Conception comportementaliste de ma condition de malade

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Dès les premiers jours de juillet, j’avais débuté les séances de kinésithérapie, et j’en attendais beaucoup de bien. Sans trop savoir ni comment, ni pourquoi, tel un volcan mon bras gauche s’était réveillé quelques temps auparavant, après une longue période de léthargie. La trêve qu’il  m’avait accordée jusqu’alors, m’avait soulagé d’une énorme gêne, me laissant par la même occasion, davantage de terrain pour combattre les non moins désagréables autres problèmes qui polluaient mon existence, mais il trouvait sans doute que sa sagesse n’avait que trop duré.  

Le point culminant de cette période noire, je l’avais connu le dimanche qui avait précédé mon premier rendez-vous chez le masseur. Un moment passé en famille, à assister à un concert de jazz en plein air, aurait pu me faire oublier temporairement, que mon parcours médical n’était pas un long fleuve tranquille, mais voilà  mon bras avait décidé de me gâcher le plaisir.

De l’ankylose et de la lourdeur ressenties de l’épaule jusqu’au coude, en passant par les fourmillements et les douleurs de la partie inférieur du membre, je n’avais guère de répit pour me concentrer sur autre chose, oubliant ainsi quelque peu l’ambiance qui régnait autour de moi. Cet élément de mon corps en souffrance me faisait pénétrer dans une espèce de spirale infernale. Plus je me focalisais sur mes ennuis, plus j’étais nerveux, et plus j’étais nerveux, plus je contractais mes muscles, exacerbant ainsi le handicap.

Chantal sentait bien mon irritabilité, je ne me plaignais pas mais je ne tenais pas en place, sans cesse à la recherche d’une position un peu plus confortable. Elle n’avait pas manqué de me faire remarquer que le soulagement était pour le lendemain.

Il faut dire qu’en presque 8 ans, j’en avais vu des vertes et des pas mûres, ma musculature avait bien besoin de relaxation. Je me demandais d’ailleurs pourquoi le médecin n’y avait pas pensé plus tôt. Certes je n’étais pas totalement convaincu que la kinésithérapie viendrait à bout de cette énigme médicale, mais au moins on tentait quelque chose, et ça me donnait du courage pour supporter l’instant présent.

Le lundi 2 juillet en trois coups de cuillère à pot, le praticien m’avait donné la preuve que mon corps tout entier, était bien recroquevillé sur lui-même. A l’issue de cette première séance, je me sentais détendu, sommeillant, fatigué, mais fatigué sainement, comme si je venais de me dépenser physiquement et intensément. Le sommeil de la nuit suivante, fut réparateur.

Sans doute comme je l’ai déjà exprimé, que cette pièce rajoutée au puzzle d’une thérapie qui ne faisait pas des miracles, n’allait pas  non plus solutionner définitivement les choses, mais elle m’apportait du grain à moudre au moulin, autrement dit les massages allaient être des précieux alliés, pour renforcer mes troupes de combat contre ce mal absolu qui voulait ma peau.

Lorsqu’on lit mes différents récits, je donne l’impression d’endurer un calvaire. En même temps je témoigne ici de mon cancer et de ses conséquences, il est donc normal de ne dévoiler que la partie de ma vie qui concerne la maladie.

Un jour un ami m’a dit : « Tu es pour nous tous  un exemple de courage, et tu nous offres chaque jour, une nouvelle leçon d’humilité. »

J’étais scotché d’entendre une telle phrase de sa bouche, car l’ami en question est atteint d’une sclérose en plaque qui le cloue petit à petit dans un fauteuil roulant. Je suis donc tenté de lui répondre que mes habitudes sont beaucoup moins perturbés que les siennes, et que s’il y a quelqu’un qui doit être courageux pour se raccrocher à la vie, c’est bien lui.

Non en réalité à part de vivre mes 58 ans dans un corps de vieillard, à part le fait que j’ai déserté ma vie active pour enfiler précocement l’habit de ‘’retraité ‘’, ce qui ne sont cependant pas je vous l’accorde, les moindres des sacrifices, mes journées n’ont pas les contraintes de mon ami. Il faut juste trouver la philosophie nécessaire pour s’incliner devant les inévitables souffrances et tourments qu’engendrent la maladie, et profiter pleinement des moments d’accalmie entre deux obstacles.

Certes l’annonce du cancer a chamboulé le quotidien de notre famille, certes il a fallu se reconstruire autour de cette injuste réalité, mais de fil en aiguille nous avons appris à cohabiter avec le vilain petit lutin, et après une pause obligatoire de quelques mois, nous avons repris nos activités de loisirs, nous avons donner un coup d’accélérateur à nos rencontres avec famille et amis, et nous avons rempli notre agenda de bien d’autres choses encore. Le seul bémol que je peux donc imputer à mon passif, c’est la profonde difficulté que j’ai de pouvoir me projeter en avant, et dès lors de faire des projets, car être en sursis, incite à la prudence. Vivre au jour le jour reste ma conception comportementaliste de ma condition de malade.      

 

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