Imagerie non imaginaire

 

Imagerie non imaginaire  dans Cancer du rein le-manipulateur

Le manipulateur tenait bien son rôle, consistant à m’expliquer, me rassurer, et me mettre en confiance. Il ignorait mon histoire, et je préférais rester humble, plutôt que de me comporter comme en terre conquise. 

En trois coups de cuillère à pot, je fus fin prêt pour l’examen. L’homme était secondé par une jeune femme, qui semblait être là plutôt en stage de formation et d’observation, car elle ne lui était pas utile à grand-chose. Elle ne semblait d’ailleurs ne pas vouloir communiquer avec moi, sans doute en raison d’une certaine forme de timidité, causée par son  manque d’expérience.

L’antenne que le manipulateur m’avait placé de manière à bien caler mon épaule me serrait quelque-peu,  et risquait d’être inconfortable pendant la durée de l’examen, il opta pour la remplacer par une plus large, et je sentis immédiatement et en mieux, la différence.

Ma petite poire entre les mains, pour appeler en cas de détresse, mon casque sous les oreilles, je n’avais plus aucune raison de m’inquiéter, car tout était conforme à ce que j’avais déjà connu lors de ma première visite.

Je sentis la table se relever tout doucement et glisser ensuite à l’intérieur du tunnel de la machine. 

Ma première déconvenue fut de ne pas entendre la musique d’une radio dans mes écouteurs. Etait-ce un oubli, où l’équipe considérait-elle qu’avec mon ‘’expérience’’ je pouvais m’en dispenser ? Je trouvais ça dommage, car l’ambiance radiophonique m’aurait permis de faire voyager mon esprit dans un autre univers que celui de cette salle d’examen. Ma seconde déconvenue fut de ne pas entendre non plus la voix-off, m’informant de la progression de ce contrôle IRM finalement assez éprouvant. Je ne me considérais pas comme claustrophobe, mais dans cette espace confiné,  le nez presque collé  à la paroi, je n’étais pas à l’aise du tout, et à part les bruits à intervalles réguliers de la machine, le silence et la forte impression de solitude me condamnait à trouver le temps fort long. J’avais chaud très chaud, il y avait de la marge avant que je cède à la panique, mais j’étais quand même bien loin du paradis d’Eden. J’avais senti le manipulateur tirer légèrement sur le tuyau très souple de mon cathéter, nul doute qu’il était en train de m’injecter le produit de contraste.

Toutes choses, même les plus désagréables ont une fin, je ressentis le mouvement de la table, qui glissa de nouveau, mais cette fois vers l’extérieur du tunnel, et je revis soudainement la lumière des néons, et la tête du manipulateur pencher au dessus de moi. 

« Tout va bien monsieur ? »

Je ne pouvais pas lui dire que j’étais à l’agonie, car finalement aussi désagréable soit-elle j’avais bien supporté l’épreuve. Je passai également sous silence le fait que je n’avais pas été du tout accompagné durant l’examen.

« Oui ça va, mais j’ai eu très chaud, sans doute à cause du produit de contraste ! »

« Ah non monsieur, celui que l’on utilise pour les IRM n’est pas chauffant, c’est probablement les effets du champ magnétique qui sont la cause de cet inconfort. »

Il me dégagea l’épaule de l’antenne à l’intérieure de laquelle elle était immobilisée, puis il m’invita à me relever et à rejoindre ensuite la petite cabine où j’avais élu très provisoirement domicile. Il m’invita également à patienter le temps que ma poche à perfusion soit vide, à la suite de quoi il viendrait me débarrasser définitivement de mon cathéter. 

Je n’avais grand-chose à faire d’autre qu’à regarder le plafond, je me demandais simplement si les résultats me seraient communiqués aussitôt, comme ça avait été le cas la dernière fois. Je n’étais pas trop inquiet, ma tumeur à l’épaule étant palpable j’avais bonne espoir que l’on me dise qu’elle n’avait pas repris du poil de la bête.

« Je suis maintenant à vous. Je vais pouvoir vous libérer. Surtout buvez beaucoup d’eau pour éliminer le produit, n’oubliez pas que vous souffrez d’une légère insuffisance rénale. »

Ça  je ne risquais guère de l’oublier, car je vivais avec depuis maintenant bien longtemps.

« Est-ce que vous avez une consultation à suivre ? »

« Non. »

« Bon de toute façon les résultats seront transmis au docteur R, qui prendra contact avec vous.  Bonne fin de journée monsieur. »

Hormis Chantal, la salle d’attente était complètement désertée. Nous ne nous fîmes pas prier pour quitter aussi vite que possible les lieux.

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