Chronique d’un exérèse annoncée épisode 3

 

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Mon anesthésiste était venue s’intéresser à moi, mais dut presque aussitôt  courir vers une urgence. Il y avait urgence également sous mes draps, je ne pus éviter de demander un urinal pour soulager mes envies. Décidément je ne comprenais pas cette réaction de mon corps, car pour avoir arrêté de boire de l’eau avant minuit, j’en étais à mon sixième passage aux toilettes depuis mon arrivée. Je voulais croire que je n’allais pas m’oublier une fois anesthésié. Comme une misère n’arrive jamais seul le chirurgien était venu me prévenir d’un retard à cause de l’opéré précédant. Deux autres malades étaient venus me tenir compagnie, avant que l’anesthésiste s’occupe enfin de moi. Elle n’avait pas été délicate à poser le cathéter, et j’avais senti une désagréable douleur quand l’aiguille avait pénétré la veine.

La salle d’opération était glaciale, pour éviter la propagation des microbes m’avait-on dit. J’étais bien couvert, seul mon bras gauche pendait dans le vide. L’anesthésiste qui cette fois sans que je sache pourquoi était un homme plutôt jeune, m’indiqua qu’il commençait à injecter, que j’allais sentir un peu de chaleur, et puis mon esprit s’envola vers des horizons totalement inconnus.

Je repris conscience dans la salle de réveil, et je compris tout de suite ce qui m’était arrivé, car mon épaule me fit grimacer de douleur. 

« Je vais vous donner un calmant sur un sucre que vous laisserez fondre sous votre langue. »

Je n’étais pas en mesure de distinguer les traits de la femme qui venait de m’adresse la parole, mais j’obéis sans broncher à ses ordres.

Il était aux environs de 14 heures 30 lorsqu’on me ramena à la chambre, et le hasard voulu que Chantal arrive en même temps que moi. Elle ne s’était guère ennuyée car elle avait rencontré des amis venus pour des contrôles médicaux. Avant de me rejoindre elle avait aussi pris le temps de pique-niquer, et de lire un peu, dans le coin salon du grand hall d’accueil, animé d’une intense activité humaine.

Je n’étais ni nauséeux, ni fatigué,  aussi on me proposa immédiatement  de déjeuner. Par prudence, j’optai plutôt de me contenter d’un café au lait avec du pain et de la confiture.

Je me sentais soulagé et libéré de cette première étape d’une décision mûrement réfléchie, La mise au point de cette nouvelle technique de combat n’avait pas été sans rencontrer des difficultés, mais à présent le processus était enclenché, et je n’avais pas l’intention d’abandonner en si bon chemin.

Pourtant la douleur que je ressentais au niveau de l’épaule était intense, et ne s’atténua que lorsque l’infirmière m’apporta le nécessaire pour mettre mon bras en écharpe, tout en m’administrant un calmant.

L’infirmière passa pour contrôler si le drain remplissait bien sa fonction, puis décida un peu plus tard de m’en débarrasser. La plaie suturée sur une longueur de dix centimètres était propre et ne montrait pas de signes d’inquiétudes. Il ne restait plus qu’à vérifier les constantes et d’attendre ensuite le passage du chirurgien pour me laisser m’échapper. L’infirmière avait également averti l’ambulancier de venir nous chercher aux environs de dix sept heures trente, elle nous le fit savoir. Il fallait qu’elle soit bien sûr de l’horaire de passage du chirurgien, ainsi que de son diagnostic pour faire une telle démarche, et je trouvais ça plutôt rassurant pour nous. 

Le professeur G ne traîna pas en effet à me rendre visite. Il m’exposa son travail en trois coups de cuillère à pot. La lésion retirée faisait 1 cm de large, sur 2 cm de profondeur, ce qui correspondait mais de manière plus précise à ce que le radiologue avait détecté sur mon IRM. Les tissus autours de cette lésion étaient sains, le chirurgien me confirma qu’une radiothérapie n’était pas à envisager. Il fallait garder mon bras en écharpe pendant plusieurs jours, et une infirmière passerait régulièrement pour entretenir la plaie. L’homme ne s’attarda pas davantage et pris congé de nous. 

Les différentes étapes de cette hospitalisation de jour s’étaient enchainées sans mauvaise surprise, mais également sans retard excessif.  L’ambulancier pénétra dans la chambre alors que le praticien venait juste de nous quitter confirmant ainsi la bonne organisation de ce passage éclair au CHD. 

Le voyage de retour allait être un peu serré, car le véhicule accueillait également un autre couple. J’avais là une nouvelle occasion de relativiser ma situation, car le patient assis à côté du chauffeur était un vieil homme aveugle, diabétique et soigné également pour une leucémie.

Face à ce mauvais coup du sort, sa réaction avait été fortement négative, car il était plongé dans un mutisme total, auquel sa femme devait faire face tant bien que mal. Parents et amis les avaient abandonnés, et ils avaient perdu toute illusion de retrouver un jour un petit coin de ciel bleu. Ma conversation avec l’épouse n’avait pas été très concluante, car j’avais été incapable de trouver les arguments nécessaires, pour leur redonner une petite étincelle de vie.

Quant à nous, il était temps de retrouver notre univers familier, et de nous sentir pleinement satisfait d’avoir franchi le premier stade de cette nouvelle stratégie de bataille contre le cancer.  

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