Chronique d’une exérèse annoncée 1

 

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La semaine qui précédait l’intervention s’écoula sans trop d’appréhension. De plus nous avions en tête quelque chose de plus réjouissant, car nous étions organisateurs le samedi suivant l’opération, d’une petite réunion entre amis qui avait lieu tous les ans depuis treize ans, réunion identique à celle que nous avions assistée dans la région parisienne en mai 2012, et au sujet de laquelle j’avais relaté mes péripéties dans mes écrits. Nous avions eu à cœur de bien préparer ce nouveau rendez-vous, aussi avais-je la motivation nécessaire pour être bien rétabli le jour j. 

A minuit la pendule de la cuisine avait affiché la date du 21 mai, et cinq heures plus tard Chantal s’était levée pour prendre son petit déjeuner. Je n’avais pas eu besoin que l’on me réveille. Je n’avais pas l’obligation de prendre du temps pour manger, car il fallait que je sois à-jeun, mais il n’était pas question de lambiner pour autant. Ce qui ne me réjouissait guère, était de passer sous la douche, à une heure aussi matinale, alors que mes membres étaient encore tout engourdis par cette nuit de sommeil, somme toute assez correcte, malgré le stress qu’engendrait l’approche de l’intervention. Je n’avais pas du tout aimé les deux ou trois gouttes d’eau froide qui s’étaient répandues sur mon corps, lorsque j’avais saisi la pomme de douche, mais à présent que l’eau chaude coulait sur moi, j’appréciais ce bon moment de détente. Les frictions à la Bétadine importaient dans ma maison des odeurs d’hôpital génératrices de souvenirs désagréables, et donc de peur et d’angoisse, embuant mon cerveau d’idées négatives qu’il fallait coute que coute chasser de mon esprit. 

Par expérience je savais que je vivais le moment le plus difficile, car une fois dans l’ambulance, je me laisserais guider jusqu’au soir, m’abandonnant totalement à mon sort.

Nous faisions une partie du trajet de nuit, de plus la pluie s’était invitée à la fête. La conductrice qui prétendait m’avoir déjà emmené, ne semblait pas gênée par ces conditions de circulation, car elle entretenait une conversation soutenue, ce qui me faisait oublier que j’étais en train de voyager une fois de plus vers des horizons incertains.

Chantal bien calée dans son siège derrière l’ambulancière, luttait pour ne pas être victime du mal des transports, l’un de ses points faibles.

A la faveur d’un nombre infime d’usagers de la route, et d’échanges verbaux fructueux, je n’avais quasiment pas pris conscience que nous étions déjà en train de pénétrer dans le centre de Nantes. L’aurore se levait sur une agglomération  où l’activité économique était encore toute balbutiante, c’était le meilleur moment pour circuler et pour se garer.

Nous n’avions pas fait l’erreur de notre première convocation dans le service du professeur G, et nous contournâmes les bâtiments en laissant l’entrée principale du CHD pour nous rendre directement à l’endroit indiqué sur notre courrier. A cette heure matinale, le parking n’attendait que nous, ainsi que celui qui allait être le patient de la chambre voisine à la mienne.

Je n’avais pas eu besoin de procéder à mon admission, je ne comprenais pas bien pourquoi, mais je n’avais pas non plus l’intention de chercher à comprendre. L’hôpital de jour était un lieu austère, couloirs  et chambres étaient éclairés par des néons. Ni le personnel, ni les malades ne voyaient la lumière naturelle du soleil. Pourtant nous fûmes accueillis par une infirmière de garde souriante qui plaisanta sur ces conditions de travail en s’excusant presque de ne pouvoir nous proposer mieux. Le transfert dans de meilleurs locaux était programmé pour bientôt, mais dans l’immédiat les malades devaient se contenter de ce qu’on leur proposait. 

Dans cet espace restreint qui ressemblait davantage à une cellule qu’à une chambre, Chantal avait pris place dans le fauteuil à la droite de mon lit, quant à moi, allongé sur les draps et affublé de ma blouse réglementaire, j’attendais patiemment que l’on vienne me chercher. L’équipe de service était venue vérifier mes constantes, m’avait rasé l’aisselle gauche, et m’avait ensuite précisé le programme des réjouissances.

Je n’allais pas subir l’opération du siècle, et pourtant j’étais nerveux au point de gagner régulièrement les toilettes pour vider ma vessie, une situation nouvelle, malgré ma solide expérience de patient confronté régulièrement aux univers médicaux et chirurgicaux.

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