Préparatifs peu festifs

 

Préparatifs peu festifs  dans Cancer du rein festifs

Tout ce petit monde me quitta, et la chambre plongea de nouveau dans le silence. Un hélicoptère décolla de sa base, je pus apercevoir longuement ‘’l’oiseau’’ s’envoler dans le ciel, avant de me replonger dans mon petit carnet de notes, que j’avais provisoirement délaissé pendant la visite des blouses blanches.

Mon voisin commençait à s’agiter, il n’avait de cesse de vouloir se relever de son fauteuil, pour aller se coucher. Une fois parvenu à ses fins, il redoublait d’effort, mais en vain, pour allonger également ses jambes qui pendait le long du lit. Je lui proposai d’appeler le service pour qu’on lui vienne en aide, il refusa. Je n’étais pas très à l’aise de le laisser sans assistance, je réitérai ma proposition, et il refusa de nouveau. Il y avait bien au moins cinq minutes qu’il se débattait comme un diable, lorsque ma patience ayant des limites, je lui pris les jambes, et tout en les soulevant, les fis pivoter sur son lit.

« Merci monsieur vous êtes gentil ! »

« Pourquoi ne vouliez vous pas de mon aide ? »

« Je ne voulais pas vous déranger. »

La position allongée favorisa son endormissement. L’homme devait être drogué à mort, pour passer la plupart de son temps entre les bras de Morphée !

Je profitai de me retrouver de nouveau ‘’seul’’, pour téléphoner à ma famille. Cette fois j’avais emmené dans mon sac  un portable, pour ne dépendre de personne.

Finalement le temps passait assez vite, ou du moins je me persuadais qu’il passait assez vite. Je n’avais toujours pas changé d’activité, mon stylo continuait de griffonner les pages vierges de mon carnet, cette énième séjour en milieu hospitalier m’apportait une nouvelle et grande source d’inspiration.  

Malgré un début de printemps affligeant, nous étions passés depuis peu en horaires d’été, et j’appréciais de pouvoir profiter beaucoup plus longuement de la luminosité naturelle, qui rendait ma ‘’captivité ‘’, plus supportable. J’étais justement en train de réfléchir à ça, lorsque la porte s’ouvrit une nouvelle fois. C’était une aide-soignante qui venait s’enquérir de la santé de mon coéquipier. Visiblement elle n’appréciait pas du tout qu’il soit couché. Elle s’arrangea pour le réveiller sans la moindre délicatesse, et appela une collègue pour l’aider à le rasseoir. J’appris par la même occasion qu’il avait besoin d’être changé, car il portait une protection urinaire. J’appris également qu’il souffrait de troubles psychiatriques, car un rendez-vous avait été pris pour lui le 11 avril. Le contenu de la petite coupelle de médicaments qu’il avait à avaler, n’avait rien à envier à mon propre traitement, bien au contraire. Il me demanda de l’aider à ouvrir un sachet d’une poudre, qu’il devait diluer dans l’eau, car mes tremblements pourtant parfois bien gênants, n’étaient rien à côté des siens.

Dans le couloir, le personnel de faction s’affairait à servir le diner, j’entendais le bruit du chariot qui transportait les plateaux. Il était dix huit heures à ma montre, nous allions avoir le temps de digérer avant de débuter notre nuit de sommeil.

« Bonsoir messieurs voici votre repas ! »

La femme s’approcha de moi et me sentant plus respectif que mon voisin, elle m’adressa la parole.

« On mange de bonheur monsieur Gautier dans les hôpitaux ! »

Elle ignorait à quel point je connaissais le fonctionnement de ce genre d’établissement,  j’acquiesçais simplement en souriant,  car elle n’avait pas de temps à perdre, à écouter mon histoire.

Mon voisin n’était pas habile de ses mains, et il mangeait salement. J’eus le besoin impératif de tirer le rideau, pour ne pas me sentir totalement impatient de quitter les lieux. Il fallait résister à la pression,  demain après-midi je serais libéré en espérant oublier ensuite très vite l’épreuve.

