50.000 mercis

Bienvenue à toutes les personnes connues et inconnues qui prennent le temps de me lire.

 

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Chers tous

En ce début de matinée du jeudi 30 août 2012, ‘’mon cancer du rein’’ vient de passer le cap des 50.000 visites.

Lorsque le cancer vient s’inviter au menu de votre vie, il faut avoir un estomac solide pour digérer la nouvelle. Il faut pleurer pour évacuer le trop plein d’émotions, mais pleurer n’est qu’une solution à court terme. Il faut ensuite réagir et se battre.

Affronter la maladie c’est ne pas vouloir rentrer dans son jeu, ne pas se laisser convaincre par cette cruelle maîtresse. Ce n’est pas elle la plus forte. S’évader de la geôle où elle vous retient prisonnier est la meilleure façon de lui prouver que vous aussi vous êtes rusé.

J’ai trouvé à travers l’écriture, le moyen de scier les barreaux de ma cellule, ainsi que de me procurer la corde me permettant de descendre plusieurs dizaines de mètres plus bas pour que mon esprit retrouve le chemin de la liberté.

Merci à vous de me soutenir dans mon combat, sans vous, et sans l’intérêt que vous portez à mon témoignage, je ne trouverais pas la motivation nécessaire pour mener à bien ma thérapie.

Je vais vous abandonner une petite semaine, pour changer d’environnement, l’histoire de me retrouver en famille au bord de la grande bleue.

Si vous avez des remarques, des suggestions, des questions, si vous avez l’envie de nous offrir votre propre témoignage, merci de vous exprimer sur mon adresse mail :     jojofrancois@orange.fr

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Légère mauvaise humeur

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Il faut que je me concerte avec mes collègues,  pour savoir entre les rayons et l’opération quelle meilleure solution est à envisager. »

Cette phrase avait sonné dans ma tête, comme un coup de massue. J’apprenais brusquement que mon dossier n’avait pas avancé d’un iota, alors que dans ma tête j’étais persuadé que le médecin planchait sur la question depuis fort longtemps.

Lorsqu’un danger immédiat plane sur nos têtes, la tendance est plutôt au chacun pour soi l’important étant de sauver sa peau. J’avais donc pensé uniquement à moi et pas aux nombreux malades qui remplissaient le carnet de rendez-vous du docteur R. Voilà qui me ramenait à la réalité des choses, je n’avais aucune raison de bénéficier d’un privilège quelconque, ni de vouloir être plus pressé qu’eux.   

L’oncologue ne s’étant pas focalisé sur mon cas, il allait falloir patienter encore quelques semaines avant de connaître l’opinion du staff médical sur les décisions à prendre me concernant. Je repartais donc comme si je n’étais pas venu, du moins au sujet des solutions supplémentaires à apporter dans la recherche d’une amélioration  de mon état de santé, car pour le reste, j’avais en poche l’ordonnance pour débuter le lundi suivant mon 18ème cycle de chimio, et par la même occasion pour entamer ma 3ème année de ce traitement au Sutent.

« Si je vous fixe le rendez-vous à 8 heures, le vendredi 27 juillet, est-ce trop tôt ? »

« Non au contraire, j’aime bien venir en visite le matin. »

Tandis qu’elle me remettait la feuille de convocation, N nous fit remarquer d’un large sourire que notre prochaine rencontre concorderait avec le jour de sa fête.

Il y avait quelque chose qui clochait, je m’en rendis rapidement compte. Avec une heure de rendez-vous aussi matinale, il était techniquement impossible de passer mon scanner avant, de plus dans la conversation que nous venions d’avoir, il n’avait pas été question de fixer cet examen.

 « Le docteur R a décidé de diminuer la fréquence de mes des scanners ? »

« Non pourquoi ? »

« Normalement le 27 juillet je devrais en passer un, et vous n’en faites pas mention. »

N eut un petit sursaut d’étonnement, ma phrase venait de la déstabiliser un peu.

