Retour au bercail

 

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J’avais oublié ma fatigue et ma nuit quasiment blanche, aussi je me sentais d’humeur à reprendre ma grille de mots fléchés, là où je l’avais laissé. J’étais confortablement installé dans mon fauteuil à veiller sur le sommeil de mon voisin lorsque mon chauffeur pénétra dans la chambre. Cette intrusion bien que discrète avait réveillé mon ‘’colocataire’’, je pus donc le remercier de nouveau pour le service qu’il m’avait rendu, et le saluer en espérant pour lui une meilleure santé. J’éprouvais beaucoup de compassion pour l’homme, car je le savais seul, et je n’ignorais pas que les jours à venir n’allaient pas être drôles. J’éprouvais également comme une sorte de culpabilité, de me réjouir pour mon départ alors qu’à l’inverse, il n’avait pour l’heure, absolument aucune raison de croire au soleil. Je n’étais malheureusement pas merlin l’enchanteur pour résoudre la détresse humaine, d’un seul coup de baguette magique.

Mon accompagnateur était venu me chercher, muni d’un fauteuil roulant, ne sachant pas dans quel état il allait me trouver. L’assise servit à porter mon sac, à défaut de me transporter, puis l’ambulancier insista pour soulever la charge jusqu’à la voiture.

Français d’origine étrangère, l’homme avait souffert d’une forme de ségrégation latente, se qui l’avait conduit à renoncer au métier qu’il avait choisi de faire, pour se réorienter vers le transport sanitaire, où il avait trouvé un peu plus de tolérance.  Il ne regrettait pas son choix, car il s’enrichissait tous les jours de nouveaux rapports humains, probablement sans commune mesure avec ceux qu’il aurait pu connaître en informatique, secteur qui avait fait l’objet de ses études initiales.   

Depuis le début de l’automne, nous avions guère connu de journées ensoleillées, celle-ci ne faisait pas exception, la grisaille et l’humidité tenaient le haut de l’affiche, néanmoins notre retour s’effectua sans problème. Un nouveau chapitre du livre sur l’histoire de ma santé, que j’aurais pu intituler, ‘’d’amour et de haine au quotidien’’, s’achevait, avec l’espoir de ne pas avoir vécu cette nouvelle expérience pour rien.

Ma famille guettait mon retour avec impatience, elle s’était rapprochée d’une fenêtre donnant sur la rue, en entendant le moteur d’une voiture, satisfaite de constater que c’était bien mon ambulance qui arrivait. En poussant la porte, je refermais également la parenthèse d’une épreuve que je ne considérais pas comme ayant été anodine, mais qui toutefois ne me laisserait pas un trop mauvais souvenir.  Deux paires d’yeux me fixèrent d’un air dubitatif, oui effectivement le séjour ne s’était pas trop mal passé, mais j’avais quand même pas mal morflé, mes proches comprirent mon attitude de repli en écoutant le récit de mes deux jours. L’essentiel c’était que plus rien ne devait désormais gâcher les préparatifs des fêtes de fin d’année.    

Je reprenais donc au fil de la vie quotidienne, mes habitudes, qui constituaient autant de point de repères nécessaires, pour me sentir en sécurité, en poursuivant notamment mon 22ème cycle de chimiothérapie qui en était à sa deuxième semaine de déroulement.

Mon prochain rendez-vous à Nantes, était fixé au 18 janvier, date à laquelle j’aurais dû passer un scanner. Le professeur R avait préféré reporter cet examen du fait de son absence, non pas parce qu’il considérait son remplaçant comme incompétent, mais parce qu’il savait par expérience que lorsqu’ils attendaient des résultats, les malades préféraient en discuter dans la grande majorité des cas, avec leur oncologue attitré, sauf que pour moi, la donne avait changé. La biopsie effectuée en décembre était passée par là, brouillant ainsi les cartes. D V serait probablement le premier à lire le rapport du professeur D, et il ne manquerait sûrement pas de le commenter avec moi, lors de notre entretien. Prendrait-il alors les décisions qui s’imposent à la place de son collègue ! Il fallait arrêter d’y penser, rien ne se ferait de toute façon sans mon approbation, et je ne déciderai rien sans avoir les conseils avisés de monsieur R.

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