‘‘L’exilé’’ me demanda si je n’avais pas une cigarette. Je lui répondis que je ne fumais pas, et qu’il était d’ailleurs interdit de fumer ici. Il me rétorqua qu’à la fenêtre ça ne posait pas de problème. Il ignorait sans doute que la fenêtre ne pouvait pas être ouverte autrement que par l’intervention du personnel, mais ce n’était pas étonnant car depuis mon arrivée, il avait terriblement de mal à se connecter avec le monde de la réalité. Heureusement pour moi, il n’insista pas, et se contenta de ma réponse. D’ailleurs en moi de temps qu’il fallait pour le dire, il retomba dans une somnolence contre laquelle il n’avait pas la capacité de résister.

La nourriture industrielle, aseptisée et sans âme avait fini quand même par remplir mon estomac, et mon plateau desservi,  je n’attendais plus qu’une seule visite, celle de l’infirmière de garde, pour qu’elle effectue ma prise de sang.

Contrairement à mon premier séjour, nous n’avions pas la télévision, mais je n’en trouvais nullement le manque, puisque des grilles de mots fléchés n’attendaient plus que moi dans mon sac, pour être remplies. Se concentrer sur des définitions de mots avait l’avantage de faire disparaître une certaine forme de mélancolie.

Personne ne pouvant arrêter les aiguilles du temps, l’équipe de nuit vint coucher mon voisin, et je compris le motif pour lequel il n’avait pas voulu de leur aide dans l’après-midi. Elles n’étaient effectivement pas tendre avec lui, et sans doute avaient-elles leurs raisons. L’homme n’avait aucune volonté, et se laissait porter tel un poids mort, la tâche devait sûrement pas être facile à accomplir pour les deux femmes, qui tentaient de le convaincre à réagir enfin.

J’en profitai pour leur demander si l’infirmière allait bientôt venir faire mon prélèvement sanguin. Elles me répondirent qu’elles allaient se renseigner. En fait je n’avais pas du tout saisi  la conversation entre l’interne et l’infirmière, car cette fameuse prise de sang n’était prévue que pour demain à six heures, juste avant ma seconde douche, la pose du cathéter aurait lieu en même temps.

L’interne qui m’avait ausculté n’était pas réapparu pour m’informer  de l’entretien qui avait eu lieu entre le docteur R et le professeur D, à moins qu’il soit à mon chevet à demain matin, j’étais maintenant à peu près sûr que mes interrogations resteraient sans réponse.

Fort de cela, je ne voyais plus aucune raison de différer ma première désinfection à la Bétadine,  aussi je rejoignis le couloir pour me diriger vers la douche, en faisant appel à ma mémoire pour repérer les lieux.

A mon retour dans la chambre, mon voisin ronflait toute gorge déployée, j’avais bien eu raison de prévoir les boules quies. J’avais eu chaud, beaucoup trop chaud car le radiateur brulait comme en pleine hiver. L’eau tiède et le désinfectant m’avaient débarrassé de la sueur et de toutes les impuretés accumulées durant la journée. Le pyjama étant relativement léger, mon corps retrouvait progressivement une température plus supportable. M’allonger me fit du bien, j’étais beaucoup plus fatigué que je pouvais l’imaginer. Je n’avais pas l’intention de dormir aussitôt, mon MP3 m’aiderait à me détendre et à préparer ma période de sommeil. C’était durant mes séjours en milieux hospitaliers le moment de la journée où je me sentais le plus seul. J’appréhendais la nuit, car une crise d’angoisse était toujours prête à se manifester, si je n’y prenais pas garde.

Le patient d’à côté ne ronflait plus mais il toussait, une quinte qui devait l’épuiser en même temps qu’elle m’énervait, malgré mes écouteurs. Je n’avais pas très envie d’abandonner Mozart ou tout autre virtuose, car je sentais déjà la colère me monter aux joues, rien qu’à l’idée de devoir affronter l’inconfort d’une chambre à deux lits. 

Mes boules quies avaient remplacé mes écouteurs, et au bénéfice d’une période d’accalmie, j’avais fini non pas par m’endormir, mais par somnoler un peu. Ce fut l’intrusion soudaine dans la chambre de l’équipe de nuit, et l’éblouissement agressif provoqué par la lumière, qui mirent un terme définitif à cet assoupissement pourtant chèrement gagné.  

J’étais un peu en colère, et je ne manquai pas de le faire savoir dans l’intonation de ma voix.

