Biopsie tumorale pas bon pour le moral bis.

 

Biopsie tumorale pas bon pour le moral bis.  dans Cancer du rein cauchemar-3cauchemar dans Cancer du rein

« Ça va monsieur ? Pour rendre notre geste le plus sûr, nous sommes occupés à cibler très précisément l’endroit de pénétration de l’aiguille, et je crois bien que nous avons trouvé. » Effectivement avec un marqueur, la petite et gentille rouquine traça un cercle sur mon flan droit, un peut au dessus de la hanche.

« Je vais désinfecter la zone, ça va être un peu froid. »

C’était bien froid assurément, car je sursautai au moment de l’application du produit.

Ensuite elle posa un champ opératoire adhésif avant de laisser la place au grand boss.

A ce stade de l’intervention je n’avais pas encore vu le professeur D, il arrivait ‘’en vedette’’  après que son équipe lui ait préparé le terrain. De la manière que j’étais positionné je ne pouvais entendre que sa voix, et comme il ne vint pas me saluer, je me préparai à être manipulé par un parfait inconnu. L’homme se positionna à ma droite, à hauteur de ma hanche, face à son écran de contrôle. A partir de ce moment là, plus personne ne s’intéressa à autres choses qu’à ma récalcitrante métastase. Pourtant j’aurais bien eu besoin de réconfort, et de quelqu’un à mes côtés pour m’expliquer point par point ce qui était en train de m’arriver, car je flippais à mort.   L’ambiance ressemblait  à celle des séries TV hospitalières, sauf que je n’étais pas le spectateur assis confortablement dans son fauteuil, mais l’acteur dans le rôle du malade, de ce qui n’était pas malheureusement de la fiction.

« Vous allez  ressentir une petite douleur due à la piqûre, c’est désagréable, mais l’anesthésie produira ses effets immédiatement. »

C’était la première fois que mon médecin fantôme m’adressait la parole, et malgré une gymnastique des yeux, mon champ de vision était considérablement réduit, et j’étais incapable de le distinguer correctement. De toute façon avec son chapeau de chirurgie et son masque l’homme aurait été totalement in identifiable. 

L’équipe gravitait autour de moi, comme des mécaniciens autour d’un véhicule, je priais pour maîtriser mon angoisse, car si je perdais mon sang froid, je risquais de faire capoter l’examen, on me l’avait expressément fait comprendre. Heureusement il me restait suffisamment de fierté pour ne pas passer pour un poltron, aussi je serais les dents en me persuadant que le plus dur serait bientôt passé.  

Si je n’avais pas senti l’aiguille me pénétrer la chair, à présent je percevais nettement sa trajectoire à l’intérieur de mon corps, c’était une sensation nouvelle qui n’avait rien de très attrayant. Je ne savais pas si j’étais autorisé à dialoguer durant l’intervention, en même temps j’avais peur de déranger l’équipe dans son travail. Professeur et assistants se parlaient entre eux dans des termes qui s’apparentaient pour moi à du chinois, ce qui m’effrayait quelque peu, car ne maîtrisant absolument pas le sujet, j’avais l’impression que l’on me cachait des choses. N’y tenant plus, je finis par prendre la parole, avec de petites contractions dans ma voix.

« Est-ce que tout va bien ? »

« Oui monsieur, j’en suis à mi-parcours. »

La réponse ne me satisfaisait guère, car il devenait psychologiquement difficile à supporter qu’un élément étranger se ballade entre mes viscères. J’essayais tant bien que mal de contenir mon impatience, mais le praticien percevait sans nul doute mon extrême nervosité.

« Je suis en train de traverser la partie la plus délicate de l’intervention entre la veine cave et l’aorte, et la tumeur n’est plus très loin. Ne vous en faites pas ça va bien se passer. »

Je retenais mon souffle et je serrais les dents, je voulais chasser de mon esprit cette impression de contrôler de moins en moins la situation.

« Voilà j’ai atteint la tumeur, je vais pénétrer à l’intérieur. »

Il n’avait pas besoin de me le dire, je sentis un violent picotement qui me fit sursauter, et grimacer de douleur. Crispé de la tête aux pieds, je voyais enfin venir le bout du tunnel, car l’aiguille effectuait le chemin à l’inverse.

« C’est terminé monsieur, nous avons la grosseur d’échantillon nécessaire pour effectuer une analyse fiable. »

Une assistante m’appliqua un pansement sur la petite incision causée par l’aiguille, tandis que le professeur se débarrassait de sa blouse, de son masque et de son chapeau, en les jetant dans le bac prévu à cet effet, puis s’esquiva aussitôt. Je pus distinguer la scène, car je n’avais plus l’obligation d’être immobile.  La même assistante m’invita à me retourner sur le dos, puis à basculer de la table d’examen à mon lit.

« Je ne vais pas vous libérer de votre perfusion, car vous avez besoin de vous réhydrater. »

Elle recouvrit mon corps de l’unique drap que j’avais en ma possession pour me tenir au chaud, puis d’un geste de la main invita son collègue à la rejoindre, pour l’aider à me pousser dans le vestibule. La cinquantaine bien passée, les cheveux grisonnant, le professeur D m’aborda avant que je ne quitte définitivement la pièce.

« Docteur R m’avait parlé d’une aspérité atypique, je suis tombé en effet sur quelque chose d’extrêmement vascularisé, qui a saigné aussitôt lorsque mon aiguille l’a pénétrer.  D’ailleurs vous avez vivement réagi par la douleur provoquée. Vraiment très curieux, je n’arrive pas à me faire une opinion. Bon on verra bien d’après l’analyse à quoi il faut s’attendre. Nous n’aurons les résultats que dans une quinzaine de jours, j’enverrai à ce moment là un courrier au CAC de l’espoir. »

Il me salua par un léger hochement de tête, puis s’éloigna avant même de prendre le temps d’écouter mes remerciements.

 

 

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