« Ho là là, je crois que nous avons fait un oubli, qu’il va falloir réparer. »

« Peut-être que je peux m’en passer pour une fois ? »

« Il en est hors de question. »

« J’aimerais bien pouvoir effectuer l’examen au CAC de l’espoir ! »

Je vais essayer mais c’est fortement compromis, car nous nous y prenons bien tard. »

La secrétaire avait pris son téléphone et après plusieurs appels infructueux, m’avait invité à lui rendre la feuille de convocation qu’elle m’avait donné, avant de la déchirer.

« Je pense que vous allez pouvoir partir, je m’occuperai plus tard de votre cas, et je vous enverrai vos convocations par courrier. Garder quand même cette date de rendez-vous sur votre calepin, ce sera simplement les heures qui changeront. »

Les choses ne vont pas toujours comme nous le souhaiterions. Il ne fallait pas se comporter en enfant gâté, mais j’étais néanmoins contrarié à l’idée de devoir une fois de plus fréquenter deux établissements hospitaliers lors de mon prochain contrôle, et vu la tournure des évènements, j’avais toutes les chances de ne pas y échapper.

Ma légère mauvaise humeur du moment se dissipa dès que nous franchîmes le portail de sortie de l’établissement, car mon esprit s’affranchissait aisément des pensées négatives, pour ne se concentrer que sur ce qui faisait l’essentiel de ma vie, ma famille, mes amis, mes loisirs, bref pour me tenir donc à l’écart de ce qui pourrait m’emprisonner et m’enchaîner dans le malheur.

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Les cancéreux ont aussi de l’humour

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Alors ?

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« Alors ? »

Le docteur R me regardait droit dans les yeux, un sourire au coin des lèvres.

La réponse à ce alors, n’était pas des plus originales. Je relatais point par point mes mésaventures parisiennes, et le récit avait un goût de réchauffé. Hormis la prescription de médicaments pour tenter de contrer tant bien que mal les effets néfastes de la molécule, le médecin ne  pouvait pas faire grand-chose pour soulager mon organisme.

Si le Sutent était à l’origine de tous mes maux, il était aussi capable de me maintenir en vie. Il est vrai qu’au bout de deux ans de gélules anticancéreuses, mon corps avait encaissé, avec plus ou moins de réussites, les tortures que je lui infligeais, mais était-il raisonnable de continuer ainsi indéfiniment à malmener ce corps, sans craindre de lourdes représailles.  

J’en avais bien conscience, pourtant je n’étais pas près psychologiquement de consentir à une modification de la posologie de mon traitement, voir même de consentir à un changement radical de protocole. J’avais toujours en moi la crainte de voir cette évolution de soin m’apporter davantage de déboires que de satisfactions. Comme toujours j’essayais donc de minimiser mes problèmes, d’arborer un visage aussi détendu et souriant que possible pour conforter l’oncologue dans son idée de poursuivre la chimiothérapie en l’état.

Ce n’était vraiment pas simple d’être malade, beaucoup de choses se bousculaient dans ma tête, que je n’arrivais pas à mettre en ordre de priorité, du coup j’étais plein d’idées contradictoires qui me mettaient soit dans un état d’esprit fonceur, soit dans une phase d’attentisme confortable non créateur de solutions à long terme.

Mon interlocuteur m’avait écouté sans broncher, et il n’avait pas fait de commentaire à la fin de mon récit. Sans la venue d’évènements gravissimes dans le déroulement de ma période de soins, il ne devait sans doute trouver aucune raison d’interrompre ou de modifier ma thérapie, aussi et comme je l’avais espéré (j’étais dans ma phase d’attentisme confortable),  je ne doutais pas d’obtenir l’ordonnance de mon 18ème cycle.

Il fallait que je lui parle de mon bras gauche, qui m’avait quand même pas mal enquiquiné, depuis quelques temps. Certes l’œdème important que j’avais dû subir tant bien que mal, durant la période qui avait suivi mon hospitalisation d’août 2010, était beaucoup moins problématique, mais des manifestations de faiblesse, d’endolorissement, et parfois même de douleurs subsistaient, jusqu’à mettre mes nerfs à dure épreuve.

