Lézarder au soleil

 

Lézarder au soleil  dans Cancer du rein lezarder-au-soleil-1

« Tout d’abord nous allons fixer un rendez-vous pour un IRM de votre épaule. En parallèle je vais contacter le professeur G  pour programmer l’opération. Je vais recontacter le professeur Dupas puisque la cryoablation est  possible, et que vous êtes toujours d’accord. En attendant je vais vous prescrire une nouvelle période de chimio. Avez-vous besoin d’autres choses ? »

La réponse fut non.

L’oncologue prit congé de nous après avoir signé les prescriptions médicales, en nous laissant en compagnie de sa secrétaire, invitée à trouver de la place sur son planning bien chargé de rendez-vous en tous genres. 

« Ça va monsieur et madame Gautier ? » Elle nous avait posé la question presque en chuchotant. Chantal répondit par la négative, et lui expliqua très brièvement l’objet de notre courroux. Elle fit preuve de compréhension, mais n’avait pas le temps de s’attarder à philosopher sur nos malheurs, car il fallait prendre le téléphone pour caler un scanner et un IRM le plus rapidement possible, suivant l’ordre que venait de lui donner son supérieur hiérarchique.    

J’eus de la chance pour l’IRM, car une place était vacante le mardi suivant, soit le 16 avril. Quant au scanner, je serais obligé  une fois de plus me rendre aux CA pour que l’examen corresponde avec la date de mon prochain rendez-vous au CAC de l’espoir, soit le 21 mai. 

Un piquenique nous attendait dans la voiture, mais malgré le beau temps, nous n’avions pas l’intention de lézarder au soleil, car notre tête résonnait comme si nous avions pris un coup de massue, notre intention était donc de rentrer au plus vite chez nous après nous être restaurés.

Faire le deuil de mes espoirs déchus ne se fit pas aussi facilement que ça. Pourtant je ne devais pas rester figé dans cette attitude qui se manifestait sous forme de ressentiments, il fallait continuer à vivre malgré tout et se donner d’autres raisons d’avoir confiance en l’avenir. 

Le week-end s’intercalait entre mes deux escapades au centre anticancéreux, je ne voulais pas l’occuper à pleurnicher sur mon sort malchanceux, et justement nous consacrâmes notre emploi du temps du dimanche à profiter largement du printemps rayonnant en nous rendant à pied au théâtre, avant d’inviter des amis à diner après le spectacle.

Le moteur de la voiture avait à peine eu le temps de refroidir qu’il fallait déjà en ce mardi 16 avril, reprendre la route de Nantes. Le soleil était de nouveau notre compagnon de voyage, mais nous aurions préféré profiter de ses bienfaits d’une autre manière.

Le CAC de l’espoir nous accueillait pour la deuxième fois en moins d’une semaine. Je m’apprêtais donc à subir le deuxième IRM de ma carrière de malade. Après l’épisode désastreux  que nous venions de vivre, j’espérais pouvoir aborder une phase un peu plus sereine sur l’interminable, difficile, et incertain chemin de ma guérison.

Il y avait longtemps que je n’avais pas mis les pieds dans ce service, car mes scanners étaient réalisés depuis plusieurs fois en dehors de l’établissement. Je n’avais pourtant rien perdu de mes repères et l’équipe en place restait la même, je reconnaissais toutes les têtes.

Les salles d’attentes à droite pour le scanner, et à gauche pour l’IRM étaient loin  d’être  engorgés par les patients, j’avais donc bon espoir de passer à peu près à l’heure. Comme à l’accoutumé nous avions emporté de quoi nous occuper l’esprit, et les personnes qui nous entouraient en avaient fait de même, aussi il régnait dans la salle un silence digne de celui des couvents, à tel point que l’on pouvait distinguer la source d’un bruit qui devait probablement être celui de la machine.

En fait les trois personnes qui occupaient les sièges autour de nous n’étaient que des accompagnants, c’est la raison pour laquelle je me retrouvai  plus tôt que prévu dans la cabine avant examen, pour me déshabiller et enfiler la blouse obligatoire.  

Combien de cathéters m’avait-on posé depuis ces 8 années passées à fréquenter régulièrement hôpitaux et cabinets médicaux ! J’en n’avais pas comptabilisé le nombre, mais j’approchais probablement des deux cent, alors lorsque l’on me questionna sur mon éventuelle peur des aiguilles, je ne pus m’empêcher de sourire.

lesarder-au-soleil dans Cancer du rein



WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie