Retour à la case départ

 

Retour à la case départ  dans Cancer du rein radoter

« J’avais comme l’impression d’avoir entendu cette phrase déjà pas mal de fois. »

« J’espère que le CHD ne me téléphonera pas par surprise comme la dernière fois ! »

Le professeur R n’avait pas compris le sens de ma phrase, je n’avais pas envie de lui expliquer, je préférai donc mettre un terme à cette conversation.

« Du coup est-ce que je vous prescrits du Sutent, si nous devons rapidement intervenir ? »

La phrase n’était pas dite sur un ton ironique, et pourtant j’avais bien envie de lui demander s’il n’était pas en train de se ficher de moins. C’est Chantal qui réagit en lui disant que compte-tenu de notre expérience, nous étions à peu près sûr que le problème que nous rentrions n’allait pas trouver de solution dans l’immédiat, et qu’il valait donc mieux continuer le traitement. La situation devenait complètement absurde, c’était l’accompagnante du malade qui était en train de dicter à l’oncologue, ce qu’il devait faire.

Nous sortîmes de la consultation complètement abasourdi par ce que nous venions de vivre, une situation presque surréaliste, une première en tout cas depuis que nous fréquentions assidûment les milieux médicaux.  

L’oncologue pris en charge à l’imprimante mon ordonnance, ma prescription médicale, et ma convocation du mois d’avril pour les signer, avant de prendre congé de nous.

N fit le nécessaire pour nous remplir quelques papiers administratifs, tandis que V qui avait été mon accompagnatrice fidèle à l’époque de mon protocole d’essai thérapeutique, en profita pendant qu’elle était là, pour me demander de mes nouvelles. 

Nous avions prévu de nous offrir un petit plaisir à la cafétéria, mais après un entretien aussi calamiteux, nous nous ravisâmes pour rentrer directement chez nous.

Mon 24ème cycle débuta trois jours plus tard, le 4 mars au matin. Je savais que ma volonté d’avancer dans le processus de guérison (on peut toujours rêver), venait de subir un revers de médaille, et que j’étais le seul à devoir en payer la facture. En attendant j’essayais de ne pas trop penser à cette nouvelle convocation au CHD de Nantes, qui allait encore engendrer au détriment de mon organisme, pas mal de stress.

Contrairement à l’accoutumé, dès la seconde semaine de traitement, mes intestins manifestèrent très violemment leur mauvaise humeur. S’agissait-il réellement des effets secondaires du Sutent, ou tout simplement les conséquences d’une épidémie de gastro-entérite qui sévissait depuis quelques temps sur la France, en cet hiver interminable, j’étais bien incapable de répondre. Ce dont j’étais sûr c’est que l’attaque dont je faisais l’objet ne m’épargnait rien, outre les diarrhées, il fallait compter aussi subir les assauts répétés de mon cœur. De fréquentes nausées, et des étourdissements très invalidants, ne laissaient pas non plus leur part aux pauvres. Trente six heures sans manger, et une bonne semaine supplémentaire, pour retrouver ensuite une alimentation à peu-près normale contribuèrent à une perte de poids de quelques kilos. Alité deux jours de suite et gardant le fauteuil les deux jours suivant je n’avais pas mis le nez dehors de la semaine avec les conséquences que je connaissais sur mon moral. J’avais même douté un moment qu’une amélioration puisse se dessiner, tant je me sentais au bout du rouleau. A tout malheur quelque chose est bon, aussi cette mauvaise tempête m’avait permis d’oublier la mauvaise plaisanterie de mon séjour inutile au CHD et l’absurdité de devoir repartir de zéro.

Mars tirait à sa fin, et mon prochain rendez-vous au CAC de l’espoir  était fixé au 12 avril, aussi avais-je le sentiment que d’ici là, je ne  recevrais désormais de nouvelles ni du docteur R ni de son collègue. La sonnerie du téléphone en ce milieu d’après-midi du 28 me démontra que mon intuition m’avait fait défaut. Même si je ne l’avais écouté qu’une seule fois, je reconnaissais la voix de R, secrétaire, du docteur D, qui m’invitait à revenir les voir le 4 et le 5 du mois suivant.  Les dés étaient jetés, j’avais accepté de répondre à la convocation, il ne s’agissait point désormais de se dérober.

L’inconnu fait peur, mais cette fois, je n’allais pas voyager vers des terres inexplorées. Certes je ne sautais pas de joie, car subir une nouvelle biopsie n’allait sûrement pas être une partie de plaisir, mais contrairement à ma première expérience,  la semaine qui précéda mon départ pour l’hôpital, ne fût pas aussi angoissante que prévue.

radoter-2 dans Cancer du rein



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