Les délices du petit déjeuner

 

Les délices du petit déjeuner  dans Cancer du rein delices-du-matin

« Oui monsieur vous avez appelé ? »

« Je pense que j’ai un souci avec ma perfusion. »

« Je fais appel à un infirmière. Est-ce que vous désirez un petit déjeuner, café, chocolat ou autres ? »

« Chocolat s’il vous plait ! »

Voilà qui me satisfaisait davantage que de faire couler à nouveau la perfusion dans mes veines, ma ‘’ruse’ avait fonctionné.

A l’odeur du chocolat fumant, mon voisin venait de se réveiller en demandant si c’était déjà l’heure du goûter. Manifestement son esprit restait totalement déconnecté de l’environnement. Il n’eut pas conscience de la réponse que lui avait donnée l’aide soignant, et replongea aussitôt dans les abysses desquels il venait temporairement d’émerger.

Une nouvelle phase de longue attente s’amorçait pour moi, il était temps de ressortir de mon sac, mots fléchés et autres divertissements pour franchir cette étape déplaisante.

Finalement je n’avais pas trop regardé ma montre, et voilà que j’entendais la vaisselle brinqueballer sur le chariot qui parcourait le couloir, l’heure de porter les plateaux repas aux malades avait sonné. J’avais demandé que l’on me serve assis sur le rebord de mon lit, mais entravé par ma perfusion je n’étais finalement pas très à l’aise. A force de me plaindre j’avais fini par obtenir que l’on délivre de mon fardeau. A présent j’avais l’intention sinon de faire la sieste, au moins de me reposer en écoutant un peu de musique sur mon MP3.

Je fermais les yeux, et je n’avais pas remarqué que  l’interne qui m’avait déjà ausculté la veille était dans la chambre, je me redressai d’un bon, et retirai les écouteurs de mes oreilles pour entendre ce qu’il avait à me dire.

« Bonjour monsieur, je viens m’inquiéter de votre forme. Est-ce que ça c’est bien passé ce matin, ».

« Ça n’a pas été facile, mais globalement je m’en suis remis. »

  Avez-vous encore des douleurs ? »

« Non ! »

« Avez des nausées, la tête qui tourne ou autres symptômes qu’il serait bon de me signaler ? »

« Non ! »

« Bon je crois que je vais pouvoir signer votre sortie, je vous remettrai une photocopie de votre prise de sang, ainsi qu’un bon de transport. Je vais demander que l’on vous appelle une ambulance, je vous garde encore en observation, jusqu’à 17 heures. »

Visiblement la promesse qu’il m’avait faite n’avait pas été tenue. En effet il n’avait pas téléphoné au docteur R pour m’apporter les renseignements que je lui avais demandé la veille. Ce n’avait plus vraiment d’importance à mes yeux, compte tenu des bons résultats que m’avait laissé présager le professeur D, et compte-tenu également que j’étais sur le point de quitter les lieux. Ces deux perspectives suffisaient amplement à me combler de bonheur.

A l’approche de mon départ, mon voisin semblait aller mieux. J’appris qu’il était âgé de 61 ans, qu’il habitait avec sa fille et son gendre dans la banlieue de Nantes, qu’il avait également un fils. Il était arrivé un jour plus tôt que moi par les urgences, car ses problèmes de bronchites l’avait conduit à une insuffisance respiratoire sévère. Pour l’heure j’avais l’impression que les médecins le gardaient en longue observation, car ses ennuis médicaux devaient dépasser largement le cadre de la simple bronchite.

L’ennui commençait à gagner du terrain, et j’avais l’impression que les aiguilles de ma montre ne bougeaient guère.

Pourtant tout vient à point, à qui sait attendre. A 16h 49 précis, lorsque la porte de la chambre s’ouvrit, je reconnu grâce à sa tenue vestimentaire, l’ambulancier chargé de venir me chercher.

L’homme avait plus d’un tour dans son sac. Connaissant les problèmes quasi incurables de stationnement dans l’enceinte du CHD, il avait à force d’expérience, pris l’habitude lorsqu’il était en charge d’un malade, de garer sa voiture sur le parking des camions de livraisons.

Je doutais qu’il en eut l’autorisation, mais la combine était efficace, car l’endroit à cette heure avancée de l’après-midi était presque désert, et comme son véhicule n’était pas immobilisé pour très longtemps, il devait parier sur le fait qu’il ne risquerait  pas grand-chose en cas de contrôle.

Comme à l’aller le voyage s’effectuait à trois. L’homme assis à côté du chauffeur n’était pas très bavard, il entretenait quand même un semblant de conversation. De toute manière notre départ du CHD correspondait à une heure de pointe, et la circulation automobile était tellement importante qu’il ne s’agissait pas de troubler notre conducteur.

Avec une nuit sans sommeil, je sentais la fatigue alourdir mes paupières, et le ronron du moteur ne faisait que favoriser les processus d’engourdissement de mon corps. Mes coéquipiers ayant renoncé à alimenter la conversation, le voyage se termina dans le silence. 

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