La sonnerie du téléphone

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Jusqu’à ce que cette sonnerie du téléphone ne brouille complètement les cartes, j’avais toujours cru que le docteur D appartenait à l’équipe médicale du CAC de l’espoir, mais sa secrétaire R m’avait donné le coup de massue, en me précisant que mon hospitalisation aurait lieu au CHD, loin de tous mes repères. Je ne connaissais cet établissement que de nom, mais je n’y avais jamais mis les pieds. Pour ne pas rajouter du stress au stress, j’avais décidé de faire appel aux services de transports sanitaires, mais comme j’étais hospitalisé durant deux jours, Chantal ne pouvait pas m’accompagner à moins de prendre le train pour le retour. Nous avions donc convenu qu’elle me laisserait partir seul, car pour un délai aussi court j’étais capable de me comporter comme un adulte, ce qui simplifierait considérablement les choses.

L’ambulancier était une nouvelle tête, la société ne comptait pas moins de soixante dix personnes, mais malgré mes très nombreuses escapades en terre nantaise, tous n’avaient pas eu l’occasion de m’accompagner. L’homme était plutôt loquace, et ça tombait bien, car j’avais bien besoin de ne pas sombrer dans le silence. Aussi à la faveur d’une conversation riche, et variée, nous eûmes tôt fait d’atteindre le périphérique et de sortir à la  Porte A, pour rallier le centre de Nantes. L’atmosphère oppressante générée par un trop grand nombre de voitures polluantes, et par l’omniprésence de l’asphalte et du béton ne m’aidait pas à retrouver un mode un peu plus apaisé que ces derniers jours, bien au contraire. Après quelques minutes d’attente à hauteur de la barrière d’entrée, nous pénétrâmes sur un parking étroit en forme de U épousant ainsi la configuration architecturale de l’hôpital. Comme je le redoutais l’endroit était vieux, gris et sinistre. Il fallait se bagarrer pour trouver de la place, car les ambulances arrivaient sans interruption, pour venir chercher, ou déposer les malades ayant fait appel à leurs services. Les visiteurs, ou plutôt le personnel des lieux, disposaient d’un parc de stationnement en sous sol qui ne devait sûrement pas être moins encombré.

Devant le gigantisme des bâtiments, je me laissais guider comme un petit enfant accompagné de ses parents, par un équipier qui en n’était pas à se première entrée de patient. Il me conduisit rapidement et sans hésitation au service des admissions, en m’invitant à prendre un ticket d’attente. Très vite mon numéro s’afficha au tableau malgré le nombre impressionnant de personnes qui occupaient les lieux. Même si le décor n’était pas celui du hall moderne du CAC de l’espoir, je connaissais la procédure par cœur, et il ne manquait rien dans mes papiers qui puissent poser un problème quelconque. Tout le travail de l’hôtesse se fit en silence, après quoi mon guide me demanda de lui indiquer l’adresse du service dans lequel il devait me conduire. Ma convocation stipulait de me présenter en MPU 2, 5ème étage, aile sud, nous y arrivâmes par l’ascenseur prévu à cet effet, et nous nous adressâmes au local des infirmières pour signaler notre présence.  Un homme tapota sur le clavier de l’ordinateur, puis nous indiqua le numéro de ma chambre sans prendre le soin de nous y emmener.

C’était la première fois, alors que j’avais effectué pas mal de séjours dans les hôpitaux, que je me sentais aussi mal accueilli. La chambre était vide, mais le lit d’à côté était défait, aussi je savais d’or et déjà que je ne serais pas seul durant ces deux jours.

Mon accompagnateur avait terminé sa mission, et il n’avait pas la moindre minute supplémentaire à m’accorder, il sortit donc après avoir pris congé, en m’abandonnant avec mon sac, et mes incertitudes. Ce fut à ce moment là que le silence se fit pesant.

Naufragé sur mon radeau au milieu de l’océan, il ne fallait pas que je laisse la moindre chance à mon mental de se consumer davantage, j’avais dans mes bagages suffisamment de jeux et de livres pour parer à cette éventualité. Le principal de mes boulots serait de m’armer de patience, d’emblée je décidai donc d’attaquer une grille de mots fléchés pour contrecarrer l’ennui qui ne manquerait pas de se manifester, si je restais inactif.

 

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