Nouvelles et très incertaines épreuves

Nouvelles et très incertaines épreuves dans Cancer du rein vilain-tres-vilain-lutindouleur-au-genou-2 dans Cancer du rein

 

 

 

Pas question de différer ma balade quotidienne, il faisait beau nous vivions les derniers jours de l’été, je ne voulais pas que le vilain lutin vienne me gâcher mon plaisir. De plus à chaque fois que j’étais contraint et forcé de rester cloîtrer dans ma maison, j’avais l’impression de perdre un peu de mon territoire face à l’ennemi. J’évitais au maximum de mener la vie dure à mon articulation défaillante, en marchant à pas réguliers sur des chemins plats, et en ponctuant des moments de la balade, avec des moments de repos. En agissant de la sorte, j’avais fini par réchauffer mon genou et  la douleur s’était donc pratiquement volatilisée. Le soir venu rien de mes activités habituelles pouvaient remettre en cause mes bienfaits ‘’sportifs ‘‘ de la journée, aussi au moment de me coucher j’avais bon espoir que l’incident soit clos.

Même causes, mêmes effets, cette nouvelle nuit fut entrecoupée de périodes de réveil durant lesquelles je dus me rendre à l’évidence, la douleur était toujours aussi présente et la trêve qu’elle m’avait accordé était terminée. Je m’entêtais cependant à nier l’évidence et ne changeai rien à mon programme de ce vendredi. Monter et descendre de ma voiture furent des supplices que j’avais déjà connu la veille, et qu’il fallu répéter plusieurs fois avant de me rendre au supermarché. Appuyer sur l’embrayage fut une torture répétitive qui finit de m’achever. Malgré tout j’avais réussi à mener ma mission jusqu’au bout et j’étais maintenant rentré le coffre rempli par les courses de la semaine.   

« Est-ce que ça va ? »

La question m’avait été posée par Chantal qui s’afférait dans le sous-sol, à remettre une commode en état. La réponse aurait dû être non,  mais je préférai nuancer mes propos.

« De toute façon j’ai appelé le médecin, tu as rendez-vous à 13h15. »

La phrase était tombée comme un couperet, et la colère était montée en moi comme une éruption volcanique, réaction primaire certes, mais bien compréhensible car elle se manifestait contre cette injustice qui m’était une fois de plus réservée. 

« Trois fois chez les médecins dans le semaine, j’en ai ras ras le bol. »

Les membres de ma famille ne ripostèrent pas à ma réaction, ils avaient cru bien faire, et sûrement qu’ils avaient bien fait, mais les choses devenaient de plus en plus difficiles pour moi. Huit ans de lutte m’avaient usé les nerfs, et l’annonce de cette énième confrontation avec le corps médical était   la goutte d’eau qui  faisait déborder le vase.

Si la tournure que prenaient les évènements m’avait contrarié, elle m’avait aussi totalement coupé l’appétit. Vivre avec une épée de Damoclès n’est pas chose aisée, les traitements lorsqu’ils sont efficaces la maintienne solidement attaché au dessus de votre tête et les examens en tous genres vous rassurent quant à la solidité du lien. Mais vous savez très bien que l’exercice est périlleux et que la corde peut s’user. Justement j’étais très inquiet en pensant à cette corde qui un jour ou l’autre finirait bien pas se rompre. Ce jour n’était-il pas arrivé. Je n’étais pas sans ignorer que les métastases osseuses  sont monnaie courante, lors de la dissémination des cellules cancéreuses, à partir d’un cancer primitif. 

Comment ne pas se sentir comme un petit enfant abandonné par ses parents au milieu de la foule, quand l’idée d’une scintigraphie osseuse et la perspective de résultats inquiétants vous trottent dans la tête.

Le trajet entre la maison et le cabinet médical était très court, j’étais donc parti au dernier moment, retardant jusqu’au-boutiste l’idée de devoir me confronter à de nouvelles et très incertaines épreuves.

 

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Balade automnale et autres menus déplaisirs

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Le jardin de la cure

 

Mes chers parents,

Si le ciel était du papier, et si toutes les mers du monde étaient de l’encre, ils ne suffiraient pas pour que je vous décrive ma souffrance et tout ce qui se passe autour de moi.

 

                                                                                                          Chaïm

 

Des prières ! Que des prières ! Y a-t-il des archives monumentales au  paradis (où en enfer) où  sont consignées ces milliards de prières de suppliques sans espoir ? Prières oubliées dans des dossiers et enfouies sous la poussière.

