Suspicion de phlébite

 

Suspicion de phlébite  dans Cancer du rein force-mentale

La nouvelle ambulancière n’était pas encore arrivée, il fallait donc attendre, en cogitant les paroles que nous venions d’entendre. Je ne voulais être ni trop inquiet, ni trop confiant. Je voulais continuer à exister pour le moment présent, et l’après midi s’annonçait plutôt ensoleillée, ce qui représentait pour moi un joli bouquet de bonheur à cueillir avant que ses fleurs ne soient fanées.   

Après les trois jours d’immobilisation postopératoire, les quelques 14 km que nous avions parcourus en compagnie de nos amis d’enfance, à travers un paysage escarpé,  le samedi précédant ce rendez-vous avec le professeur D, ne m’avaient nullement affecté, malgré une anesthésie générale récente, et malgré une épaule douloureuse que j’avais bien réussi à supporter. Cette ‘’performance’’ m’avait encouragé à reprendre  mes promenades journalières, et je m’exécutais avec délectation. 

Tandis que nous nous apprêtions à passer un week-end tranquille en famille, je rentrais le vendredi soir d’une de ces nombreuses sorties en plein air, avec une question qui me tracassait la tête. Ce mollet droit qui me faisait mal depuis plusieurs jours semblait beaucoup plus dur que l’autre, mais peut-être s’agissait-il des effets de mon imagination. Pendant la marche j’avais quand même pas mal traîné ma jambe, et je ressentais une sensation de chaleur anormale en dessous de la pliure du genou. Assis devant mon ordinateur je ne pouvais rien faire d’autre que de constater  la lourdeur de cette jambe que décidément me donnait bien du souci. L’allonger pour la soulager, ne manqua pas d’alerter mon entourage. L’appel téléphonique au 15  souffla un vent de panique dans la maison, il était question de phlébite et de risque d’embolie pulmonaire. Pourtant je ne voyais pas l’urgence car la douleur était plus que largement soutenable, je voulais me donner un délai de réflexion, au pire je prendrais un rendez-vous chez mon généraliste le lendemain.

Mon fils ainé pompier de profession, avait donné  à sa mère les mêmes conseils avisés que le médecin urgentiste, mais connaissant bien son père, il arriva à la rescousse pour me forcer à prendre la décision qui s’imposait. Il était évident que de dénier la réalité  encore plus longtemps, ne servirait pas ma cause. Risquer un accident majeur, alors que je luttais de toutes mes forces contre le cancer depuis si longtemps, était la chose la plus stupide à faire. J’en avais marre, j’en avais ras le bol, j’avais envie de crier, j’avais envie de me révolter, mais de toute façon je n’avais pas d’autres choix que de filer une nouvelle fois vers un destin, que personne ne m’envierait jamais.

Le sas d’accueil des urgences ne souffrait pas d’un afflux important de personnes, une secrétaire prit le temps de faire mon admission, puis une infirmière nous reposa les mêmes questions que sa collègue. Je fus placé à l’écart de ma famille dans une autre salle d’attente, mais là encore je n’eus pas le temps de me retourner que l’on vint me chercher, pour me conduire sur un chariot roulant vers  un box des premiers soins.

En trois coups de cuillère à pot mes vêtements furent enfournés dans un sac en nylon, étiqueté d’un code barre, ensuite j’enfilai la tenue traditionnelle qui m’allait si bien.

Une équipe médicale s’occupa de vérifier mes constantes, et ensuite je n’échappai pas à l’interrogatoire rituel concernant mes antécédents médicaux. On me demanda enfin précisément les raisons qui m’avaient amené aux urgences.

Le conseil téléphonique du 15 semblait déjà une bonne raison, puis les symptômes que j’avais pu constater ainsi que mon entourage, finirent pas satisfaire la curiosité de l’interne de garde. Une auscultation rapide amena à un diagnostic facile, elle indiqua sur son écran d’ordinateur : suspicion de phlébite. 

« A partir de maintenant vous ne mettez sous aucun prétexte les pieds parterre. »

Elle ne quitta pas mon réduit sans me faire une réflexion plus que surprenante, bien qu’elle traduise parfaitement ce que la maladie avait fait de moi.

« Vous parlez de votre cancer avec une telle force, et une telle joie de vivre ! »

Je ne restai pas longtemps tout seul, car un infirmier entra pour appliquer les consignes qu’il venait de recevoir de sa supérieure hiérarchique.

« Je vais vous faire une prise de sang monsieur, pour vérifier entre autres choses, votre temps de coagulation, et lorsque l’on aura les résultats, nous vous ferons une première piqure de prévention. De toute manière on vous garde en observation cette nuit, et demain vous subirez un écho doppler pour confirmer ou infirmer la phlébite. »

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