Performance sportive et mentale

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Paradoxalement si cette nouvelle épreuve m’avait bien chamboulé, la charge émotionnelle emprisonnée au fond de moi ne m’avait pas empêché de dormir, mieux encore et sans doute à cause de la fatigue accumulée par trop de nuits sans sommeil, je ne m’étais réveillé le dimanche matin qu’à l’heure fixée pour notre lever, sachant que nous partions ensuite en ‘’randonnée’’

Comme je l’ai signalé précédemment, cette période correspondait à la phase de repos entre mon 21ème et 22ème cycle de Sutent, Avec 92% des effets secondaires en moins, il m’était plus facile d’adapter mes activités de plein-air,  avec celles d’une population dite en bonne santé. Depuis de nombreuses années le périphérique de Cholet est fermé à la circulation le premier dimanche de décembre, pour donner à la population locale la possibilité de faire un peu de sport en famille. Il y avait longtemps que je n’avais pas participé à cette manifestation conviviale, cette fois je me sentais d’humeur d’affronter le challenge.

Il y avait une autre raison pour laquelle ma motivation était à son summum, ce 2 décembre correspondait jour pour jour à ce jeudi noir de l’année 2004, où l’échographie prescrite par mon généraliste, à cause d’une rate qu’il avait jugé un peu grosse, avait fait basculer notre famille dans un puits noir et sans fond. Mon ventre gonflé n’était pas à imputer à ma rate malade, mais à mon rein gauche gangréné par le cancer. Le diagnostic m’avait fait l’effet d’un parachutage complètement hors du temps, au milieu de nulle part, dans une autre galaxie. L’aventure pour retrouver la lumière du jour durait depuis 8 ans, beaucoup d’autres n’avaient pas cette chance que le destin dans ‘’son immense bonté’’ avait bien voulu m’accorder. Aussi était-il important que je me confronte à cette marche de 14 km, simplement pour me sentir de nouveau vivant.

Certes j’étais habitué à ce genre d’effort, mais dans un état esprit totalement différent. Mes sorties de l’après-midi correspondaient majoritairement à des périodes difficiles et il fallait adapter ces activités physiques à la réalité du moment. J’avais donc besoin de repères pour me rassurer, aussi la campagne et la forêt en solitaire étaient les meilleurs endroits pour que ma volonté de passer outre mes différents problèmes liés aux effets secondaires puisse s’exercer, afin d’être le plus souvent possible récompensé de cette opiniâtreté. Mes balades s’effectuaient toujours à pas lents, elles étaient ponctuées par des petits moments de repos, et se transformaient souvent en une sorte de voyage initiatique. Depuis quelques temps un petit carnet m’accompagnait pour que je note noir sur blanc les pensées qui me trottaient dans la tête, lorsque les paysages traversés étaient propices à la méditation. 

A 9 heures précises les organisateurs avaient levé la barrière et une horde d’environ trois mille personnes s’était élancée sur un ruban d’asphalte confisqué à la voracité des automobilistes, l’espace d’un petit moment. J’avais la détermination malgré mon risque d’handicap de me noyer dans la foule, pourtant l’appréhension n’était pas inexistante, d’autant que le parcours commençait par une montée, ce que je redoutais le plus. Le pont qui enjambait le Moine, était sûrement la plus grosse difficulté de mon itinéraire, et mon cœur ne se privait pas de me le faire savoir. D’emblée je savais que j’allais être un boulet pour les autres, (des amis nous accompagnaient) et j’avais proposé au groupe de ne pas s’occupé de moi et de marcher à son rythme. L’important était de ne pas s’écouter en espérant pouvoir récupérer rapidement sur terrain plat. Mes intestins me foutaient une paix royale depuis l’arrêt de ma chimio, ou du moins lorsqu’ils se manifestaient je restais maître à bord, c’était une des principales raisons pour laquelle je n’avais pas hésité à me jeter dans la foule. Par contre ce que je craignais surtout, c’était ces petits malaises que je n’arrivais pas à comprendre, et donc à expliquer au médecin,  aussi j’avais bien du mal à faire en sorte de les éviter. Ces troubles avaient lieu très majoritairement le matin, et commençaient généralement par un petit chatouillement au creux du ventre, puis des spasmes nerveux me parcouraient tout le corps, et enfin je sentais la chaleur me monter au visage. J’avais l’impression d’être rouge comme un coq, et Chantal qui avait été témoin plusieurs fois de ces crises, me disait au contraire que j’étais pâle comme un mort.  Dans ces moments là j’avais l’impression que manger atténuerait le phénomène, aussi je ne m’en privais pas. Justement j’avais sur moi un paquet d’abricots secs, pour parer à toutes éventualités, moyen comme un autre de me rassurer.

La froidure du temps de la veille avait laissé la place à une très relative douceur, mais le ciel était chargé de nuages qui laissaient échapper de temps en temps quelques gouttes de pluie. Nous n’étions pas équipés pour affronter une éventuelle aggravation de la situation, mais de toute façon, il était trop tard pour reculer.

Comme je l’ai écrit précédemment, mes balades de tous les jours n’avaient rien à voir avec le rythme soutenu de ce périple dominical, mais je n’avais  pas le choix car mon temps était limité, si je voulais espérer arriver aux alentours de midi. Pourtant je n’allais sûrement pas assez vite car régulièrement j’étais doublé par des petites équipes de marcheurs qui nous faisaient entendre lors de leurs discussions des petites bribes de leur histoire personnelle. Je dis nous, car Eliane était restée à mes côtés, et mon ami Joël nous attendait cycliquement avant de reprendre ensuite l’avantage souvent, emporté par l’élan d’une discussion qu’il avait avec l’une ou l’autre personne de sa connaissance, rencontrée au hasard du chemin.

A mis parcours j’aurais été terriblement déçu de devoir prendre la navette qui était prévue pour ceux qui avaient décidé de ne pas poursuivre. J’avais cru un moment voir apparaître un semblant de malaise, je m’étais précipité sur mes abricots secs pour stopper cette sensation, qui n’était peut-être d’ailleurs que psychologique, mais à présent après avoir bu un bon café bien chaud, je constatais que ma motivation  était toujours aussi présente.  

Le contact était beaucoup plus dur sur l’asphalte que sur les sentiers de campagne, aussi je sentais mes dessous de pieds me brûler un peu. Par contre mon cœur avait réellement décidé de me donner carte blanche, et je lui en étais reconnaissant. J’avais jugé possible de prendre le risque d’affronter la foule, et j’avais bien eu raison de le faire, car mes intestins ne me trahissaient pas non plus, et c’était tant mieux, car l’inverse m’aurait posé un véritable problème de ‘’logistique’’.

Pas à pas tandis que les aiguilles de l’horloge s’approchaient inexorablement de l’heure de midi, ma machine corporelle semblait être de mieux en mieux rodée. L’exercice m’avait réchauffé les muscles, et du coup je souffrais d’être un peu d’être trop couvert. J’étais parti parmi les premiers participants, j’arrivais parmi les derniers, mais le test que je venais d’effectuer, me prouvait que j’avais encore quelques belles facultés, en matière de résistance physique. 

 

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