 

Zarah Ghahramani

 

Où est cette terre sur laquelle le désespoir ne gouverne pas nos cœurs ?

 

Après ma séance de kiné du lundi, et mon entretien avec le cancérologue du mardi, j’avais le plaisir le jour suivant de consacrer mon  temps à autre chose qu’à la maladie et à ses conséquences. Le 12 septembre nous étions donc invités à déjeuner chez une amie, et nous avions la chance de profiter d’une belle journée, aussi comme nous avions coutume de le faire à chaque fois que nous organisions ensemble ces petites réunions, nous partîmes marcher au bord de la Sèvre-Nantaise. Implanté sur un terrain pentu les jardins de la cure nouvellement inaugurés après une belle restauration, méritaient bien le détour. Les nombreuses marches auraient été une véritable épreuve pour mon cœur, si elles avaient été à gravir, par chance nous ne faisions que les descendre pour rejoindre beaucoup plus bas, le lit de la rivière.

Je ne sais pas très bien pourquoi, sinon que par étourderie, j’avais chaussé le matin même des sabots qui je vous le concède, ne sont pas appropriés pour des escapades en terrains escarpés. En fait lorsque nous atteignîmes le sentier caillouteux qui dévalait la pente, malgré ma canne, je n’avais de cesse de retenir le poids de mon corps, pour ne pas glisser et tomber. En même temps j’étais plutôt gauche dans mes mouvements, car il fallait faire en plus un effort surhumain pour ne pas perdre mes sabots. Nous avions poursuivi notre chemin sur un terrain plus plat, puis ensuite nous avions grimpé de nouveau afin de rejoindre la ville. Je n’étais pas fatigué lorsque notre boucle fut  bouclée. Les très nombreuses marches que j’avais l’habitude de faire depuis que j’avais cessé toute activité professionnelle, m’avaient permis d’acquérir de la résistance, même si dans un environnement accidenté, le manque de souffle me rappelait à l’ordre, en me ramenant à ma condition de malade. J’étais donc plutôt content de notre après-midi, et nous envisagions même de reprogrammer une nouvelle journée pour agrandir notre parcours. J’étais doublement satisfait, car je bénéficiais de cette semaine supplémentaire sans Sutent, ce qui prolongeait d’autant le plaisir de ne pas se sentir patraque à longueur de journées. Le soir en me couchant, j’étais loin de mesurer l’impact que cette balade aurait sur mon état de santé, les deux jours suivants.

Me laisser tomber dans les bras de Morphée n’était pas un problème majeur, ce qui avait changé soit à cause de la maladie, soit à cause de ses traitements ou tout simplement à cause de l’âge, c’est que je me réveillais plusieurs fois dans la nuit, il m’arrivait même de rester longtemps dans la cuisine à lire ou à faire des mots fléchés, en attendant un nouveau cycle de sommeil. Ce qu’il y avait d’encore plus différent en cette nuit du 12 au 13 septembre, c’était que la mécanique de mon genou gauche était enrayée, et le bougre me le faisait bien sentir. D’abord j’avais cru à une mauvaise posture dans mon lit, mais le matin il fallait me rendre à l’évidence j’avais un sérieux problème. Il m’était impossible de plier ma jambe à 90° sans ressentir une douleur aigue dans le genou, à me faire hurler. J’essayais de ne pas trop me plaindre, mais il était bien difficile de cacher mes boitillements, et mes petites grimaces de douleurs à chaque mauvais mouvement.

Pourtant j’avais bien l’intention de me faire violence, je refusais en bloc un tour de cochon de cette putain de maladie. Peut-être s’agissait-il d’un effet secondaire à retardement ? Il fallait éviter de trop penser, mais difficile de ne pas penser quand la souffrance est là, et lancinante.

 

 

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La nature du regard

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Entre temps un vieillard à la peau décharnée était arrivé poussé dans un fauteuil roulant par un ambulancier. N avait prévenu  qu’il y avait une petite demi-heure d’attente. Discrètement et diplomatiquement en nous regardant d’abord brièvement dans les yeux, elle avait confirmé au couple de ‘’retraités indisciplinés’’ que le médecin recevrait ses patients strictement dans l’ordre stipulé à l’avance sur la liste. Je n’avais pas décelé dans leur regard le moindre signe de mauvaise humeur. Sans doute avaient-ils enfin compris qu’ils n’étaient pas seuls au monde.

