Une petite meute de chiens savants

Une petite meute de chiens savants dans Cancer du rein Bus-de-la-RATP

J’ignorais si j’avais pu me rendormir longtemps, mais ce nouveau réveil était plus que brutal. Comme des coups de poignard, à intervalles réguliers, des coliques s’étaient mises à me transpercer le ventre. J’étais habitué à ces violents spasmes intestinaux et malheureusement je ne savais que trop bien ce qui m’attendrait à l’arrivée. Je n’étais néanmoins pas inquiet de ce nouvel accès de folie de mes entrailles, mais après deux précédentes nuits écourtées et un manque de sommeil évident, ce qui me préoccupait davantage c’était que cette nouvelle nuit allait être également largement hypothéquée. 

Difficile d’être discret dans l’urgence de la crise aussi malgré mes précautions, je n’avais pas pu éviter de réveiller Chantal. Dans un couple la maladie de l’un est inévitablement l’affaire de l’autre, difficile de savoir lequel des deux en souffre le plus. 

Comme toutes les tempêtes, celle-ci avait fini par se calmer, et je crois même que j’avais pu perdre de nouveau connaissance. Mes intestins avaient eu l’élégance de me laisser en paix dans la journée, mais ils venaient amplement de se rattraper.

Ce fut la sonnerie du téléphone portable, qui me ramena à la réalité. Chantal s’était dirigée vers la salle de bain, il fallait que je me lève à mon tour. Renforcer mes défenses contre l’ennemi était nécessaire, et j’avais ma panoplie de médicaments avec moi  pour mener à bien ma mission. J’avalai donc  un Doliprane, à cause d’un mal de tête provenant de mes voix respiratoires supérieures totalement asséchées, trois gélules d’Imodium dans l’espoir d’endormir mes intestins pour la journée, et enfin mes différents traitements habituels.   

A neuf heures comme prévu nous fûmes présents dans le hall de l’hôtel. La fatigue je la ressentais dans les jambes, et dans le bas du dos. Resté debout et immobile me donnait l’impression que j’allais m’écrouler comme un château de cartes. Mes yeux qui produisaient en excès du liquide lacrymal étaient un peu gonflés, et il fallait faire l’effort de les garder ouverts. Je savais d’or et déjà que ce dimanche serait une journée marathon.

Le petit déjeuner devait d’être copieux pour éviter de perdre du temps à midi. Nous avions été chargés de prendre le pain et les croissants. Comme à toutes mes crises de l’envergure de celle de la nuit, je manquais immanquablement d’appétit. Avec des intestins aussi susceptibles et ne voulant donc pas verser dans la provocation, j’évitai de boire du café, et je me contentai d’un simple verre d’eau. Je me forçai néanmoins à manger un morceau de pain avec du beurre et un pain au chocolat, mais mon repas s’arrêtera là.

Notre journée était consacrée à la capitale, et débutions notre périple par une visite dans le quartier de la défense. Pour se faire nous avions décidé de prendre le RER au départ de Cergy. Manque de bol, la RATP avait informé son aimable clientèle que le réseau serait fermé pour cause de maintenance jusqu’à la gare de Sartrouville, et pour toute la durée du week-end. Personne n’était désolé de ce contretemps, prendre le bus semblait être une expérience enrichissante

Gaby l’organisateur et la tête pensante du voyage, et Élisabeth l’organisatrice du séjour s’affairaient devant une borne automatique pour prendre nos billets.

J’étais terriblement impressionné par le nombre d’étrangers ou de français d’origine étrangère, qui vivaient sur Cergy, ils étaient mêmes dans le quartier de la gare en très large majorité à déambuler autour de nous.

Le conducteur du bus nous informa que le voyage jusqu’à Sartrouville était gratuit, nous pensions tous qu’il aurait été judicieux de nous en informer avant que nous prenions nos billets. Au départ le voyage est plutôt sympa, nous fûmes pas mal cahotés, mais tout le monde était assis dans des sièges pour le moins inconfortables.

Au fur et à mesure du trajet les gens s’agglutinaient dans le véhicule et toutes les places assises furent occupés. Puis de gens debout en gens debout nous fûmes noyés dans une marée humaine. En peu de temps nous eûmes un large échantillon de ce que pouvais être la vie des parisiens au quotidien.

 Une femme d’origine maghrébine couverte de la tête au pied se sentait mal à cause de la chaleur. Elle demanda à un jeune homme français d’origine, de lui céder sa place. Il l’envoya balader sans ménagement. J’avais honte pour lui. Nadine finalement céda sa place à côté de moi et alla s’asseoir sur les genoux d’Étienne. La pauvre femme semblait morfler, j’avais envie de lui dire de se débarrasser de son surplus de vêtements, mais je m’abstins, d’autant plus qu’elle refusa également la bouteille d’eau que lui tendait l’une de ses congénères. Chacun pour soi et Dieu pour tous, semblait être le devise des franciliens.

Brassé, balloté dans tous les sens, j’avais du mal à ne pas me sentir moi aussi fortement mal à l’aise, pourtant ma patience finit par payer car nous arrivâmes enfin en gare de Sartrouville, avec comme le jour précédent ,  beaucoup de retard sur le programme.    

Élisabeth connaissait bien le RER en général, et la ligne que l’on devait emprunter en particulier, aussi nous attendîmes sereinement sur le quai, l’arrivée de la rame. Quelques minutes plus tard nous rentrâmes en petit groupe serré dans un wagon comme une petite meute de chiens savants auxquels on aurait donné l’ordre de le faire, et en moins de temps pour le dire nous arrivâmes à la première étape de notre périple parisien. Juste au dessus de nos têtes, en y accédant par des escalators, le quartier moderne des affaires attendait notre arrivée.

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