Balade automnale et autres menus déplaisirs

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Le jardin de la cure

 

Mes chers parents,

Si le ciel était du papier, et si toutes les mers du monde étaient de l’encre, ils ne suffiraient pas pour que je vous décrive ma souffrance et tout ce qui se passe autour de moi.

 

                                                                                                          Chaïm

 

Des prières ! Que des prières ! Y a-t-il des archives monumentales au  paradis (où en enfer) où  sont consignées ces milliards de prières de suppliques sans espoir ? Prières oubliées dans des dossiers et enfouies sous la poussière.

 

Zarah Ghahramani

 

Où est cette terre sur laquelle le désespoir ne gouverne pas nos cœurs ?

 

Après ma séance de kiné du lundi, et mon entretien avec le cancérologue du mardi, j’avais le plaisir le jour suivant de consacrer mon  temps à autre chose qu’à la maladie et à ses conséquences. Le 12 septembre nous étions donc invités à déjeuner chez une amie, et nous avions la chance de profiter d’une belle journée, aussi comme nous avions coutume de le faire à chaque fois que nous organisions ensemble ces petites réunions, nous partîmes marcher au bord de la Sèvre-Nantaise. Implanté sur un terrain pentu les jardins de la cure nouvellement inaugurés après une belle restauration, méritaient bien le détour. Les nombreuses marches auraient été une véritable épreuve pour mon cœur, si elles avaient été à gravir, par chance nous ne faisions que les descendre pour rejoindre beaucoup plus bas, le lit de la rivière.

Je ne sais pas très bien pourquoi, sinon que par étourderie, j’avais chaussé le matin même des sabots qui je vous le concède, ne sont pas appropriés pour des escapades en terrains escarpés. En fait lorsque nous atteignîmes le sentier caillouteux qui dévalait la pente, malgré ma canne, je n’avais de cesse de retenir le poids de mon corps, pour ne pas glisser et tomber. En même temps j’étais plutôt gauche dans mes mouvements, car il fallait faire en plus un effort surhumain pour ne pas perdre mes sabots. Nous avions poursuivi notre chemin sur un terrain plus plat, puis ensuite nous avions grimpé de nouveau afin de rejoindre la ville. Je n’étais pas fatigué lorsque notre boucle fut  bouclée. Les très nombreuses marches que j’avais l’habitude de faire depuis que j’avais cessé toute activité professionnelle, m’avaient permis d’acquérir de la résistance, même si dans un environnement accidenté, le manque de souffle me rappelait à l’ordre, en me ramenant à ma condition de malade. J’étais donc plutôt content de notre après-midi, et nous envisagions même de reprogrammer une nouvelle journée pour agrandir notre parcours. J’étais doublement satisfait, car je bénéficiais de cette semaine supplémentaire sans Sutent, ce qui prolongeait d’autant le plaisir de ne pas se sentir patraque à longueur de journées. Le soir en me couchant, j’étais loin de mesurer l’impact que cette balade aurait sur mon état de santé, les deux jours suivants.

Me laisser tomber dans les bras de Morphée n’était pas un problème majeur, ce qui avait changé soit à cause de la maladie, soit à cause de ses traitements ou tout simplement à cause de l’âge, c’est que je me réveillais plusieurs fois dans la nuit, il m’arrivait même de rester longtemps dans la cuisine à lire ou à faire des mots fléchés, en attendant un nouveau cycle de sommeil. Ce qu’il y avait d’encore plus différent en cette nuit du 12 au 13 septembre, c’était que la mécanique de mon genou gauche était enrayée, et le bougre me le faisait bien sentir. D’abord j’avais cru à une mauvaise posture dans mon lit, mais le matin il fallait me rendre à l’évidence j’avais un sérieux problème. Il m’était impossible de plier ma jambe à 90° sans ressentir une douleur aigue dans le genou, à me faire hurler. J’essayais de ne pas trop me plaindre, mais il était bien difficile de cacher mes boitillements, et mes petites grimaces de douleurs à chaque mauvais mouvement.

Pourtant j’avais bien l’intention de me faire violence, je refusais en bloc un tour de cochon de cette putain de maladie. Peut-être s’agissait-il d’un effet secondaire à retardement ? Il fallait éviter de trop penser, mais difficile de ne pas penser quand la souffrance est là, et lancinante.

 

 

mal-de-genou dans Cancer du rein



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