L’oncologue doutait fortement que ma tumeur soit à l’origine de cette pathologie. Je lui avais parlé de mon opération du poumon et de l’ouverture que le chirurgien avait procédé au dessous de mon omoplate gauche, en évoquant un possible traumatisme musculaire ou nerveux à ce niveau là qui irradierait tout le bras.  Mon interlocuteur n’avait pas eu l’air davantage convaincu.  

« Si je vous prescrivais une quinzaine de séances de kiné ? »

Je n’étais pas contre. Dans le domaine de la cancérologie et de ses conséquences, il faut tout essayer, car malheureusement les médecins ne sont pas Dieu tout puissant, et c’était bien ce que j’avais compris depuis très longtemps. 

« J’ai lu le résultat de votre IRM, en effet il reste visible une petite tuméfaction de 1,4 cm, qui a sans doute diminué comme nous l’avions présumé lors de la dernière fois palpation de votre épaule, malheureusement comme je n’ai pas d’examens de comparaison, il faut se contenter de faire confiance à notre jugement. »

« Les mesures n’avaient pas été prises lorsque vous aviez ordonné une biopsie ? »

« A quand remonte cet examen ? »

« Au moi de juin 2010. »

Le médecin tapota sur son clavier d’ordinateur pour rechercher les éventuelles informations qui nous manquaient.

« Non l’échographie avait permis de localiser la grosseur dans le but de prélever l’échantillon pour analyse, mais je n’ai pas d’éléments qui m’en indiqueraient la taille. »

J’étais très étonné de ça, mais il est vrai que je n’avais aucun souvenir faisant référence à une quelconque dimension de la tumeur, et Chantal qui tenait scrupuleusement mon carnet de bord, n’avait rien noté de tel non plus.

 

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Le livre de vie

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Justement ce départ vers l’agglomération nantaise visait non seulement à faire le bilan de mes quatre semaines d’un traitement qui s’était donc achevé le trois juin, mais également à discuter de la politique à suivre, conséquemment aux résultats de mon IRM datant du début du mois de mai, car comme je l’avais prédit le docteur R ne m’avait pas téléphoné depuis ce moment là, pour préciser sa position.

J’étais convoqué très tôt, ce qui avait l’avantage de ne pas nous bloquer pour la journée entière, mais l’inconvénient majeur de ce départ au chant du coq c’était que nous allions grossir le trafic routier avec le risque de nous retrouver bloqué à l’abord du périphérique nantais, par un flot ininterrompu d’automobilistes, gagnant pour la plupart,  leur lieu de travail.

L’apparition au lointain de l’émetteur de Haute-Goulaine m’indiquait que nous approchions du goulot d’étranglement tant redouté, et un panneau lumineux nous confirma un fort ralentissement. Finalement c’est bien quand on se prépare au pire, que le pire n’arrive pas. Manifestement les informations routières n’étaient pas fraîches, car nous franchîmes un obstacle fantôme,  pour notre plus grand plaisir.

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Le parc du CAC de l’espoir nous accueillait avec une forte odeur d’herbe coupée, à cette époque de l’année les pelouses qui auraient dû commencer à jaunir, arborait fièrement une belle couleur verte, signe évident de ce printemps pluvieux. Les places de parking encore très nombreuses, étaient un autre avantage de cette convocation matinale.

Contre toute attente, le fait de poser les pieds dans l’enceinte du bâtiment déclencha en moins un peu d’angoisse. Je ne passais pas de scanner, et les résultats de l’IRM semblaient être à la hauteur de mes espérances, pourtant le doute, et donc la peur d’entendre une autre vérité que celle profondément ancrée dans mon esprit, dominait mes pensées.

Je n’oubliais pas que c’était moi qui avais déclenché ces nouvelles hostilités contre la maladie, et maintenant que la machine était lancée j’angoissais d’avoir bousculé la petite tranquillité dans laquelle je m’étais installé au fil du temps.

Qu’allait-il me proposer pour éradiquer cette tumeur ? Toutes mes expériences médicales et chirurgicales, n’avaient pas été subies sans traumatisme, n’étais-je pas en train de me mettre de nouveau dans une situation déstabilisante, au risque de perdre tout contrôle de moi-même ? 