Depuis notre arrivée j’avais eu le temps de remplir deux grilles de mots fléchés, je m’apprêtais à en entamer une autre lorsque nous fûmes appelés.

Nous étions accueillis toujours avec le même sourire, puis le médecin comme à l’habitude me regarda droit dans les yeux. Entre-temps le livre que mon interlocuteur m’avait prêté la fois précédente pour me donner des idées de nourritures adaptées à ma pathologie, et que Chantal venait de poser sur son bureau, nous fit dévier de ce qui aurait dû être notre conversation.

« Est-ce qu’il vous a été utile ? »

« Je m’attendais à des propositions de menus étalées sur plusieurs jours, mais en fait à part deux ou trois recettes avec des ingrédients que l’on a pas forcément l’habitude d’acheter, j’ai été un peu déçu. »

Le médecin feuilletait l’ouvrage sans dire un mot.

« En plus en fonction des différents effets secondaires, il faut supprimer tel ou tel apports de la recette, ce qui finit par ne plus rimer à rien. »

« Le gingembre par exemple lorsque l’on a des infections buccales ! » Le médecin sourit au terme de sa lecture.

« A remiser au placard »

Nous étions tous d’accord pour ne plus accorder davantage d’intérêts à ce livre. 

« Bon alors comment c’est passé ce cycle de traitement ? »

« Si en matière de cancer et de ses traitements ont peut parler de routine, comme à l’habitude. Je suis relativement tranquille pendant les deux premières semaines, et ensuite les ennuis commencent. »

« Toujours vos problèmes intestinaux ? »

« Les intestins, les brûlures d’estomac, la déglutition, et souvent le cœur qui s’associe à mes problèmes digestifs, rien de bien agréable à vivre. »

« J’imagine ! »

« Est-ce vous avez contacté vos collègues pour une éventuelle intervention par radiofréquences  sur la tumeur qui nous pose le plus de problèmes ? »

« Je vais être franc avec vous, je ne m’en suis pas occupé. Avec les vacances et l’absence à tour de rôle de mes confrères, j’attendais que l’équipe soit au complet pour en débattre. »

« Oui je comprends, j’attendrais encore un peu pour savoir. »

« Ne vous inquiétez pas c’est noté dans un coin de mon carnet, et je n’oublierai pas de soulever la question lors de notre prochain colloque. »

« Ma prise de sang ne me semble pas trop mauvaise, mais je m’inquiète pour le nombre de mes  plaquettes qui ne cessent de chuter. »

Mon interlocuteur tapota sur son ordinateur pour consulter mon dossier.

« Non, il n’y a rien d’alarmant, ne vous faîtes pas de soucis. »

Je n’osai pas lui dire que sa réponse ne me satisfaisait pas, car au rythme de la chute des ces plaquettes, j’étais persuadé qu’un jour il faudrait agir pour rétablir l’équilibre, et je voulais justement savoir de quel manière il opérerait pour y parvenir.

« Bon on continue ? »

« Je crains de ne pas avoir le choix ! »

« Je le crains également. »

En dehors du Sutent, je n’avais pas besoin qu’il m’établisse une longue liste de médicaments, car je n’avais pas utilisé la totalité de mon stock.

« Nous avons anticipés la date de votre rendez-vous pour le scanner, ce sera le 19 octobre en début d’après midi, suivra ensuite la consultation. »

N était entièrement vouée à notre cause, elle remplit le document de transport pour la sécurité sociale, et me remis la convocation aux CA pour l’examen, et celle au CAC de l’espoir pour mon entretien auprès du docteur R.

Il était temps pour nous de quitter les lieux. Le couple de ‘’retraités indisciplinés’’ était toujours assis au même endroit. L’homme me fixa dans les yeux sans que je sache vraiment la nature de ce regard.

L’atmosphère était lourde et à l’orage, les parkings n’avaient toujours pas désemplis, je quittais le CAC de l’espoir en essayant d’oublier que le 19 octobre, le cauchemar allait de nouveau recommencer. 

