Jean qui rit, Jean qui pleure, ou comment se sentir comme un animal de laboratoire

 

Jean qui rit, Jean qui pleure, ou comment se sentir comme un animal de laboratoire dans Cancer du rein jean-qui-rit-jean-qui-pleure

Comme à l’occasion de mon premier périple au CHD, ma famille m’attendait sur le pas de la porte. Personne n’ignorait que j’avais souffert durant l’intervention et quel état d’esprit avait été le mien ensuite, j’avais eu l’occasion de l’évoquer au téléphone. Par contre j’étais porteur d’une nouvelle plus que rassurante, et celle-ci je l’avais gardé secrète pour leur en faire la surprise. Le professeur D était sûr de lui, la tumeur dans laquelle il avait piquée par trois fois à l’aide de ses aiguilles, était une  masse fibromateuse bénigne  qui n’avait rien à voir avec le cancer initial. A la suite des résultats de laboratoire de la première biopsie nous avions été sceptiques, et le docteur R avait partagé notre doute, mais à présent son collègue devait être forcément sûr de lui, car il  avait largement hypothéqué  sa crédibilité par ses propos rassurants,  aussi nous avions de très bonnes raisons de lui faire confiance. 

S’échapper de la case ‘’malade atteint d’un cancer ‘’ dans laquelle on est enfermé n’est pas chose aisée, il est impératif pourtant de faire un travail sur soi même pour en minimiser la portée psychologique. S’évader par l’esprit, à défaut de pouvoir le faire d’une autre manière, reste le seul moyen de se sentir encore vivant.

La période de grâce fut de courte durée, dès le 12 avril notre véhicule reprit le chemin du CAC de l’espoir, pour un énième entretien avec le docteur R. Pour la première fois depuis bien longtemps nous avions le soleil avec nous, un compagnon de route fortement sympathique. Je n’avais pas de scanner de prévu, et heureusement, car une semaine plus tôt, pour travailler sur son écran de contrôle, le professeur D en avait usé et abusé. J’étais sûr d’une seule chose, c’était que mon 25ème cycle de Sutent allait être programmé. Pour le reste, il n’était pas garanti que les résultats d’analyses des trois échantillons prélevés lors de ma biopsie soient déjà connus par le docteur R. 

Le rendez-vous avait été fixé aux alentours de midi, aussi le trafic routier était fluide, nous arrivâmes largement avant l’heure, mais nous dûmes faire preuve de patience, avant de pouvoir stationner.  

Le hall d’accueil était presque vide, mon numéro d’ordre de prise en charge s’afficha aussitôt au tableau électronique, nous prîmes l’ascenseur immédiatement après les démarches administratives, pour rejoindre le deuxième étage.  

Le service consultation innovait dans sa manière d’accueillir les malades. Il fallait sélectionner sur un écran tactile, le chiffre du couloir, ainsi que le nom du médecin qui nous avait donné rendez-vous, à la suite de quoi un numéro nous était attribué, avant de nous rendre impérativement en salle d’attente. De l’écran situé dans notre champ de vision, il ne restait plus qu’à vérifier l’affichage de ce numéro pour se rendre auprès de la secrétaire du médecin.

Il est vrai que l’arrivée anarchique dans le couloir, et l’intrusion souvent intempestive des gens, dans le bureau de N, écornait sérieusement la confidentialité des entretiens avec le malade déjà présent. 

Cette fois le problème était bel et bien réglé, et le personnel médical n’avait plus besoin de prendre les précautions nécessaires, avant de parler avec leur patient.

Nous ne souffrîmes pas d’une attente prolongée, et N nous invita même à nous asseoir à proximité du cabinet de l’oncologue, car notre tour était tout proche.

J’étais assis dans cette chaise inconfortable, aussi sereinement que j’aurais pu l’être bien calé dans un fauteuil de mon salon. Je ne souffrais d’aucune contrainte, je n’éprouvais ni ennui, ni impatience particulière, ni inquiétude non plus. Toutes les choses se déroulaient dans mon esprit de la manière la plus naturelle possible. Probablement que les résultats de ces trois biopsies ne seraient pas connus du docteur R, mais j’avais un bonne nouvelle à lui annoncer.

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