L’enregistrement de mon arrivée n’avait été qu’une formalité, mais il avait fallu rejoindre rapidement les toilettes pour contenter mes intestins, qui avaient vivement réagi à mon état d’esprit du moment. Pour l’heure N avait constaté  notre présence, il ne nous restait plus qu’à espérer rapidement notre tour.

La salle d’attente et le couloir étaient vides, nous pûmes nous asseoir directement près de la porte d’entrée du praticien. Mes yeux restaient rivés sur un poster accroché sur le mur qui me faisait face, représentant un petit coin très bucolique de la vallée du Lison, ce qui me permettait de concentrer mon esprit sur un autre sujet que celui qui me préoccupait, et qui faisait justement l’objet partiel de ma visite en ce lieu.

Le doute est une situation très inconfortable, car elle engendre des questions génératrices de stress, stress qui engendre lui-même un mal être très préjudiciable pour l’avenir du malade. Malheureusement même les patients les plus zens ne peuvent guère éviter de passer sans encombre, par cette épouvantable épreuve avant que le voile ne se déchire, sur une vérité quelquefois pleine de soulagement, quelquefois proche de l’anéantissement.

Ce genre de situation, je le vivais régulièrement sans réel perspective de voir un jour, le bout du tunnel, ce vendredi de juin, n’était qu’une fois de plus à rajouter sur la liste d’une grande série.

L’attente ennuyeuse, inquiétante, angoissante, destructrice, finit toujours malgré tout par s’achever.

« Monsieur Gautier ? »

Ce monsieur Gautier que j’avais déjà entendu prononcer maintes et maintes fois dans la bouche de mon oncologue, allait enfin me délivrer d’un fardeau.

A chaque fois je me disais que j’étais arrivé à un point de non retour, que désormais je ne serais plus capable de supporter cette terrible pression, et à chaque fois ‘’l’aventure’’ continuait, parce que personne ne pouvait me suppléer, parce que l’histoire de ma vie devait se dérouler de cette manière, et que ni des cris, ni des larmes, ni des crises de nerfs, ni rien de tout le reste, ne pouvait changer l’ordre des choses.   

 

Le livre de la vie est le livre suprême,

Qu’on ne peut ni fermer, ni rouvrir à son choix ;

Le passage attachant ne s’y lit pas deux fois,

Mais le feuillet fatal se tourne de lui-même ;

On voudrait revenir à la page où l’on aime,

Et la page où l’on meurt est déjà sous vos doigts…

 

                                   Alphonse de Lamartine

 

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L’apaisement

« Les hommes perdent la santé pour accumuler de l’argent,
ensuite ils perdent de l’argent pour retrouver la santé
Et à penser au futur, ils oublient le présent de telle sorte qu’ils finissent par non vivre ni le présent ni le futur.
Ils vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir, et meurent comme s’ils n’avaient jamais vécu »
DALAI LAMA

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Le cancer est un mal qui  fait couler beaucoup d’encre, mais qui fait couler aussi des torrents de  larmes. Le cancer est  un fléau qui mobilise tellement de finances publiques, et tellement d’énergies humaines, pour  des résultats tellement mitigés, que le  scepticisme règne en maître lorsqu’il faut s’efforcer de croire à la guérison. Du coup  rien qu’à prononcer le mot cancer, les poils se hérissent sur les bras.

Les poils se sont hérissés sur mes bras, la terre s’est ouverte sous mes pieds, et lorsque j’ai cru atteindre le fond du précipice, je me suis réveillé car la mort n’a pas voulu provisoirement  de moi. Depuis lors, mon univers a changé, j’observe le monde avec un regard tout neuf, et je m’habitue progressivement à ma nouvelle vie. J’apprivoise ma maladie.  

Je suis atteint d’un cancer du rein, je fais partie à présent des malchanceux, de ceux que le destin a classés au ban d’une société dominée par le pouvoir, l’égoïsme, et  l’argent,  laissant la place  uniquement aux plus rusés et aux plus forts d’entre nous. Me faut-il pour autant perdre tout espoir ? Non car richesse et réussite ne sont pas toujours  synonymes de bonheur. On peut trouver aussi dans l’adversité une source inépuisable d’enrichissement personnel, fondement d’un autre bonheur que celui que d’autres recherchent à construire essentiellement à travers le confort matériel.