 

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Les vieux monsieur et dame  »indignes »

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Le 11 septembre 2001 avait été perpétré un gigantesque attentat contre la toute puissance des États-Unis d’Amérique. J’avais appris l’impensable nouvelle  sur mon lieu de travail, alors que je m’affairais face à mon écran d’ordinateur, à boucler le dossier d’une exportation de marchandise vers la Tunisie, pour le compte de l’un de nos gros clients. Onze ans plus tard, le monde occidental avait retenu la leçon de cette tragédie, mais c’était plutôt la crise économique mondiale qui faisait la une des journaux. Ce 11 septembre 2012, j’avais bien d’autres préoccupations que de regarder tourner la planète. J’étais assis à côté de Chantal, car la voiture nous conduisait vers une destination qui était hélas loin de m’être inconnue.

Sans trop savoir réellement pourquoi la nuit précédente avait été agitée, aussi le ronron du moteur me berçant, je n’étais pas loin de l’endormissement.  J’avais d’ailleurs un peu perdu la notion du temps, et nous arrivâmes sur le périphérique nantais plus vite que j’aurais pu me l’imaginer.

La météo qui avait malmené le printemps et le début de l’été avait en partie expié sa faute, et les pelouses arboraient une belle couleur jaune paille, preuve que le soleil et la chaleur avaient fini par accomplir leur œuvre.

Les vacances étaient terminées, les parkings bondés ne laissaient aucun doute à ce sujet, et nous ne pûmes pas faire autrement que d’occuper le seul emplacement qui restait libre, une place handicapée que je laissais dans la mesure du possible à la disposition des personnes à mobilité réduite, bien que je sois moi-même titulaire de la carte de stationnement.

L’enregistrement de mon arrivée par l’une des secrétaires de l’accueil fut effectué presque instantanément. N nous reçu avec son sourire habituel, nous n’avions pas oublié notre conversation de la dernière fois. Sa fille avait fait sa rentrée scolaire en pension dans un lycée de notre ville de résidence, aussi nous lui demandâmes si la séparation n’avait pas été trop difficile. Sept ans de visites continuelles nous avaient permis d’abattre la barrière qui sépare le malade du personnel médical, aussi nos rapports étaient comme à l’habitude très détendus loin de cette rigidité  qui met parfois le patient mal à l’aise, l’interdisant de s’exprimer pleinement sur les doutes et les angoisses qui l’assaillent.  

Le coin réservé aux consultations du couloir numéro 7 était complet, et en face de la salle d’attente, un couple de personnes un peu plus âgées que nous, occupaient deux chaises qui jouxtaient le bureau d’une infirmière auprès de laquelle ils avaient manifestement à faire. Leur conversation avec une tierce-personne pouvait être entendue de tous, tellement ils parlaient fort, hors cela ne les dérangeaient guère.

Nous avions donc appris que leur présence dans les lieux datait du matin et qu’après une batterie d’examens ils espéraient, bien que très en avance,  pouvoir passer rapidement auprès du docteur R, pour quitter au plus vite les lieux.

L’infirmière qui venait de prendre soin de l’homme, leur proposa de les conduire auprès de la secrétaire de l’oncologue pour justement solliciter ce rendez-vous avant l’heure.

De sa place Chantal pouvait surveiller si les malades dont la consultation précédait la mienne, avaient quitté le bureau du médecin. Justement le dernier d’entre eux avait disparu du couloir, et notre couple en quête d’un traitement de faveur avait pris la place sur les chaises adossées au cabinet de l’oncologue.

Le docteur R avait déjà une demi-heure de retard, et nous n’avions pas l’intention de poiroter davantage qu’à notre tour sur les lieux. Nous décidâmes de rallier le coin des consultations pour nous asseoir sur les chaises libres adossées au bureau du docteur B.

Nos ‘’intrigants’’ étaient toujours aussi bruyants, nous fûmes dans la confidence quand le mari eut envie de pisser. Chantal s’esclaffa discrètement lorsqu’il se leva pour rejoindre les toilettes et qu’il nous offrit un joli pet. Il ne restait plus qu’à la femme de téléphoner avec son portable (ce qui est rigoureusement interdit) pour prévenir haut et fort sa fille de venir les chercher.   

 

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Un mal pour un bien

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A mes très chers  parents Éliane et Eugène

 

Il reste une seule ressource : se souvenir, se recueillir. Là où on ne peut rien ‘’faire’’, on peut du moins ressentir inépuisablement.

