La satisfaction pour plus tard

La satisfaction pour plus tard dans Cancer du rein animal-sauvage

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La souffrance, bien souvent, ressemble à un animal sauvage. Le dompteur de lion y va avec précaution. Il ne fait pas de faux mouvements. Il respecte la bête devant lui. Il compose avec elle. Ainsi en est-il de la souffrance. Elle se dresse devant soi avec toute son arrogance, et personne ne la mâte en crânant. La tentation est forte de sortir de la cage et de fuir, mais la souffrance ne se fuit pas. Elle s’accroche, elle s’agrippe comme une sangsue. Quiconque veut maîtriser la souffrance, doit se résoudre à demeurer devant elle, à la fixer du regard. Le regard qui change la souffrance, mais surtout le regard qui change lui-même, en se portant sur la souffrance. Essayer de comprendre, chercher un sens à ce qui n’en a pas en soi. Plus globalement découvrir le prix de la vie.  

 

Samedi 6 octobre une journée qui ressemblait comme une sœur à celles du 14 juillet et du 18 août, sauf que cette fois seul mon cœur avait décidé de foutre le bordel. Avec une tension à 15.9 malgré les médicaments et un pouls atteignant  les 140 pulsations minutes, je sentais mon cerveau ballotée comme du linge dans le tambour d’une machine à laver, une fois dans un sens, une fois dans l’autre sens.  Comme à l’habitude ma nuit n’avait pas été folichonne et la crise s’était déclenchée à mon levé. Il avait fallu faire un effort surhumain pour faire une toilette succincte et pour m’habiller avant de m’affaler dans le canapé, en attendant que la tempête se calme. Personne autour de moi ne s’émouvait en observant ‘’le tableau’’, ma famille était beaucoup plus surprise lorsqu’elle me découvrait au levée du lit en pleine forme, que l’inverse. J’avais fait la remarque à Chantal que mon cœur battait à 140, elle me répondit que l’essentiel c’était qu’il batte. La remarque ne me blessait en aucune façon, j’aurais même eu envie d’en rire, mais j’en bavais beaucoup trop pour m’exécuter. L’arythmie cardiaque faisait partie de notre environnement et à priori le médecin ne m’avait pas laissé entendre que je pouvais en mourir, aussi nous préférions ranger notre inquiétude au fond d’un placard, car le moment de l’en ressortir arriverait bien assez tôt.

Comme à toutes les fois que mon ‘’palpitant’’ méritait le bonnet d’âne pour avoir perturbé le cours, il me fallait le reste de la journée pour me remettre de son insubordination. Tous les symptômes ressentis durant la durée des troubles, n’avaient pas totalement disparu. Impression de gêne au thorax, petites palpitations, essoufflements, et surtout immense fatigue entravaient mes projets pour la journée. Je dus me faire violence pour prendre ma canne et emprunter le chemin caillouteux qui me conduisait à l’intérieur de la forêt, dans l’objectif d’effectuer ma balade quotidienne. Il fallait bien que ce soit pour relever le défi de ne pas plier, ou en tout cas le moins souvent possible, devant les difficultés de la maladie, pour que je me retrouve au milieu de dame nature dans le contexte du moment, car à l’évidence je ne prenais aucun goût à me faire du mal. La satisfaction d’avoir ‘’vaincu’’ viendrait plus tard.

 

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