La mégère non apprivoisée

 

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Notre grand tourment dans l’existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls, et tous nos efforts, tous nos actes, ne tendent qu’à fuir cette solitude.

                                                                                              Maupassant

Les affaires humaines sont parfois le jouet du hasard, et le plus habile des hommes, ne peut envisager les caprices du sort. L’échec de son entreprise est l’un de ces coups que la sagesse humaine ne serait prévoir.

                                                                                              Inconnu

 

Mercredi 14 novembre, de la fenêtre de ma cuisine, enfoui dans un petit brouillard matinal je devinais le sommet de la Tour Nation. Ce  spectacle était sans conteste le reflet de mon état d’esprit, lui aussi embrumé depuis quelques temps. J’en étais à ma troisième semaine de traitement et je commençais à ressentir les premiers signes de rébellion de mes intestins.

Mon petit déjeuner était déjà loin, mes phases de nuits perturbées, semblaient vouloir s’accélérer, et les heures sans sommeil, avaient tendance à se multiplier. Cette nuit d’automne presque hivernal, n’avait pas dérogé à la règle. Entre trois heures et six heures du matin, je n’avais pas fermé l’œil, alors forcément je n’étais guère inspiré en parcourant des yeux mon quotidien, ma fatigue étant bien réelle. Depuis un petit laps de temps, j’avais appris à ne pas insister lorsque Morphée se détournait de moi. Pour éviter de laisser libre cours à mes pensées funestes, je préférais me lever, avaler un bol de café bien chaud, et entamer ou poursuivre la lecture d’un bouquin. Généralement la lassitude finissait toujours par regagner du terrain. Cette fois l’exercice qui d’ordinaire me réussissait si bien, comportaient quelques lacunes, et malgré une nouvelle tentative, j’étais resté désespérément sans sommeil, aussi avais-je décidé de me lever définitivement.

Il faut dire que le terrain ne s’y prêtait guère. Telles des feuilles de papier éparpillées sur un bureau, les images de la sépulture de mon cousin hantaient sans cesse mon cerveau de manière désordonnée. Je ne trouvais cependant pas l’énergie nécessaire pour mettre un terme à cette pagaille, afin d’être une fois pour toute clean dans mes idées. Ce décès m’avait profondément perturbé, il fallait laisser le temps au temps pour qu’il me permette de retrouver un peu de ma sérénité envolée.

Pour l’heure retrouver ma paix intérieure n’était pas d’actualité, j’étais au contraire assailli par le regret de ne pas être intervenu durant la cérémonie d’adieu. J’avais tellement de choses à dire, mais voilà, l’émotion était trop forte, et mon hypersensibilité n’y aurait pas résisté.  Alors le discours que j’aurais aimé tenir, passait en boucle dans ma tête en même temps que les images associées, sans que je puisse faire quelque chose pour les arrêter. 

De même que le sous-sol de notre planète s’épuise, à force d’en extraire nos différentes sources d’énergie, mes capacités à rebondir face aux multiples et féroces agressivités de la vie  devenaient bigrement délicates à dénicher, et même en voulant prospecter jusqu’au plus profond de moi. A force de tirer la ficelle, elle finirait bien par se rompre un jour, et même si j’en étais pas encore là, je sentais l’environnement actuel peut favorable pour accorder à mon esprit chahuté,  un long répit. Des nouvelles inquiétantes sur la santé d’un nouveau malade de ma connaissance me parvenaient régulièrement et la tendance à l’aggravation semblait s’établir, confirmant ainsi que les vents mauvais qui soufflaient dans ma direction, n’auguraient pas l’arrivée prochaine d’un beau ciel bleu.

En huit temps de vie commune j’avais appris à connaître la maladie. La mégère n’était pas apprivoisée, et ne se rassasiait jamais de ses ‘’conquêtes’’. Elle continuait donc sans relâche à élargir sans trop d’efforts sa palette, en s’octroyant un nombre toujours plus grand, de nouvelles proies. Elles existaient sans aucun doute mais pas dans mon entourage immédiat, pourtant j’aurais bien aimé constater quelques unes de ses cinglantes défaites, pour les graver dans ma mémoire afin de stimuler mon propre combat quand le besoin s’en ferait sentir. Malheureusement le tableau de chasse de la mégère se remplissait inexorablement sans que rien ni personne ne puisse réellement lui barrer définitivement la route.  J’en faisais l’amer constat, à chaque fois que je me rendais au CAC de l’espoir et que je ne reconnaissais plus aucun des patients qui avaient partagé la même salle d’attente et la même pathologie que moi durant les premières années de ma descente aux enfers. D’autres les avaient remplacés, et je n’avais pas besoin d’être devin pour comprendre le sort qui leur avait été réservé.  

 

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