                                                                                  Wladimir Yankélévitch

 

 

 Nous sommes ce que nous pensons. Tout ce que nous sommes résulte de nos pensées. Avec nos pensées, nous bâtissons notre monde »

 

                                                                       Bouddha

 

 

La pensée positive

 

- Réalisez que cela est possible, au lieu d’analyser pourquoi vous ne pouvez pas.
– Prenez conscience de votre dialogue intérieur.
– Ecrasez les pensées négatives comme des insectes,
– Remplacez-les par des pensées positives.
– Aimez ce que vous avez déjà.
– Soyez reconnaissants pour votre vie, vos talents, et pour les autres personnes.
– Tous les jours.
– Concentrez-vous sur ce que vous avez, et non sur ce que vous n’avez pas.
– Ne vous comparez pas aux autres,
– Mais soyez inspiré par eux.
– Acceptez la critique avec grâce,
– Mais ignorez les rabat-joies.
– Cherchez la bénédiction qui se cache derrière toute mauvaise chose
– Voyez l’échec comme un tremplin vers le succès.
– Entourez-vous de gens positifs.
– Plaignez vous moins, souriez plus.
– Imaginez vous déjà comme une personne positive,
– Puis devenez cette personne dans votre prochain acte
.

 

Comme le dit le proverbe, à quelque chose malheur est bon, et je suis persuadé que c’est la vérité, car je n’ai jamais rencontré durant ce parcours difficile de la maladie que du tout négatif, et j’espère bien que les choses continueront dans cette direction le plus longtemps possible. En ce samedi donc ma qualité de vie était sérieusement écornée par les effets secondaires d’un traitement on ne peut plus agressif, mais le côté positif de la situation c’était que je me sentais entouré de ma famille, et même s’ils ne pouvaient pas grand-chose pour soulager ma peine, ne pas me sentir psychologiquement tout seul dans la souffrance faisait naître un rayon de soleil dans la grisaille de la journée pourrie que j’étais en train de subir.

Il en va de mes journées comme de la météo, tantôt un anticyclone m’apporte un moment de répit, tantôt une dépression couvre ma vie de nuage. Cette période de turbulences avaient été de courte durée, car le lendemain quoique assez fatigué, je pouvais vaquer à mes occupations.

Justement mon 19ème cycle de chimiothérapie s’achevait le dimanche 26 août et je n’avais perdu que deux kilos, un exploit comparé au trois précédentes périodes. Le programme des semaines à suivre s’annonçait beaucoup plus attractif que le cercle infernal dans lequel la maladie n’avait de cesse de me ramener. Une semaine de vacances au bord de la grande bleue, avec en prime trois semaines consécutives durant lesquelles j’étais dispensé d’avaler ma ‘’poudre à récurer ‘‘ voila qui me donnait du baume au cœur.

1 septembre 2012, les bagages bien calés au fond du coffre de la voiture, nous étions fin prêts comme dit l’expression, à tailler la route. Notre voyage n’était pas bien long, mais est-il nécessaire de traverser des montagnes pour s’évader un peu de son quotidien. Notre destination différait des deux années précédentes. Malgré la réticence que j’avais de me projeter dans l’avenir, je m’étais fait violence, et nous avions convenu ainsi de louer un mobil-homme dans un petit coin sauvage de la côte vendéenne, plutôt que de retourner dans l’appartement sur front de mer que nous avait si gentiment prêté mon cousin en 2010 et 2011. L’avantage de la formule c’était l’espace qui nous était réservé, trois chambres et une grande terrasse abritée ce qui nous avait permis d’inviter mon fils aîné et sa petit famille à venir nous voir. L’inconvénient c’était que l’océan n’était pas à nos pieds, mais à un peu plus d’un kilomètre. Vivre dans un camping peut être source de convivialité mais peut très vite se révéler source de nuisances sonores lorsque la population devient trop importante. Pour notre bonheur nous étions installés dans un lieu quasi déserté mais encore suffisamment actif pour que nous ne nous sentions pas totalement isolés. Entre mer et soleil, entre silence et repos, entre sieste et lecture, entre balade et piscine, nous disposions d’un menu de choix pour nous sentir presque au paradis.   

Exempté de maux de ventre, de nausées, de céphalées, de vertiges, de palpitations, de reflux gastriques et de bien d’autres désagréments en tous genres, je n’avais pas connu une aussi grande sensation de plénitude depuis bien longtemps. Vivre une situation aussi favorable me donnait un regain d’optimisme, et je me laissais même aller à imaginer qu’une guérison et que la fin du cauchemar seraient pour bientôt.