« C’est nouveau de venir prendre les constantes à minuit ? »

« Nous avons pris du retard sur nos visites. »

Un sacré retard pensai-je car habituellement leur passage avait lieu aux alentours de 22 heures. C’était manquer de respect envers le malade que de venir le troubler dans son repos à minuit, c’est du moins ce que je pensais sincèrement. Je n’étais pas à bout de mes surprises.

« Bonjour monsieur Gautier je viens faire votre prise de sang. »

« Ah bon on m’avait dit qu’elle ne serait faite que demain matin à 6 heures ! »

L’élève infirmière écarquilla les yeux, visiblement sa responsable hiérarchique n’avait pas reçu le message.

« Vous êtes étudiante ? »

« Oui monsieur, ça ne vous dérange pas ? »

« Il faut bien que vous appreniez votre métier ! »

Je n’avais pas ressenti la moindre douleur, la jeune fille avait réalisé son travail à la perfection. A présent après avoir serré le garrot, elle cherchait à l’intérieur du poignet une veine saillante, pour poser un cathéter. Elle semblait davantage hésiter avant de se lancer à introduire l’aiguille. Elle fit appel à son infirmière instructrice, qui l’encouragea à poursuivre le travail qu’elle avait commencé.

« Bon c’est ok, tu es dans la veine maintenant, file jusqu’au bout. »

 A l’inverse de la première piqûre, celle-ci je la sentis douloureusement passer, mais les professionnelles paraissaient contentes de leur travail, aussi je me tus. Tout ce remue ménage n’avait quasiment pas affecté le sommeil du voisin, je n’étais même pas sûr qu’il ait eu conscience de ce que les femmes lui avaient fait, et maintenant que nous étions de nouveau seul, je n’avais pas d’autres choix que de me boucher les oreilles pour essayer d’entendre ni ses toussotements répétitifs, ni ses ronflements intempestifs.

J’en étais à un état d’énervement tel que j’avais en tête des idées de ‘’meurtre’’, lorsque la porte s’ouvrit de nouveau. Mon colocataire avait fait appel aux services car il étouffait, et je voulais bien le croire, car une infirmière s’activait à le soulager, en lui posant un aérosol. Elle nous quitta rapidement, en laissant la lumière principale de la chambre nous éblouir les yeux, car un médecin devait venir établir un diagnostic. Il était 4 heures du matin, de guerre lasse, je finis par abandonner l’espoir de dormir, ne serait-ce qu’un tout petit moment. 

« Qu’est-ce qu’il vous arrive monsieur Champion, vous avez du mal à respirer. Le médecin l’auscultait et apparemment il y avait un problème. Je compris qu’il avait de la fièvre, et que sa protection urinaire était bonne à changer. Deux aides-soignantes vinrent à la rescousse  et au bout d’un quart d’heure notre retour à la pénombre mit  un point final à cette intervention ‘’musclée’’

Les soins prodigués au malade avaient porté leurs fruits, car l’homme s’était considérablement apaisé, ce qui allait me permettre d’attendre l’heure de la douche d’une manière un peu plus sereine. Pourtant la sérénité ne dura pas, car au fur et à mesure que les aiguilles avancèrent,  je sentis l’angoisse naître et grandir au fond de moi.

A six heures j’étais toujours calé au fond de mon lit, et je m’inquiétais que personne ne soit venu me chercher pour la douche. En revanche je n’avais pas envie d’intervenir, ce n’était pas à moi de faire le boulot du personnel, et puis les instructions du départ avaient peut-être changées !

« Monsieur Gautier c’est l’heure ! »

« Il y a du retard sur l’horaire de l’intervention ? Je dois descendre au bloc à 7 heures, et il est 6 h 30. Pour la douche c’est un peu juste ! »

« Vous êtes sûr moi je n’ai pas reçu de directives à ce sujet. En plus il y fait un froid de canard dans la douche. Le ménage a été fait et la fenêtre est restée ouverte. J’ai mis le chauffage à bloc, mais il faudra attendre encore un peu, avant de vous y rendre. »

Je n’aimais pas du tout comment prenait la tournure des choses, et globalement j’avais l’impression que depuis la veille, les choses tournaient un peu n’importe comment, la faute à un manque important de concertation.

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