De l’appréhension à la peur

De l'appréhension à la peur  dans Cancer du rein cathéter-veinuex1cathéter-300x153 dans Cancer du rein

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette seconde intervention avait finalement été menée à bien, mais l’incident m’avait rendu extrêmement nerveux, et je n’étais pas dans de bonnes conditions psychologiques pour poursuivre ce 34ème contrôle médical de mes entrailles.

La salle d’examen était tout aussi sombre que la ‘’cellule’’ dont mon accompagnateur venait de me libérer. En fait il devait toujours en être ainsi, mais aujourd’hui je le remarquais pour la première fois.

« Vous pouvez vous allonger, et remonter la tête le plus haut possible. »

Il fallait s’assurer que les petites lignes de repères rouges projetés par la machine sur mon corps, soient situés  au bon endroit, afin d’optimiser les chances d’obtenir de bons clichés.

« Remontez les bras au dessus de la tête, nous allons commencer la procédure de contrôle. »

L’examen débutait sans la présence du docteur T qui n’avait jusqu’alors jamais manqué une seule occasion de venir me saluer avant que mon corps ne soit ‘’disséqué’’ par la machine. Décidément rien ne se déroulait comme je l’avais imaginé. Doucement mon corps s’était mis en mouvement et je pénétrais à l’intérieur du tunnel, les pieds en avant.

« On gonfle bien les poumons, on bloque la respiration. »

Mon corps s’était mis de nouveau en mouvement et je sortais du tunnel dans le sens inverse, c’est-à-dire  la tête la première.

« Respirez normalement »

Au rythme de la machine j’avais suivis les instructions des blouses blanches jusqu’à ce que l’on me confirme que l’examen était terminé. J’avais ensuite réintégré ma cabine sans fenêtre où la chaleur était intense et ce n’était sûrement pas mon état d’anxiété intense qui m’aidait à supporter cet enfermement.

Mon ‘’ange gardien’’ qui venait de me débarrasser de ma perfusion me précisa également que le docteur X (je n’avais pas retenu le nom, mais l’homme remplaçait le docteur T en vacances) allait venir me voir. 

Je n’avais pas mis bien longtemps à renfiler mes quelques vêtements d’été. Le moment était venu d’affronter la partie la plus angoissante de cette journée, celle que je redoutais comme la peste : l’attente des résultats.

Les secondes, puis les minutes, peut-être le quart d’heure passèrent. Je faisais craquer mes doigts pour ne pas resté à ne rien faire, et pour donner un exutoire à mon extrême nervosité. Je n’avais aucune notion du temps, mais au fil de mon impatience ma respiration devenait plus désordonnée, et mes tempes battaient à se rompre. Je redoutais ma capacité à réagir face à une mauvaise nouvelle, plus que la mauvaise nouvelle en elle-même, aussi je repoussais fermement cette hypothèse.

Pourtant je trouvais que le médecin mettait bien du temps à lire les clichés de mes entrailles, j’y voyais un signe de mauvais augure. Il fallait penser impérativement à autre chose, mais comment penser à autre chose quand votre esprit est en train de se noyer dans la plus profonde noirceur des ténèbres. 

Y en a-t-il un qui connaisse la recette infaillible pour ne pas péter les plombs, lorsqu’il est confronté à la même situation ? Qu’il me le fasse savoir.

Les secondes, puis les minutes, peut-être le quart d’heure étaient passées de nouveau, et j’étais sur le point de ‘’m’enfuir’’ de ma geôle, lorsque la porte qui donnait sur la salle d’examen s’ouvrit.

 « Monsieur Gautier ? »

Le médecin d’origine étrangère susurrait des phrases avec un fort accent. L’épreuve de l’attente avait eu raison de mes nerfs, et j’étais complètement tétanisé. J’avais réussi à capter quand même l’essentiel de la conversation, et je savais que je repartais avec des résultats qui pour l’heure, ne me laissaient rien à craindre.  

Chantal avait connu une courbe d’anxiété identique à la mienne, elle était passée de l’appréhension au stress, du stress à l’angoisse, et de l’angoisse à la peur. Il faut dire qu’il y avait bien de quoi. J’avais été absent pas loin d’une heure, et c’était bien la première fois que le corps médical me retenait aussi longtemps, à l’occasion d’un examen au scanner.  

Deux trois mots de ma bouche suffirent pour faire baisser sa tension d’un cran.

 

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