La honte

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Il fallait encore attendre un peu que le compte-rendu et les clichés du scanner me soient donnés avant de partir, le temps passait et nous approchions dangereusement de l’heure de mon autre rendez-vous.

Je n’étais pas encore tout à fait remis de la pénible épreuve que je venais de subir, aussi lorsqu’il fallu signer au bas de la feuille que venait de me présenter la secrétaire de l’accueil, tandis qu’elle me remettait mon dossier, ma main trembla tellement que ma griffe n’eût rien à voir avec celle que je produisais d’habitude.

L’ambulancier nous attendait patiemment au volant de son véhicule, un livre à la main. Nous devions rejoindre le CAC de l’espoir, et nous avions bien l’intention de nous enfiler un sandwich avant de rencontre le docteur R.

Les deux établissements hospitaliers n’étant pas très éloignés l’un de l’autre, nous fûmes garés sur le parking  du centre anticancéreux sans accuser de retard. Pourtant il ne fallait pas perdre de temps.

« Allez à l’enregistrement, je monte au second étage pour prévenir de votre arrivée. »

Olivier nous donnait là la preuve de son dévouement et de sa gentillesse. Quelques minutes plus tard, débarrassés des obligations administratives, nous étions installées en plein air à nous occuper de nos ventres qui criaient famine. Notre repas avait été avalé en cinq-sept et nous étions à présent dans l’ascenseur pour rejoindre le couloir numéro 7 du service des consultations. Entre temps Olivier nous avait prévenus d’une très très légère attente, aussi nous nous assîmes sur les chaises vides qui jouxtaient le bureau du patricien. N n’était pas à son bureau mais nous savions que notre ambulancier avait fait le nécessaire pour témoigner de notre présence en ce lieu.

« Bonne fête N  »

N était réapparue au coin du couloir, et Chantal avait sorti de son sac, la boîte de chocolats que nous nous étions promis de lui offrir justement à l’occasion de sa fête.

« Alors là c’est gentil, vraiment ça me fait très plaisir »

« Vous avez de la chance, le scanner est bon, sinon je crois que nous n’aurions pas eu le courage de vous offrir ce petit cadeau. »

« Vraiment je suis très touchée, merci sincèrement. »

La porte qui séparait l’oncologue de sa secrétaire s’était ouverte, et nous entendions des voix, signe évident que notre tour de visite était proche. 

Le patient qui me précédait était sorti du bureau de N en prenant congé de ses interlocuteurs. A présent nous entendions médecin et assistante rire tout en ne sachant pas la raison de cette soudaine hilarité.

« Monsieur Gautier ? »

L’oncologue nous recevait le sourire largement rivé au coin des lèvres.

« Vous pouvez vous venter de m’avoir refilé la honte. »

« Ah bon pourquoi ? »

« Je ne  fait généralement pas de cadeau à N, mais j’aurais pu penser  qu’aujourd’hui c’était sa fête. »

‘’L’incident’’ était clos nous pouvions passer à l’entretien proprement dit.

« Bon comment avez-vous supporté le traitement ? »

En dehors de l’épisode marquant du 14 juillet, je n’avais pas grand-chose d’orignal à lui révéler. Sans réel changement dans ma façon de supporter la chimio, mes propos ne suscitèrent pas de commentaires,  le médecin s’attacha ensuite à me confirmer le rapport du scanner. Il n’y avait aucune raison valable pour ne pas continuer le Sutent, mon 19ème cycle était donc programmer pour débuter le lundi 30 juillet.

 

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