Gaspillage de temps, ou d’argent

 

Gaspillage de temps, ou d'argent dans Cancer du rein gaspi

En fait ce qui clochait s’était toujours et encore la manière dont les bons de transports étaient remplis, et l’ambulancier devait batailler ferme pour obtenir un document rédigé dans les règles de l’art. Pas facile d’importuner le chirurgien qui n’était pas un administratif et qui donc avait mal fait le boulot. Impossible non plus de demander à la secrétaire de prendre la responsabilité de signer à la place de son boss. Toutes les conditions étaient réunies pour énerver un maximum de gens, ces messieurs de la sécurité sociale étaient fortiches  pour provoquer ce genre de situation. Au bout du compte nous avions passé plus de temps à démêler les embrouilles avec la secrétaire, qu’en entretien avec le professeur G, qui était d’ailleurs venu nous confirmer l’échographie pour le matin de l’intervention, avant de prendre ensuite congé de nous.    

Pour autant, la visite n’était pas terminée, car une collègue de la secrétaire assistante nous invita à nous rendre dans un autre bureau. Une infirmière nous y attendait, afin de me donner les dernières consignes, et pour s’informer sur mes différents antécédents médicaux, ainsi que sur mes éventuelles allergies à certains produits, tout ceci afin de boucler définitivement mon dossier. Restait à Chantal à prendre la décision de m’accompagner ou non à la date de l’intervention, car le chirurgien l’avait prévenue, la journée risquerait d’être longue et ennuyeuse pour elle.    

Pour ne pas avoir lu consciencieusement la lettre de convocation, nous nous étions fortement compliqués la vie, car maintenant que la voiture était garée au bon endroit, nous n’avions qu’un couloir et un petit hall d’entrée à traverser, pour rejoindre le parking situé effectivement à l’opposé de notre lieu d’arrivée. 

La traversée de Nantes n’était pas plus problématique qu’à l’aller. Olivier continuait d’aligner les phrases les unes à la suite des autres, et lorsqu’il se taisait, il toussait.

« Vous voyez bien monsieur Gautier, quand je ne parle pas, je tousse. »

Cette amusante remarque nous fit tous sourire, mais cette fois la quinte semblait beaucoup plus importante, elle nous empêcha de discourir un bon moment, ce qui me donna l’occasion de regarder la ville à travers la vitre de la portière, comme un cinéaste dans un travelling

Habituellement très encombré l’itinéraire qui nous ramenait vers le périphérique fut parcouru en un temps record, nous pouvions espérer rentrer à la maison bien avant l’heure du déjeuner. 

Ce vendredi 10 mai correspondait également au jour que m’avait indiqué l’oncologue pour stopper cette fois définitivement le traitement au Sutent. Comme le coup précédent, il faut bien le dire, je ne me sentais pas rassurer d’abandonner ce qui m’avait maintenu en vie jusqu’à présent. Ma décision n’était pas sans risque, je ne le savais que trop bien, et je n’arrivais malheureusement pas à m’ôter cette obsession de la tête. Il faut parfois se faire violence, mais il faut aussi beaucoup de volonté et de caractère, pour que le moteur n’ait pas des ratés, et dans ce domaine là j’avais encore beaucoup à apprendre.

Je voulais bien croire qu’il n’était pas facile de coordonner les rendez-vous chez différents médecins, mais pour ceux exerçant au sein  même de son établissement le CHD aurait pu faire des efforts, les dépenses publiques y auraient eu tout à gagner.

Les années fastes de la période dite des trente glorieuses, où l’argent coulait à flot était terminée, nous étions désormais condamnés à la rigueur, que ça nous plaise ou non.

Y avait-il une prise de conscience collective ? Peut-être assistions nous à quelques débuts d’interrogations chez les plus raisonnables, mais la plupart des gens n’étaient pas encore convaincus que l’état providence pouvait connaître un jour une situation de cessation de paiement, aussi les économies n’étaient pas à la hauteur des importants enjeux pour l’avenir. C’est ainsi qu’après avoir effectué pas loin de 140 km aller retour, pour un entretien avec le professeur G, qui n’avait duré guère plus d’un quart d’heure, il fallait réitérer l’opération en ce mardi 14 mai, afin de rencontrer cette fois l’anesthésiste, pour un échange d’informations qui ne durerait pas plus longtemps. 

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