Le vilain petit bonhomme

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Comme la nuit précédente, je ne plongeai pas immédiatement dans les bras de Morphée. Le matelas reposait tout entier mon corps fatigué, soutenait convenablement mon dos, et relâchait un à un mes muscles beaucoup trop contractés par l’effort. J’appréciais de sentir peu à peu s’effacer les stigmates de la journée, et je souriais intérieurement à l’idée d’avoir remporté cette belle victoire contre moi-même. Hormis mes petits ennuis, le bref moment que nous venions de passer dans la capitale avait été pour moi un enchantement.
Dans le silence de la nuit, je faisais le bilan de ce que nous avions pu vivre en famille, depuis le début de ma maladie. A l’idée de me retrouver presque huit ans plus tard ici avec femme et amis, je mesurais le chemin parcouru, et je n’étais pas peu fier de ma performance.
Il y avait des périodes comme ça, où j’avais besoin de me flatter moi-même pour me gonfler d’optimisme, et de faire le plein de courage pour poursuivre ensuite ma route.
Je n’avais aucune idée de l’heure qu’il était lorsque mes yeux s’ouvrirent. Manifestement j’avais dormi un bon moment, mais derrière les rideaux de la chambre rien ne m’indiquait que nous approchions du matin, car j’apercevais la lueur de la lune.
J’ignorais également si c’était l’extrême chaleur de mon corps qui m’avait réveillé, mais j’avais néanmoins la conviction d’avoir de la fièvre. Je n’étais pas inquiet car je n’étais pas parcouru de frissons, je mettais sur le compte de la fatigue, cette brutale élévation de ma température
J’avais deux points positifs, pour satisfaire mon bien-être, mes trois oreillers me rehaussaient suffisamment la tête, et mes intestins prolongeaient la trêve qu’ils m’avaient accordée. Fort de cette constatation, je dus me rendormir rapidement.
La fenêtre restait mon seul panneau indicateur du temps, et j’avais l’impression que nous n’allions pas tarder à nous lever, car la lumière du jour commençait à pointer à travers les rideaux qui étaient pourtant censées nous donner de l’obscurité. Chantal commençait à bouger davantage, elle attendait sans doute que la sonnerie de son téléphone portable retentisse pour se mettre debout.
Dans le couloir et les chambres environnantes, les gens commençaient à s’agiter, j’entendais de ci de là des bruits bien familiers. Pourtant je dus perdre légèrement connaissance, car ce fut les clapotis du jet de la douche qui me ramenèrent en ce monde.
Chantal venait d’enfoncer le clou en me confirmant qu’elle avait posé sa main sur mon front dans la nuit et qu’il était brûlant. J’appréhendais fortement de me lever, mais cette fois c’était pire, car je ne me sentais pas psychologiquement d’attaque à affronter une journée aussi difficile que celle de la veille.
Je ne pouvais pas rester définitivement vissé sur place, il fallait agir, et rapidement. Un petit mouvement de balancier de mon corps, et en moins de temps qu’il faut pour le dire, je me retrouvai les pieds à terre, avant de sentir à mon tour les bienfaits d’une douche plus qu’appréciée.
Finalement ma peur n’était pas fondée, certes je n’étais pas en pleine forme, mais à force d’habitude, je me connaissais parfaitement, et donc je considérais à coup sûr pouvoir profiter convenablement des derniers moments de notre séjour parisien.
Il fallait à présent entretenir mes effets secondaires, mais également faire en sorte de prolonger ma vie, l’un n’allant pas sans l’autre. Trois gélules de Sutent, deux comprimés de Lévothyrox, et mon traitement anti-hypertension avalés avec la complicité d’un verre d’eau, j’étais fin prêt pour rejoindre le hall d’accueil.
Nous fûmes les bons derniers à nous présenter devant le comptoir du réceptionniste pour payer nos deux nuits.
Le groupe semblait bien reposé au regard des visages détendus. Mais la constatation devait être encore plus flagrante sur moi, car tous les amis étaient d’accord pour me dire qu’ils me trouvaient une bien meilleure mine que dimanche. Je pus leur rétorquer sans aucune hésitation, qu’il avait raison de me faire cette remarque. Je ne sais quel lutin malintentionné m’avait joué ce mauvais tour la veille, mais ses assauts répétés ne m’avaient pas jeté à terre, et le vilain petit bonhomme avait fini par se lasser.

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