La mine dépitée

La mine dépitée dans Cancer du rein brochette-de-boeuf-frites

Chantal me surveillait de près, et je savais pourquoi. Nous avions déjà connu à l’époque où j’avais contracté une septicémie, ces soubresauts excessifs de mon corps, qui  naissaient dans toutes les parties de mes muscles, et montaient en intensité jusqu’à ce que je ne puisse plus les contrôler. Nous essayions de faire bonne figure devant les amis, mais la sérénité n’était surtout pas au rendez-vous.

Ma veste étant beaucoup plus utile à Cholet que sur mes épaules, je n’avais rien d’autre pour me couvrir que son petit gilet dont elle n’avait pas besoin dans l’immédiat.

L’incident finit par ne pas passer inaperçu, il fallut donc donner des explications aux membres du groupe. Ce fut Etienne qui me sauva la mise en me prêtant sa polaire qui était pour l’heure la bienvenue. Très vite nous fûmes rassurés car les spasmes cessèrent en même temps que mon corps se réchauffait lentement mais sûrement. Sans aucun doute j’avais subi un choc thermique et la réaction de mon trop fragile organisme avait été virulente.

Nous étions une nouvelles fois apaisés, car il ne s’agissait que d’une fausse alerte. Il fallait que l’on se dise que la septicémie n’était pas censé réapparaitre à chaque fois que des frissons me traversaient le corps, mais bon le traumatisme subit en 2010 était bien  ancré dans nos têtes, et il n’était certainement pas sur le point de disparaître.  

A la descente du bus nous avions repéré une boulangerie. Une délégation était partie se renseigner pour savoir si le magasin serait ouvert pour nous approvisionner en pains et en croissants, le lendemain matin, et la réponse avait été positive, nous pouvions donc quitter les lieux, l’esprit tranquille.

Il ne nous restait plus qu’à trouver un restaurant, car le repas de ce matin était bien loin, pour des estomacs qui venaient d’être soumis à quelques privations. Le choix se porta sur le ‘Buffalo Grill’ de Cergy, celui-là même qui nous avait accueilli en novembre 2006, lors de notre précédente visite dans la région.

A notre départ de Vauréal, Élisabeth nous avait conseillé de prendre le moins de voitures possibles pour nous rendre à la gare de Cergy, car elle craignait des difficultés pour nous garer. Afin de suivre ses conseils nous avions donc enfreint la loi et étions arrivés sans encombre à Cergy. Il fallait maintenant faire le chemin en sens inverse et ce n’était pas avec moins de risques que le matin. Six dans une voiture et cinq dans l’autre nous étions un peu chargés, nous espérions ne pas rencontrer la police mais le destin en voulut autrement. Nous marquions un temps d’arrêt à un feu et la voiture d’en face qui en faisait autant, n’était autre qu’un véhicule de police. Heureusement couchée sur nous à l’arrière du véhicule, et couverte de ma polaire, Élisabeth n’avait pas été repérée et  nous passâmes ainsi que l’autre véhicule comme deux lettres à la poste.

Nous éprouvions quelques difficultés à trouver notre point de chute, le GPS n’était pas activé et Gaby sans doute fatigué ne réagissait pas au quart de tour aux explications fournies par Élisabeth. Finalement à force de persévérance nous arrivâmes à nos fins, et le maître des lieux  nous installa à une table qui venait d’être libérée.

La climatisation nous soufflait un vent frais sur la tête, Odile demanda à ce qu’elle soit coupée, mais peu de temps  après la majorité des clients ayant trop chaud, de l’air frisquet recommença à me provoquer de très désagréables frissons.

Il était trop tard pour moi, il n’y avait vraiment plus rien à espérer, j’étais au bout du rouleau. Je n’avais pas trop de la polaire, ni du petit gilet à Chantal que j’utilisais en écharpe, pour me sentir relativement mieux.

Chacun avait la plaquette des menus entre les mains, j’étais le seul à ne guère me réjouir de passer à table. Voyant ma mine dépitée, Chantal redoubla d’arguments pour me convaincre de manger quelque chose. Mon choix se fixa sans grand enthousiasme sur une brochette de bœuf avec des frites et sur un dessert aux fraises pour terminer.

L’expérience débutait plutôt mal, j’étais incapable d’avaler la petite salade d’entrée offerte en cadeau de bienvenue par la direction.

fromage-blanc-fraises dans Cancer du rein

 



Laisser un commentaire

WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie