Retour au 5ème étage

 

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« Nous allons appeler quelqu’un pour qu’il vous reconduise dans votre chambre, au revoir monsieur. »

Dans le vestibule d’entrée à peine éclairé, j’assistais au va et vient du personnel qui s’était occupé précautionneusement de mon cas, mais qui maintenant ne prêtait plus aucune attention à moi. 

Le stress que je sentais aller en crescendo depuis cet appel téléphonique du 12 décembre, était retombé aussi brutalement qu’il s’était déclenché. Néanmoins je trouvais l’attente un peu longue. En réalité je réagissais en égoïste, comme la plupart des gens dans ma situation,  car le brancardier n’avait certainement pas que d’un seul patient à s’occuper.

Enfin la porte automatique à battant s’ouvrit, et le même homme qu’à l’aller, apparu à mes yeux.

« Alors c’est ok, je vous ramène au 5ème étage ? »

Je répondis par un léger sourire de soulagement.

Faire le trajet dans le sens inverse me paraissait beaucoup plus sympathique, tout à coup l’état d’esprit aidant, je trouvais les lieux beaucoup moins austères.

« Vous ne devez pas avoir besoin de faire du sport le dimanche ? »

Celle-ci je l’avais déjà servie à un autre brancardier, lors de mon séjour prolongé au centre hospitalier de ma ville en 2010. L’homme qui était un fin psychologue, comprit que cette fois j’étais d’humeur à engager la conversation. 

J’appris qu’avant de faire ce métier, il avait été aide soignant, mais que le stress et la charge de travail, l’avaient incité à se réorienter, et qu’à présent il profitait de rapports humains beaucoup plus détendus.

Au 5ème étage, le personnel s’activait davantage qu’au moment de mon transfert. Le couloir était encombré de chariots en tous genres, et mon accompagnateur grommelait entre ses dents. J’avais bien compris que de devoir slalomer entre les obstacles, ou être tout simplement obligé de s’arrêter de manière à libérer le passage, l’énervaient plus que la moyenne. Il considérait qu’il y avait là une mauvaise volonté des gens, voir même un manque de respect pour son métier de brancardier.

« Bon je ronge mon frein tout en faisant des remarques avec le sourire, car l’on n’obtient jamais rien par la colère. Il ne faut pas désespérer de la nature humaine, peut-être qu’un jour les choses s’arrangeront. Qui c’est ? »

 Rien avait changé dans la chambre, mon voisin était dans son lit, et somnolait devant la télévision. A l’extérieur le temps était passé de gris la veille, à pluvieux, et même si la pièce était un peu sombre, je préférais l’éclairage naturel, plutôt que la lumière nettement plus déprimante des néons.

« Voilà monsieur, j’ai tout rebranché, vous êtes installé pour de bon. Je vous souhaite une bonne journée. »

Je ne pouvais pas bouger, car ma poche de perfusion était accrochée sur une tige porte sérum fixée à mon lit. Je n’aimais pas cette sensation d’être tenu en laisse.

« Monsieur un petit déjeuner léger ! »

Léger, le mot était faible, une tasse de café au lait avec deux biscottes,  et une toute petite barquette de confiture, voilà qui n’allait pas me remplir le ventre.

En cette période de Noël, les chaînes de télévision diffusaient des niaiseries, et NT1 ne dérogeait pas à la règle. Je regardais sans grand intérêt le film se dérouler sous mes yeux, mais au moins ça me changeait des informations en continu. Mon voisin n’y voyait que du feu, car il rattrapait les heures agitées de la nuit, et n’avait toujours pas pris conscience de mon retour.

Je continuais à me sentir léger, débarrassé d’un fardeau qui m’avait pesé plusieurs jours durant, aussi le comprimé d’Atarax passait à l’offensive, détectant dans mon calme retrouvé, un terrain favorable pour faire son boulot, malheureusement un peu trop tard, à mon avis.

J’étais remonté du service radiologie aux alentours de 9 heures, à présent il fallait attendre l’avis d’un médecin pour ‘’faire ma valise’’. Hormis l’entrave de ma perfusion, le temps s’écoulait sereinement, et je n’avais besoin ni de lire, ni de faire du sport cérébral, pour tuer l’ennui, j’appréciais simplement de pouvoir me reposer.

Une femme de service vint troubler ma tranquillité pour me débarrasser de mon plateau petit-déjeuner.

« Est-ce que ça va monsieur Gautier, vous avez apprécié le café ? »

« Oui ! »

« Très bien, c’est bon signe. Je vais vous apporter une carafe d’eau dans ce cas. A tout à l’heure ! » 

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