Mais comme je l’ai exprimé maintes et maintes fois à travers ma plume, le temps passe à la vitesse d’un lièvre en course quand on voudrait qu’il avance à l’allure d’une tortue, et il avance à l’allure d’une tortue quand on voudrait qu’il passe à la vitesse d’un lièvre en course.

Le samedi 8 septembre au matin, nos valises et autres sacs de toutes sortes réintégraient le fond du coffre, ou une partie de la banquette arrière, il ne nous restait plus qu’à fermer la parenthèse, avant de quitter les lieux, pour nous replonger dès la semaine suivante dans les réalités de la vie. Dès le lundi le kiné m’attendait pour essayer d’apprivoiser mon bras qui me donnait bien du fil à retordre, et le mardi de la même semaine un petit tour à Nantes était également prévu au menu, avec très probablement confirmation d’une poursuite de mon traitement au Sutent, soit le 20ème cycle et programmation de mon 35ème scanner courant octobre, ou début novembre.

 

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Surprises, surprises

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Comme à l’habitude notre interlocuteur nous raccompagna dans le bureau d’à côté pour récupérer à l’imprimante les ordonnances de ma prise de sang mensuelle et de mon traitement, avant de les signer. 

N était toujours fidèle à son poste. Elle pointa son doigt dans la direction de la boîte de chocolats, et fixa d’un regard narquois, les yeux du médecin en lui disant tout bas : « Ils sont pour moi, na ! »

Monsieur R sourit à sa secrétaire et pris congé de nous. N s’affairait à présent à nous remplir un bon de transport, tandis qu’Olivier en bon samaritain était parti arpenter les couloirs du centre anticancéreux en quête d’un fauteuil-roulant pour un homme qui en avait bien besoin, son accompagnateur ne pouvant pas le laisser seul.

Mon rendez-vous intermédiaire était fixé au 11 septembre et comme le prochain scanner n’était pas encore programmé, j’étais bon pour le passer une fois de plus aux C A. 

Je ne sais plus très bien comment le sujet était arrivé dans la conversation, mais nous avions appris que la plus jeune des filles de N allait venir en internat dans un lycée de notre ville dans une section études qui n’existait pas sur Nantes. Nous lui  proposâmes nos services en cas de besoin, car elle paraissait assez paniqué d’abandonner sa progéniture dans un lieu inconnu.

Olivier avait pu rendre service aux parfaits inconnus installés dans la salle d’attente face au couloir no7, et le vieux monsieur disposait désormais pour se déplacer, d’un moyen adéquat à son handicap.

Nous quittâmes le second étage via l’ascenseur et nous prîmes ensuite rapidement  la route du retour. Olivier nous avait proposé d’enregistrer la réservation d’une ambulance pour notre prochain rendez-vous, cependant nous avions décidé de décliner son offre, en effet Chantal avait pris soin de noter point par point le trajet que nous avions emprunté pour nous rendre aux C A et ensuite de cette clinique au CAC de l’espoir, car malgré l’extrême gentillesse de notre accompagnateur nous aimions beaucoup notre indépendance, et nous avions l’intention les prochaines fois de nous débrouiller seul.

Les belles journées d’août ainsi que la période relativement chaude que nous avions subi avant la rentrée scolaire, nous donnaient l’espoir de passer début septembre un séjour à la mer des plus agréables. Justement à cause de ce séjour à la mer, mon rendez-vous avait été décalé d’une semaine, retardant par la même occasion la reprise de mon traitement. Lorsque nous nous rendîmes compte de l’anomalie,  nous téléphonâmes à Nantes.

« Je vais en toucher deux mots à monsieur R et je vous rappelle » Nous avait répondu N.

Plus tard nous avions eu confirmation que le docteur nous donnait le feu vert pour différer de huit jours le démarrage de ce nouveau cycle, ce qui n’était pas pour me déplaire.

En attendant il fallait rajouter dans le pilulier semainier les trois gélules journalières qui malgré tous les vilains désagréments  qu’elles me causaient, avaient quand même le très gros avantage de me maintenir en vie.

Le samedi 18 août soit à un jour de la fin de ma troisième semaine de traitement, mes organes digestifs s’associèrent à mon cœur pour reproduire un scénario similaire à celui du 14 juillet. Les mêmes causes entraînèrent les mêmes effets, et je fus donc condamner par le tribunal à rester au lit pour la journée entière.