Le cancer du rein est trop imprévisible et les traitements trop récents pour que je dépose les armes, à l’issue d’un combat difficile, à  cause de résultats pas à la hauteur de mes attentes, ou à cause d’une  réponse  partielle à mes interrogations. C’est pourquoi il est important de ne pas laisser la déception prendre le pas sur ma détermination ou ma  volonté de vivre. Je puise  tout simplement mon énergie dans mes presque huit ans d’expérience personnelle, et je profite  chaque jour du temps qui m’est donné pour progresser. Le destin m’a offert une véritable prise de conscience de la valeur humaine, et je n’échangerais pas ce trésor pour tout l’or du monde.  

 

 

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Il est vrai que la trêve que je m’étais accordé dans mes activités habituelles m’avait été plus que salutaire. Pourtant lorsqu’il avait été question d’enfiler le costume pour me rendre à la cérémonie, j’avais préféré m’abstenir de ce qui s’annonçait comme devant être une épreuve plutôt, qu’un plaisir. Telle une conspiration de bien mauvais goûts, certains mauvais élèves de mon organisme  s’étaient manifestés contre le Sutent aux pires moments des deux dernières semaines de traitement, à Paris tout d’abord, et le samedi suivant pour m’interdire les plaisirs de la fête, en ne me donnant aucune autre alternative que le lit en attendant la fin de la tempête.

Le dimanche trois juin, lendemain de la noce à laquelle je n’avais donc pas pu assister, j’avais avalé les trois dernières gélules de mon 17ème cycle de chimio, et comme à l’accoutumé j’avais quinze bons jours devant moi pour me refaire une santé. J’étais plutôt en bonne forme, sans doute aurais-je dû regretter amèrement l’incident de la veille, mais j’avais appris à accepter la maladie, et les nombreuses contraintes qui allaient avec. Vivre le temps présent et ne jamais regarder dans le rétroviseur pour ne pas s’encombrer de pensées négatives, étaient pour moi le meilleur moyen de supporter mon sort.  

Vendredi 15 juin, décidément ce printemps 2012 n’avait guère de personnalité, il se laissait dominer par la pluie et le vent, nul doute qu’il ne resterait pas dans nos mémoires comme un grand cru. Depuis quelques jours je recommençais à très mal dormir, j’espérais seulement que ne soit qu’un mauvais passage pour éviter d’avoir recours aux médicaments. Pour l’heure il était temps de se lever pour rallier la nationale en direction de Nantes, car le docteur R m’attendait dans son cabinet pour une consultation fixée à huit heures cinquante précise. 

La veille, jeudi 14 juin, dans d’autres circonstances j’aurais pu souffler les sept bougies d’un anniversaire, mais le souvenir de l’ablation en 2005 pratiquée aux NCN, par l’équipe médicale du docteur M, du lobe supérieur de mon poumon gauche, ne prêtait pas franchement à ce genre de manifestation. Cette intervention chirurgicale restera gravée dans un des chapitres les plus éprouvants, psychologiquement parlant de ma maladie, puisqu’il était situé à l’époque de ma descente aux enfers, qui avait débuté six mois plus tôt avec mes deux opérations des reins. Depuis lors beaucoup d’eau était passée sous le pont, et bien qu’elles réapparaissent régulièrement, les inquiétudes concernant mon avenir en ce monde, s’étaient quand même considérablement apaisées.

 

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Toutes bonnes choses ont une fin

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Toutes bonnes choses ont une fin, l’heure était venue de prendre congés Élisabeth qui devait refaire notre itinéraire touristique de ce lundi en sens inverse, pour retrouver sa tranquillité, après ces trois jours passés en notre compagnie. L’organisation de ce séjour avait dû lui bouleverser ses habitudes, nul doute que notre départ allait représenter pour elle le temps d’un soir, un grand vide.

Il fallait également se séparer de Jean et Florence qui empruntaient la direction de Bourges, une région qu’ils connaissaient bien pour y être domiciliés depuis de nombreuses années, raisons professionnelles obliges.

