L’effrayant nom populaire

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Ainsi donc le crabe, nom populaire effrayant donné au vilain petit lutin, avait triomphé une fois de plus,  de l’une des ses nombreuses proies,  en  l’anéantissant comme il le faisait avec toujours autant de succès, entre ses pinces acérées.  Rendez-vous était pris pour conduire le décédé comme dit l’expression, à sa dernière demeure.

Samedi 1er décembre, il fallait partir assez tôt car nous avions presque trois quart d’heure de route, et je n’avais pas l’intention d’assister à la messe debout, sachant qu’il y aurait sûrement énormément de monde pour assister la famille. L’automne n’en finissait pas de couvrir de cendre, la couleur ordinairement bleue du ciel. Nous traversions de grands espaces agricoles où les terres étaient encore gorgées d’eau des pluies abondantes du mois d’octobre. L’humidité de l’air ambiant ne m’aidait pas à réchauffer mon corps beaucoup trop frileux depuis la maladie. J’étais habillé le plus chaudement possible car depuis quelques jours des gelées blanches couvraient la campagne le matin, et la météo ne prévoyait un radoucissement provisoire que pour le lendemain, je savais donc que le froid retomberait très vite dans la soirée.

L’abbatiale implantée sur le Mont-Glonne, dominait la Loire à très bonne hauteur. De l’esplanade, accoudé au rempart de protection, le vent me soufflait en pleine face, et mes yeux gonflés par un œdème post chimiothérapie, se remplissaient de larmes, que j’avais bien du mal à assécher. Ce même vent bien qu’il ne soit pas très violent, trouvait quand même la force de me transpercer les os, et de me glacer le sang. Nous étions très en avance, mais nous décidâmes de nous mettre à l’abri. 

Une cérémonie de sépulture allait une nouvelle fois rassembler famille endeuillée et amis devant le sourire sadique du vilain petit lutin fier de contempler une fois de plus  son œuvre de destruction massive.

Pour de nombreuses raisons, je m’étais éloigné quelque peu des églises, mais l’apparition de la maladie avait entrainé le besoin de m’interroger sur le pourquoi de mon existence. Forcément lorsque la mort frappe à votre porte, le matérialisme passe au second plan, voir même carrément à la trappe. Bien des choses vous paraissent alors tellement plus dignes d’intérêts, vous regrettez simplement de vous en rendre compte trop tard, aussi vous nous voulez pas perdre une miette du temps qu’il vous reste à vivre, pour en profiter.

Ces évènements aussi douloureux qu’ils soient, me donnaient donc l’occasion de renouer avec une certaine forme de spiritualité. Bien que le fossé qui me séparait des milieux ecclésiastiques était immense, je ne désespérais pas que ces mêmes ecclésiastiques soient capables un jour de m’aider à retrouver le chemin de cette foi qui me manquait tant. Pour l’heure ce n’était pas le discours peu convainquant du prêtre qui ramènerait la brebis égarée, au bercail, encore moins l’intolérance qui continuait à perdurer dans les idées archaïques énoncées via les médias, par les officiers subalternes du Vatican. Je savais bien que conviction et église étaient deux choses totalement différentes, et que trouver le chemin de la foi, était une affaire personnelle,  mais j’avais été élevé dans l’esprit du christianisme source de vérité. Aussi lorsque j’avais compris que les religieux n’étaient que des hommes ni meilleurs ni pires que les autres, lorsque j’avais compris que l’interprétation des évangiles pouvaient différencier d’une personne à l’autre, et que cette interprétation pouvait varier avec le temps, lorsque j’avais compris que la religion pouvait diriger des foules dans un sens ou dans un autre, autrement dit qu’elle pouvait servir à des fins politiques, lorsque j’avais compris que les croyances bornées pouvaient engendrer la haine, lorsque au fil du temps j’avais compris que bon nombre d’exemples de contrevérité fleurissaient autour de moi, ma foi que j’identifiais jusqu’alors aux idées reçues, avait fini pas vaciller au point que l’incrédulité s’était immiscée dans mes pensées, et que j’avais à présent bien du travail a effectuer sur moi-même pour apercevoir de nouveau la lumière. 

J’en étais là de mes réflexions, lorsque les odeurs d’encens qui m’incommodaient quelque peu me ramenèrent au milieu des fidèles. L’église archipleine allait voir défiler toutes les personnes jusqu’à hauteur du cercueil en guise de dernier hommage au défunt. Il n’y avait pas moins d’une trentaine de gerbes déposées au pied de l’autel. J’étais toujours un peu interrogateur quand je constatais ces fortunes dépensées pour quelqu’un qui en n’avait pas besoin, alors qu’il y avait autour de nous, tant de misère, mais bon il y avait longtemps que le monde marchait sur la tête, et ce n’était sûrement pas moi qui serait capable de le redresser. 

Le cimetière était situé à une centaine de mètres de l’abbatiale, et nous étions encore une cinquantaine de personnes à suivre en silence le corbillard. Pour pouvoir exister, l’automne avait dû céder à la nuit quelques heures de sa clarté, aussi les différents rites funéraires achevés, nous décidâmes de ne pas nous attarder, il faisait vraiment trop froid, et la tombée précoce du crépuscule ne faisait qu’aggraver le phénomène. En fait j’étais surtout soulagé de quitter enfin cet univers glauque et terriblement pesant qui reflétait que trop bien dans le miroir, ma condition d’humain mortel, image redoutable, que  les bien-portants n’étaient pas encore préparés à regarder en face. Retrouver l’ambiance familiale, là où se situait le cœur de la motivation de mon combat, voilà ce qui me faisait également presser le pas.

 

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