Les programmes de la télévision n’avaient rien de bien attrayant, aussi l’ennui risquait de s’ajouter à l’incommodité ressenti au plus profond de mon corps.

Justement  l’occasion était trop belle,  pour remplacer mon magnétoscope tombé en désuétude, par un lecteur DVD des plus modernes, mes proches en avaient eu l’idée et étaient revenus de la ville pour m’en faire la surprise

 

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La baguette magique

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Il revint ensuite sur notre conversation inachevée de mon rendez-vous précédent. Il faut que je compare vos différents scanners, et que nous réfléchissions ensuite pour adopter la meilleure des solutions. Un long silence s’en était suivi.

« Je suis en train de m’user les yeux » nous dit-il en souriant.

Je n’étais pas franchement détendu, c’est moi qui avais déclenché tout cela, et à présent je le regrettais sensiblement.

« Du côté de la surrénale tout va bien. »

Je ne savais pas vraiment ce que voulais dire ce tout va bien, et je n’avais pas l’intention de pousser plus avant la conversation. 

« Bon concernant le bras, une intervention chirurgicale je dirais presque bénigne est possible. Pour ce qui est du ganglion situé entre l’aorte et la veine cave, l’opération sera plus délicate, car il est implanté très en profondeur. Mais bon il est tout à fait possible d’opérer. »

L’oncologue exposait un diagnostic purement technique qui ne prenait absolument pas en considération la sensibilité du malade. En même temps mon attitude des rendez-vous précédents l’avait sans doute conforté dans le fait qu’il me considérait suffisamment solide psychologiquement pour gérer la situation.

Tenter de réparer le moteur usé d’une voiture c’est une chose, tenter de réparer l’organisme défaillant d’un être humain en est une autre, mes expériences passées m’avaient permis d’en faire l’amère constatation, et si je l’avais un peu oublié, monsieur R venait de remettre brusquement le sujet, au goût du jour. 

Le médecin avait remarqué à ma mou déconfite, que je n’étais pas très chaud pour me faire triturer les entrailles.

« De toute façon, nous faisons les deux opérations où rien, car le but essentiel est que vous puissiez vous passer définitivement de la chimio »

« Définitivement ? »

« Si possible ou du moins le plus longtemps possible. »

L’exposé de la situation avait plombé l’ambiance. Je ne risquais pas de prendre une décision à la légère car  l’enjeu était de taille, pour un résultat qui était bien plus qu’incertain. Et ce n’était pas l’oncologue qui pouvait me contredire, car il y a longtemps que j’avais compris qu’en matière de cancérologie, le voyage est largement aussi risqué que celui de Christophe Colomb, navigant vers des terres inconnues.

Implicitement la discussion semblait être provisoirement suspendue. Il n’était pas question pour moi de prendre des dispositions immédiates, je m’accordais le temps de la réflexion. En attendant j’étais beaucoup plus rassuré de m’en tenir à ma  prise régulière de Sutent, même si l’exercice était parfois bien difficile à supporter, même si  j’étais bien incapable de savoir si mon corps allait pouvoir supporter pendant très longtemps un tel traumatisme, ou bien encore si le médicament allait garder indéfiniment son efficacité relative.

L’oncologue ne s’avoua pas vaincu et relança le débat.

« Il y a peut-être une autre solution. »

J’étais éberlué de constater avec quelle opiniâtreté mon interlocuteur cherchait coûte que coûte à avancer plus efficacement dans la lutte que nous menions contre ma maladie. 

« Puisque la chirurgie ne vous paraît pas une bonne option, une ablation par radiofréquence est peut-être possible. »

Face à mon regard étonné et interrogateur à la fois, le cancérologue poursuivit son speech.

« Guidé par les techniques d’imagerie, le médecin insère une aiguille fine à travers la peau et dans la tumeur. À haute fréquence de l’énergie électrique délivrée par cette aiguille chauffe et détruit la tumeur. Quelques mois après l’intervention, les cellules mortes se transforment en une cicatrice inoffensive. Oui mais, car il y a un mais, je ne sais pas si cette technique peut s’appliquer pour les métastases rénales. Je vais en parler avec mes collègues, et je vous tiendrais au courant la prochaine fois. »

« Sinon vous avez peut-être une baguette magique dans votre tiroir, il n’est pas interdit de croire aux miracles. »

« Je vais la chercher je vous le promets, et dès que je la trouve je vous appelle. »

 

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