Pour que perdure notre amitié d’enfance, nous avions pris l’habitude de nous réunir tous les ans, le temps d’un week-end. Celui qui venait de s’achever était le douzième de la série, et nous étions bien décidés à poursuivre cette sensationnelle initiative le plus longtemps possible. La date de notre prochaine rencontre était d’ors et déjà  fixé en mai de l’année prochaine

Les deux véhicules restants se suivaient à présent à distance régulière sur une autoroute très encombrée, prémices de la fin de ces mini vacances, pour des milliers de salariés.

En trois jours nous avions épuisé  presque tous les sujets de conversations, et la fatigue pesant lourdement sur les corps, c’était plutôt le silence qui dominait dans notre habitacle, hormis le ronron du moteur de la voiture, qui berçait mon semblant de sieste.

C’était tellement bon de pouvoir enfin déposer les armes, et de savourer ma victoire. Bien qu’il avait fallu mener une bataille difficile, (bataille dont l’issue avait été pendant toute la durée du dimanche plus qu’incertaine), me contraindre à appliquer à mon propre corps une discipline de fer, m’avait permis de conserver le contrôle de la situation jusqu’au bout du voyage. Le mental avait fait le reste. 

Une halte à mi parcours me confirma que les ballons étaient dégonflés, l’euphorie du départ était bel et bien à ranger dans le tiroir des souvenirs. Nous retournions dans la réalité de nos vies quotidiennes, et les batteries complètement à plat ne semblaient pas trouver l’énergie nécessaire pour se recharger.

J’appréciai néanmoins de boire à ma soif et de m’enfiler par gourmandise brioche et chocolat, la colère de mes intestins ne me donnait plus à craindre.

Alors que nous avions déjà bien entamé la deuxième partie de notre trajet, Jeannot et Florence nous informèrent brièvement par téléphone, qu’ils venaient de réintégrer leur domicile.

Le temps passait et il y avait un moment maintenant que nous grignotions mètre par mètre l’asphalte. La voix synthétique du GPS s’était tue, mais j’apercevais sur  la carte l’approche progressive de notre région. 

Éliane venait de nous faire savoir par message qu’un dessert confectionné par sa main nous attendait, en outre un Picon bière bien frais n’espérait plus que notre arrivée pour être servi. 

Notre ville était en vue, nous n’avions pas rencontré de difficultés majeures sur la route. L’intérieur de notre maison était frais grâce au maintien des volets semi-fermés, par contre l’extérieur était encore baigné par un soleil relativement mordant, nous déplaçâmes le salon de jardin dans un petit coin d’ombre. En deux temps trois mouvements nous fîmes nos comptes, tout en appréciant cet ultime instant de convivialité du week-end. La boucle était désormais bouclé, et sans hésiter nous pûmes nous targuer d’avoir réussi notre séjour.   

Au soir du retour de ce périple en région parisienne, je me couchai donc exténué, mais ravi d’avoir remporté le challenge. J’avais une autre raison de me réjouir, en effet le week-end suivant, j’escomptais bien pouvoir profiter de l’invitation qui nous avait été faite d’assister à une cérémonie de mariage. Je désirais donc retrouver au plus vite la forme et comme je n’avais rien d’impératif dans mon programme, je réservais les jours à venir pour me reposer convenablement, j’avais bon espoir ainsi de recouvrer au plus vite, un maximum de résistance.

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Un tableau bien ordonné

Élisabeth voulait nous conduire à un endroit bien précis, pour se faire nous empruntâmes l’allée située sur notre droite. Progressivement le  groupe se désolidarisa et chacun marcha à son rythme, en s’arrêtant en fonction du plus ou moins grand  intérêt que portait l’un ou l’autre, aux différentes curiosités de la visite.    

Parallèles à notre chemin, je remarquai des immeubles qui bordaient la limite du parc. Nul doute que les familles qui vivaient dans ces appartements avec vue sur le domaine royale, n’étaient pas comme on dit, dans le besoin. Smicards allez voir ailleurs si j’y suis !

