Alors ?

Alors ? dans Cancer du rein sutent

 

« Alors ? »

Le docteur R me regardait droit dans les yeux, un sourire au coin des lèvres.

La réponse à ce alors, n’était pas des plus originales. Je relatais point par point mes mésaventures parisiennes, et le récit avait un goût de réchauffé. Hormis la prescription de médicaments pour tenter de contrer tant bien que mal les effets néfastes de la molécule, le médecin ne  pouvait pas faire grand-chose pour soulager mon organisme.

Si le Sutent était à l’origine de tous mes maux, il était aussi capable de me maintenir en vie. Il est vrai qu’au bout de deux ans de gélules anticancéreuses, mon corps avait encaissé, avec plus ou moins de réussites, les tortures que je lui infligeais, mais était-il raisonnable de continuer ainsi indéfiniment à malmener ce corps, sans craindre de lourdes représailles.  

J’en avais bien conscience, pourtant je n’étais pas près psychologiquement de consentir à une modification de la posologie de mon traitement, voir même de consentir à un changement radical de protocole. J’avais toujours en moi la crainte de voir cette évolution de soin m’apporter davantage de déboires que de satisfactions. Comme toujours j’essayais donc de minimiser mes problèmes, d’arborer un visage aussi détendu et souriant que possible pour conforter l’oncologue dans son idée de poursuivre la chimiothérapie en l’état.

Ce n’était vraiment pas simple d’être malade, beaucoup de choses se bousculaient dans ma tête, que je n’arrivais pas à mettre en ordre de priorité, du coup j’étais plein d’idées contradictoires qui me mettaient soit dans un état d’esprit fonceur, soit dans une phase d’attentisme confortable non créateur de solutions à long terme.

Mon interlocuteur m’avait écouté sans broncher, et il n’avait pas fait de commentaire à la fin de mon récit. Sans la venue d’évènements gravissimes dans le déroulement de ma période de soins, il ne devait sans doute trouver aucune raison d’interrompre ou de modifier ma thérapie, aussi et comme je l’avais espéré (j’étais dans ma phase d’attentisme confortable),  je ne doutais pas d’obtenir l’ordonnance de mon 18ème cycle.

Il fallait que je lui parle de mon bras gauche, qui m’avait quand même pas mal enquiquiné, depuis quelques temps. Certes l’œdème important que j’avais dû subir tant bien que mal, durant la période qui avait suivi mon hospitalisation d’août 2010, était beaucoup moins problématique, mais des manifestations de faiblesse, d’endolorissement, et parfois même de douleurs subsistaient, jusqu’à mettre mes nerfs à dure épreuve.

L’oncologue doutait fortement que ma tumeur soit à l’origine de cette pathologie. Je lui avais parlé de mon opération du poumon et de l’ouverture que le chirurgien avait procédé au dessous de mon omoplate gauche, en évoquant un possible traumatisme musculaire ou nerveux à ce niveau là qui irradierait tout le bras.  Mon interlocuteur n’avait pas eu l’air davantage convaincu.  

« Si je vous prescrivais une quinzaine de séances de kiné ? »

Je n’étais pas contre. Dans le domaine de la cancérologie et de ses conséquences, il faut tout essayer, car malheureusement les médecins ne sont pas Dieu tout puissant, et c’était bien ce que j’avais compris depuis très longtemps. 

« J’ai lu le résultat de votre IRM, en effet il reste visible une petite tuméfaction de 1,4 cm, qui a sans doute diminué comme nous l’avions présumé lors de la dernière fois palpation de votre épaule, malheureusement comme je n’ai pas d’examens de comparaison, il faut se contenter de faire confiance à notre jugement. »

« Les mesures n’avaient pas été prises lorsque vous aviez ordonné une biopsie ? »

« A quand remonte cet examen ? »

« Au moi de juin 2010. »

Le médecin tapota sur son clavier d’ordinateur pour rechercher les éventuelles informations qui nous manquaient.

« Non l’échographie avait permis de localiser la grosseur dans le but de prélever l’échantillon pour analyse, mais je n’ai pas d’éléments qui m’en indiqueraient la taille. »

J’étais très étonné de ça, mais il est vrai que je n’avais aucun souvenir faisant référence à une quelconque dimension de la tumeur, et Chantal qui tenait scrupuleusement mon carnet de bord, n’avait rien noté de tel non plus.

 

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