Le professeur se trompe rarement

 

Le professeur se trompe rarement  dans Cancer du rein grimaces

La deuxième phase de l’opération pouvait commencer. Le professeur se plaça à ma droite et détermina par de savant calcul, grâce à son écran de contrôle, à quel endroit il allait enfoncer son aiguille.

Le produit désinfectant que me passa sa collaboratrice sur le bas du dos était froid, et me fit me raidir. Puis elle plaça le champ opératoire pendant que son supérieur hiérarchique enfila sa tenue de ‘’combat’’.

Pour moi qui allais en être la victime, je savais que la période de torture était sur le point de commencer. La première salve portée à mon encontre, fut la piqûre anesthésiante. L’impression à cet endroit sensible du corps, c’est-à-dire sur le flan droit, fut brève, mais très désagréable. Puis vint le moment de ressentir cet élément étranger qui voyageait à l’intérieur de moi, et qui était loin de m’aider à me décontracter. Enfin le coup fatal se manifesta par une douleur excessive endurée au moment de la pénétration de la tumeur. Je serrai fortement les dents pour ne pas hurler, un grognement étrange sortie quand même de ma gorge.

Ce que j’ignorais à ce moment précis, et heureusement car je crois que je me serais sauvé en courant, c’était que le professeur avait décidé d’effectué non pas une, mais trois biopsies à différents endroits de la tumeur.

Des tremblements nerveux et des larmes qui coulaient à la commissure des yeux, malgré mes efforts surhumains pour me maîtriser, indiquaient à l’entourage que le stade de l’overdose allait bientôt être atteint.  Trois fois l’aiguille avait pénétré mon corps, trois fois elle avait effectué le trajet pour atteindre son but, trois fois j’avais ressenti au moment du déclic, les effets cruels du prélèvement d’échantillon, et j’avais tenu le choc malgré tout.

« C’est terminé monsieur Gautier, le fait que vous ayez eu mal est un très bon indicateur, je suis très confient des résultats. »

Le professeur s’éloigna et je ne le revis plus.

«  Je vous mets un pansement, ensuite vous pourrez basculer dans votre lit. »

Son assistante terminait le travail.

« J’ai souffert purée que j’ai souffert ! »

« Oui mais pour la bonne cause, le professeur ne se trompe pas beaucoup. »

Elle m’aida à me replacer correctement sur mon lit, puis en observant mon visage très tendu, elle me fixa droit dans les yeux, et ajouta quelques mots de réconfort.

« Oui je comprends, ce n’est pas une partie de plaisir, mais maintenant pensez à autres choses, et reposez vous. J’appelle un brancardier pour qu’il vous ramène à votre chambre. »

Avec l’aide de sa collègue, elle me reconduisit dans le vestibule, et m’oublia aussi vite qu’elle m’avait éphémèrement côtoyé.

L’attente, l’anxiété, l’ennui rythment le quotidien d’un malade hospitalisé. Il fallait donc une fois de plus se résigner à faire le poireau au milieu de personnes inconnues, et qui ne prêtaient aucune attention à moi.

L’homme aux cheveux poivre et sel, semblait beaucoup plus sympathique que son collègue. Il s’intéressait à l’examen que je venais de passer, s’informait de mon parcours médical, et je sentais fortement que ce n’était pas par simple politesse. Nous abordâmes ensuite le sujet épineux de l’économie en crise, et celui non moins épineux du scandale politique lié à l’affaire de la fraude fiscale dont le coupable n’était rien d’autre que le ministre délégué chargé du budget de François Hollande. Il s’attarda encore un peu dans ma chambre, preuve que je n’étais pas pour lui qu’un simple numéro, puis retourna ensuite vers d’autres occupations.

Je me réappropriais donc l’univers finalement assez rassurant de ma chambre, et par la même occasion je retrouvais mon compagnon d’infortune, qui une fois de plus sommeillait dans son lit. J’étais complètement délaissé, et je risquais de le rester longtemps si je ne provoquais pas les choses. J’étais à jeun, mais je n’osais pas réclamer un service comme si j’étais à l’hôtel, aussi je profitai de ma perfusion qui ne coulait plus pour faire appel à l’infirmière.

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