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Je m’arrêtai un court instant devant les grilles du pavillon Henri IV. L’endroit avait été résidence royale sous Henri IV, Louis XIII, et sous Louis XIV qui y naquit. A cause de son délabrement, le château dit neuf qui se trouvait donc à cet emplacement, fut largement détruit avant la révolution. Il fut ensuite bien des années plus tard, partiellement restauré, et partiellement reconstruit, pour devenir  cet hôtel restaurant, devant lequel une pancarte de menus me rappelait que manger ici, était inaccessible à mes revenus.

Dans l’espace de verdure attenant au château dit vieux datant de l’époque de François I, et parvenu en entier jusqu’à nous, celui-là même qui nous avait accueilli à notre arrivée, les jardins avait été remodelés par le Nôtre pour Louis XIV comme je pus le lire sur une brochure explicative.

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Nous étions en train de faire une belle balade à travers le temps, il ne nous manquait plus que des figurants en costumes d’époques pour stimuler notre imagination.

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Élisabeth était contente de pouvoir nous faire découvrir enfin un endroit qu’elle appréciait tout particulièrement.  Une terrasse immensément longue s’ouvrait sur la vue panoramique de la vallée de la Seine et laissait entrevoir au loin le quartier de la Défense aux portes de Paris. Légèrement en contrebat, des pieds de vignes entretenus par des élèves en horticulture faisait revivre la réputation des cépages de Pinot noir, disparus avec les dernières vendanges de 1935, une grande pancarte était plantée dans la terre pour nous en informer.

Une table d’orientation nous permettait d’identifier les éléments caractéristiques du paysage, ainsi que la distance qui nous séparait de différentes villes environnantes. La plupart des membres de l’équipe étaient penchés sur ce petit monument en pierre, tandis qu’Odile était assise dans un coin à frotter son genou douloureux.

Plus personne ne s’inquiétait de moi. A vrai dire j’allais plutôt bien, et l’immense contrariété de la veille n’était plus qu’un souvenir anecdotique de notre voyage qui s’achevait.

Mes yeux se noyaient dans l’immensité verdoyante qui me faisait face, bien peu de touristes et encore moins d’autochtones, chamboulaient le tableau  si  bien ordonné de ce célèbre parc.

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Au hasard de ma déambulation je tombai nez à nez avec la statue de Vercingétorix. Je me demandais bien ce que ce personnage de l’histoire très ancienne faisait là, peut-être que sa présence avait un rapport avec le musée des antiquités, car la statue me paraissait très ancienne, compte-tenu de l’usure de la pierre, mais dans ce cas, sa place à l’intérieur du bâtiment me paraissait plus adéquate. J’étais sûr d’une chose, c’était que nous allions quitter le site, sans que je puisse trouver réponse à mon interrogation.

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Chantal et Élisabeth m’avaient rejoint, j’étais assis sur mon petit siège à l’ombre d’un arbre, car une fois de plus le groupe s’était dispersé, et il fallait attendre que tout le monde soit de nouveau réuni, pour décider de la poursuite des évènements.  

Nous aurions encore pu prolonger longtemps notre déambulation végétale, mais il était nécessaire de rejoindre la voiture, car une longue route nous attendait, et il fallait penser à ceux qui reprenaient le travail le lendemain matin.

De la grande allée qui nous ramenait vers les grilles de sortie, nous remarquâmes la présence du train à proximité des jardins. Je m’étonnais que des individus puissent avoir l’idée d’implanter ce modernisme aussi nécessaire que hideux  si près d’un chef d’œuvre de notre patrimoine. Même si la gare paraissait immergé en profondeur, dans un écran de verdure, je trouvais l’initiative fortement de mauvais goût, c’était du moins une opinion qui n’engageait que moi. 

Nos voitures n’étaient pas rendues à la fourrière et personne n’avait récolté de PV, de plus la haie devant laquelle nous étions garés donnait l’ombre nécessaire pour ne pas pénétrer dans un habitacle surchauffé.

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Louis XIV et sa mère Anne d’Autriche

 



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Le week-end avait tenu toutes ses promesses, et pour cette dernière journée, il commençait à faire bien chaud. Nous étions maintenant assurés que le soleil ne nous ferait pas faux bon, et ce, jusqu’à notre retour au bercail.  

Atteindre nos véhicules ne demandait pas un effort surhumain, de plus la présence de nombreux arbres nous garantissait l’ombre qui nous avait tant manqué la veille dans la capitale.

Telle une escorte présidentielle, nous empruntâmes à la queue leu-leu la N184 et la D284 qui aussi bien l’une que l’autre commençaient à être encombrées par le trafic routier. Cependant sans difficulté particulière, atteindre la deuxième étape de notre visite n’avait été qu’une simple formalité.

L’avenue des Loges était immensément droite et immensément  longue. Elle était bordée de tilleuls soigneusement taillés en rideaux, parfaitement parallèles à la route, ce qui me permettait de découvrir de très loin l’entrée principale et la façade du château, mais aussi d’apprécier fortement une mise en valeur de l’ensemble, voulue par les mains expertes de l’homme.

Nous trouvâmes assez facilement de la place, allée des Carrières comme l’indiquait un panneau placée devant moi. Un autre panneau semblait être ignoré par les automobilistes, pourtant il informait de l’interdiction absolue de se garer à cet endroit. Des dizaines de voitures ayant déjà bravé la loi, nous grossîmes le rang des  français indisciplinés, en nous promettant de partager une éventuelle amende, si par malheur un oiseau de mauvais augure venait à passer par là.

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Nous franchîmes la grille d’entrée de la demeure royale, et je marquai un temps d’arrêt, ébahi comme un gamin devant le cadeau auquel il ne s’attendait pas. Largement aussi passionné de l’histoire de France, que Chantal ne l’est de la monarchie Britannique, je considérais ma présence en ce lieu comme un pèlerinage. J’admirais la beauté austère du monument, et comme je viens de l’exprimer précédemment, j’étais d’autant plus ravi d’être ici, que Saint Germain en Laye était le dernier endroit de la région que je pensais pouvoir visiter, lors de ce séjour.

Nous remontâmes  l’allée sur quelques dizaines de mètres avant de déboucher à droite sur la place du Général de Gaulle.

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En traversant la rue je fus curieux et intéressé de rentrer à l’intérieur de l’église de St Germain située en face du château. Elle possède un fronton triangulaire supporté par six colonnes lui donnant un style particulier dont je ne connaissais aucun exemple dans nos régions des Mauges et d’Anjou. J’aime la fraîcheur, l’odeur, le silence, la demi-obscurité, et parfois les résonances de ces édifices religieux. Ici comme dans tous les autres lieux de culte, je me sentais en sécurité, apaisé de toute pression, et je m’y trouvais également en communion profonde avec moi même.

Les autres membres de l’équipe avaient fini par me rejoindre dans ce havre de paix, tandis qu’avec ma manie habituelle, je prenais quelques photos, avant de ressortir vers notre civilisation bruyante et agitée du 21ème siècle.

Nous organisâmes notre circuit de manière à contourner le château dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Une immense banderole qui flottait au vent, et qui représentait un gaulois en tenu de guerrier,  m’apprit que l’édifice était désormais le musée des antiquités nationales. Je savais que nous n’aurions pas le temps d’y pénétrer, mais comme le dit l’expression populaire, il ne faut pas vouloir le beurre et l’argent du beurre, je m’étais donc fait à l’idée, que la visite des lieux ne se ferait pas.

Le peu que je pouvais découvrir de la ville, me faisait penser que nous étions dans une banlieue parisienne très huppée, l’architecture luxueuse, et fort bien entretenue en témoignait.

Notre balade nous emmenait dans la rue Thiers, ce qui me fit penser à ma fille qui habitait  un petit appartement dans une rue portant le même nom, dans la ville universitaire d’Angers, où elle était étudiante.  Très vite nos pas nous dirigèrent vers un accès au domaine national, opposé à l’entrée principale que nous avions emprunté lors de notre arrivée.

A présent nous avions carte blanche et le reste de temps dont nous disposions, pour écarquiller les yeux, et pour apprécier la beauté et la valeur historique du site. 

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