L’apaisement

« Les hommes perdent la santé pour accumuler de l’argent,
ensuite ils perdent de l’argent pour retrouver la santé
Et à penser au futur, ils oublient le présent de telle sorte qu’ils finissent par non vivre ni le présent ni le futur.
Ils vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir, et meurent comme s’ils n’avaient jamais vécu »
DALAI LAMA

 L'apaisement  dans Cancer du rein le-crabe

Le cancer est un mal qui  fait couler beaucoup d’encre, mais qui fait couler aussi des torrents de  larmes. Le cancer est  un fléau qui mobilise tellement de finances publiques, et tellement d’énergies humaines, pour  des résultats tellement mitigés, que le  scepticisme règne en maître lorsqu’il faut s’efforcer de croire à la guérison. Du coup  rien qu’à prononcer le mot cancer, les poils se hérissent sur les bras.

Les poils se sont hérissés sur mes bras, la terre s’est ouverte sous mes pieds, et lorsque j’ai cru atteindre le fond du précipice, je me suis réveillé car la mort n’a pas voulu provisoirement  de moi. Depuis lors, mon univers a changé, j’observe le monde avec un regard tout neuf, et je m’habitue progressivement à ma nouvelle vie. J’apprivoise ma maladie.  

Je suis atteint d’un cancer du rein, je fais partie à présent des malchanceux, de ceux que le destin a classés au ban d’une société dominée par le pouvoir, l’égoïsme, et  l’argent,  laissant la place  uniquement aux plus rusés et aux plus forts d’entre nous. Me faut-il pour autant perdre tout espoir ? Non car richesse et réussite ne sont pas toujours  synonymes de bonheur. On peut trouver aussi dans l’adversité une source inépuisable d’enrichissement personnel, fondement d’un autre bonheur que celui que d’autres recherchent à construire essentiellement à travers le confort matériel.

Le cancer du rein est trop imprévisible et les traitements trop récents pour que je dépose les armes, à l’issue d’un combat difficile, à  cause de résultats pas à la hauteur de mes attentes, ou à cause d’une  réponse  partielle à mes interrogations. C’est pourquoi il est important de ne pas laisser la déception prendre le pas sur ma détermination ou ma  volonté de vivre. Je puise  tout simplement mon énergie dans mes presque huit ans d’expérience personnelle, et je profite  chaque jour du temps qui m’est donné pour progresser. Le destin m’a offert une véritable prise de conscience de la valeur humaine, et je n’échangerais pas ce trésor pour tout l’or du monde.  

 

 

farniente dans Cancer du rein

 

Il est vrai que la trêve que je m’étais accordé dans mes activités habituelles m’avait été plus que salutaire. Pourtant lorsqu’il avait été question d’enfiler le costume pour me rendre à la cérémonie, j’avais préféré m’abstenir de ce qui s’annonçait comme devant être une épreuve plutôt, qu’un plaisir. Telle une conspiration de bien mauvais goûts, certains mauvais élèves de mon organisme  s’étaient manifestés contre le Sutent aux pires moments des deux dernières semaines de traitement, à Paris tout d’abord, et le samedi suivant pour m’interdire les plaisirs de la fête, en ne me donnant aucune autre alternative que le lit en attendant la fin de la tempête.

Le dimanche trois juin, lendemain de la noce à laquelle je n’avais donc pas pu assister, j’avais avalé les trois dernières gélules de mon 17ème cycle de chimio, et comme à l’accoutumé j’avais quinze bons jours devant moi pour me refaire une santé. J’étais plutôt en bonne forme, sans doute aurais-je dû regretter amèrement l’incident de la veille, mais j’avais appris à accepter la maladie, et les nombreuses contraintes qui allaient avec. Vivre le temps présent et ne jamais regarder dans le rétroviseur pour ne pas s’encombrer de pensées négatives, étaient pour moi le meilleur moyen de supporter mon sort.  

Vendredi 15 juin, décidément ce printemps 2012 n’avait guère de personnalité, il se laissait dominer par la pluie et le vent, nul doute qu’il ne resterait pas dans nos mémoires comme un grand cru. Depuis quelques jours je recommençais à très mal dormir, j’espérais seulement que ne soit qu’un mauvais passage pour éviter d’avoir recours aux médicaments. Pour l’heure il était temps de se lever pour rallier la nationale en direction de Nantes, car le docteur R m’attendait dans son cabinet pour une consultation fixée à huit heures cinquante précise. 

La veille, jeudi 14 juin, dans d’autres circonstances j’aurais pu souffler les sept bougies d’un anniversaire, mais le souvenir de l’ablation en 2005 pratiquée aux NCN, par l’équipe médicale du docteur M, du lobe supérieur de mon poumon gauche, ne prêtait pas franchement à ce genre de manifestation. Cette intervention chirurgicale restera gravée dans un des chapitres les plus éprouvants, psychologiquement parlant de ma maladie, puisqu’il était situé à l’époque de ma descente aux enfers, qui avait débuté six mois plus tôt avec mes deux opérations des reins. Depuis lors beaucoup d’eau était passée sous le pont, et bien qu’elles réapparaissent régulièrement, les inquiétudes concernant mon avenir en ce monde, s’étaient quand même considérablement apaisées.

 

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