Mes pilules de bonheurs

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Par contre je n’avais pratiquement pas pris d’eau depuis le petit déjeuner du matin. La journée était terminée, nous étions dans un endroit où les toilettes ne faisaient pas défaut, je me sentais donc psychologiquement plus à l’aise pour boire sans modération, afin de me réhydrater convenablement. C’était toujours quand il était trop tard, que je me disais qu’il aurait fallu agir autrement, mais lorsque je voulais très rigoureusement faire attention, je ne connaissais pas précisément la limite à ne pas franchir, entre vigilance et privation. Mon entêtement à ne pas vouloir provoquer mes intestins n’était-il pas responsable de ma situation délicate du moment, je n’étais pas en mesure d’étayer la moindre des certitudes.

Sans doute que l’exercice physique, la chaleur, la chimiothérapie, ma faible résistance, mon petit déjeuner trop léger,  s’ajoutaient au reste, en formant un cocktail détonant, qui expliquerait mon état général, mais tout ceci n’était encore une fois qu’une hypothèse parmi tant d’autres.

De part mes différents témoignages oraux et écrits, mes amis étaient informés des épreuves que je pouvais quelquefois endurées. Cette fois ils pouvaient se faire une idée beaucoup plus précise du problème.

J’avais fait de mes pieds et de mes mains pour ne pas être un boulet, mais cette fois il m’était impossible de cacher mon état. Étienne qui m’avait fait remarquer la pâleur de mon visage, fit craquer Chantal qui laissa échapper quelques larmes, l’incident provoqua un peu d’embarras autour de la table. Je n’avais rien remarqué de la scène, car je gardais les yeux fermés pour tenter de me ressaisir. J’appris bien plus tard ce qui c’était passé.

Ma brochette était désormais devant moi, l’odeur qui se dégageait de ce met suffisait à me rassasier. J’essayai cependant d’avaler une ou deux frites, mais j’étais incapable d’en apprécier le goût. J’étais maintenant tout à fait convaincu que j’avais commandé un repas pour rien. Heureusement il y avait autour de moi des gens à l’appétit suffisamment aiguisé pour vider mon assiette, m’évitant ainsi de gaspiller de la nourriture.

Je gardais donc le plus souvent possible les paupières closes, mais j’avais à présent l’impression d’être sur une balançoire tellement ma tête vacillait. Si j’avais eu un médecin à portée de main, il m’aurait sûrement éclairé sur les carences de tous genres qui mettaient mon organisme dans un tel état, mais pour l’heure, il fallait gérer en espérant que le repas ne s’éternise pas au-delà de ce que j’étais capable de supporter.

Chantal qui continuait de se comporter comme mon ange protecteur, aurait bien aimé me voir manger un peu sucré, et sans doute qu’elle avait raison. Tous les deux nous espérions que le dessert passerait davantage, malheureusement les fraises ne s’avalèrent pas mieux que le reste. Il fallait se résigner, demain serait sans doute un jour meilleur.

Je n’avais pas l’impression d’avoir entaillé le groupe de sa bonne humeur. Je ne participais pas à la conversation mais l’atmosphère restait fortement conviviale, cela me rassurait bigrement. Tout le monde avait également l’élégance de ne pas s’apitoyer sur mon sort, et de faire comme si la soirée se déroulait tout à fait normalement pour moi, ce qui me permettait de me sentir moins gêné de leur imposer un tel spectacle.

Malgré mes efforts le temps commençait à me peser terriblement, je redoublais de prières pour que le repas ne dure pas davantage. Le ciel m’avait sans doute entendu car personne n’éprouva le besoin de boire un café. Aussitôt l’addition réglée, nous quittâmes les lieux. Avant de monter dans le véhicule, je reçus une petite tape amicale sur l’épaule pour me réconforter, et cela me fit chaud au cœur. L’auteur de cette marque de compassion se reconnaîtra à la lecture de ces mots. Très vite nous regagnâmes l’hôtel après avoir déposé Élisabeth à son domicile. 

Nelly qui avait appris dans la conversation que l’un des inconforts de mon lit, était le manque de possibilité de surélevé ma tête, me proposa un oreiller supplémentaire. J’avais souffert la nuit précédente de  ma position trop allongée, cette fois j’étais en mesure de retrouver mes petites habitudes.

Je désirais fortement me passer un jet d’eau froide sur mes pieds brûlants et mes jambes lourdes, mais je n’eus la force que de me rafraîchir le visage et de me mettre en pyjama avant de m’écraser littéralement sur le lit.

Mon corps tout entier exprimait de la souffrance, des douleurs dans les jambes et dans le dos me titillaient comme une rage de dent. Heureusement j’avais pris l’initiative d’avaler un Doliprane avant de me coucher, et je savais par expérience que tout ceci passerait avec l’arrivée du sommeil.

Dans ma précipitation j’avais oublié de prendre mes médicaments du soir, je n’avais aucunement envie de me relever. Chantal attendit que je pénètre dans les draps avant de me tendre un verre d’eau avec mes pilules de bonheurs.

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