitat que je pouvais y observer. La rue aboutissait sur l’esplanade en nous offrant de nouveau le lac en panorama. Cette esplanade était flanquée d’une balustrade en fer forgé, et ombragé par des platanes. A intervalles réguliers des lampadaires tricéphales témoignait d’une époque aujourd’hui révolue. Le casino qui se trouvait à présent dans notre ligne de mire bouclait la boucle, il ne nous restait plus qu’à rejoindre les véhicules car la position du soleil dans le ciel, nous annonçait que la journée était déjà bien avancée.  

Gaby fut  le premier à se garer sur la place de l’église de Vauréal, et Etienne nous rejoignit  peu après. Il suffisait simplement de traverser la route pour rejoindre notre lieu d’accueil.

Jeannot et Florence dont la voiture était restée à l’hôtel, accompagnaient Elisabeth. Le trio ne semblait pas être encore arrivé.

Cet intermède avant l’heure du dîner, nous donna le temps de boire quelques boissons achetées au petit commerçant du coin. Assis sur le rebord du trottoir,  à l’arrière du véhicule, je savourais ce petit moment de fraîcheur, le premier que nous étions en mesure de ressentir depuis le début de la matinée. Je n’étais pas peu fier de moi d’avoir pu passer cette journée sans encombre. Certes pour en arriver là, il avait fallu faire preuve d’une certaine discipline, mais je n’avais pas été non plus totalement rigoureux dan ma conduite à tenir, en m’accordant quand même quelques moments de menus plaisirs. 

Il n’était pas étonnant que la voiture d’Elisabeth ne soit pas en vue, car un appel sur le portable nous donna l’information que nos compères étaient déjà rendus à l’appartement.

Affalé dans un fauteuil du salon, les joues rougies par la chaleur, la casquette sur les genoux, les cheveux en bataille et trempés de sueur, Jeannot accusait le coup du voyage.

Elisabeth était déjà dans son coin cuisine devant ses fourneaux, tandis que Florence finissait de préparer à l’extérieur la table pour l’apéritif.

Nous étions très à l’étroit sur le balcon qui n’était pas conçu pour accueillir tant de monde, mais à la guerre comme à la guerre, l’essentiel étant de pouvoir profiter un peu de l’air ambiant de cette fin d’après midi.

Le repas se déroula comme à l’accoutumé dans une ambiance conviviale, mais les corps étaient fatigués, et il ne fallait pas abuser de nos forces.

Il était pourtant au-delà de minuit lorsque nous refermâmes la porte de notre chambre. Je n’avais pas le courage de prendre une douche, je me rafraîchis simplement le visage. J’avais l’habitude à cause d’une respiration difficile de me coucher à demi assis. Là il fallait se contenter de l’épaisseur de deux petits oreillers pour me rehausser la tête. 

Il faisait beaucoup trop chaud pour Chantal, mais pas pour moi car depuis que la maladie était devenue ma compagne la plus fidèle, j’avais appris à craindre beaucoup plus le froid que la chaleur.

Comme tous les membres de l’équipe, j’étais exténué mais malgré le manque de sommeil, l’endormissement ne vint pas aussi vite que j’aurais pu le penser.

Parmi les nombreux agréments liés au traitement du cancer, il y en avait un qui me rendait mes nuits pénibles, c’était la sécheresse excessive de mes fausses nasales. A coup sûr en période de crise j’étais réveillé plusieurs fois dans la nuit par mes difficultés à respirer.

Le taux insuffisant d’humidité dans l’air n’arrangeait rien à l’affaire, et comme c’était plutôt le cas en ce week-end de la pentecôte, je me réveillai le nez obstrué par des croûtes excessivement dures, qui écorchaient ma muqueuse à chaque fois que je voulais les extraire en me mouchant. L’opération était très douloureuse mais il me fallait passer par là pour recouvrer ensuite le sommeil. C’était un rituel auquel il avait fallu très vite m’habituer, il faisait partie des nombreuses contraintes que j’avais le devoir d’accepter pour ne pas altérer mon mental, fer de lance du combat que je menais contre la maladie.

Mon corps qui réclamait impérieusement du repos fut le plus fort, et je finis par me rendormir sans aucune appréhension particulière, pourtant c’était sans compter sur mes traitres d’intestins.

Gandhi-%C3%A0-Vaur%C3%A9al dans Cancer du rein

 

 

 

 



Laisser un commentaire

WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie