Corps en souffrance

 

Corps en souffrance  dans Cancer du rein corps-en-souffrance

La matinée s’avançait lentement, mais je n’avais ni la notion du temps, ni le courage de regarder ma montre pour connaître l’heure. L’apparition de l’interne de garde, celui-là même qui m’avait rencontré la veille, me sortit de mon isolement. Il m’ausculta de nouveau, jugeant que j’étais assez en forme pour me laisser partir. Une ordonnance pour me procurer des antalgiques, ainsi qu’un bon de transport seraient à ma disposition très vite. Ne prononçant aucun mot de réconfort, ni d’encouragement,  il me salua et quitta les lieux sans plus attendre. 

J’avais espoir de rentrer chez moi avant l’heure du déjeuner, c’était du moins la promesse de l’infirmière qui venait de m’apporter un nouveau calmant.

« Avez-vous le numéro de téléphone de votre ambulancier ? »

« Oui ici sur la table. »

J’étais effrayé à l’idée de devoir me lever, pour me laver, et m’habiller. En soulevant la tête de mon lit au maximum, j’avais réussi  à me mettre debout, en prenant garde de ne pas faire de faux mouvements. Je rejoignis ainsi le cabinet de toilette, mais je renonçai très vite à me rafraîchir, car j’avais conscience que me vêtir suffirait amplement à épuiser mes faibles ressources physiques. J’étais d’ailleurs à peine installé dans mon fauteuil, que je ressentis un malaise se manifestant pas des sueurs froides et des spasmes nerveux. Je décidai de rejoindre mon lit, et d’y attendre sans bouger, les évènements à venir.

« Comment allez-vous monsieur Gautier ? »

L’infirmière était rentrée, une petite boîte entre les mains, contenant mes médicaments habituels, auxquels elle avait rajouté le Tramadol.

« J’étais assis dans mon fauteuil, mais j’ai dû me recoucher, car je ne me sentais pas bien. » Je lui décrivis les symptômes ressentis,  dans les moindres détails. 

« Le Tramadol peut être à l’origine de ces troubles, mais pas simplement, la douleur qui persiste depuis plus de 24 heures, votre faiblesse après l’anesthésie peuvent également expliquer les malaises. Prenez soin de vous, je viendrais vous voir avant votre départ. »

Très vite on m’informa que mon chauffeur passerait me chercher aux alentours de 11 heures 30, il me restait donc encore beaucoup trop de temps d’attente, pour ne pas mourir d’ennuis.

Ce méchant contretemps qui pourrissait ce nouveau séjour au CHD, était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. Force était de constater que cette période difficile débutée en décembre 2012 était sans cesse contrariée par de désagréables incidents. Malgré les résultats positifs du scanner, et une opération de mon épaule qui s’était plutôt bien passée, la solitude et le silence de ma chambre ne m’aidaient pas à établir un bilan global satisfaisant de ces deux nouvelles expériences vécues. Fallait-il avoir des regrets d’une décision que j’avais pourtant mûrement réfléchie !

L’arrivée inespérée de l’ambulancier effaça, tel un coup de chiffon sur le tableau, les idées négatives qui me parcouraient l’esprit. Le CHD avait commandé un transport allongé, aussi  mon chauffeur était-il secondé par un de ses coéquipiers. Bien que les délais entre deux prises de médicaments ne fussent pas tout à fait respectés, l’infirmière préféra me préserver pour le voyage de retour.

Le malaise m’avait immobilisé le reste de la matinée, et je n’avais pas pris le temps de rassembler mes affaires dans mon sac. Mon cerveau était perturbé par le manque de sommeil, et par tout ce que j’avais subi en moins de 48 heures. En présence de mes accompagnateurs, je m’imposai bien inutilement une pression supplémentaire, aussi notre départ fut plus que laborieux.

Parcourir sur un brancard les 70 km qui me séparaient du CHD à mon domicile ne fut pas parmi mes nombreuses expéditions, la plus confortable. J’avais téléphoné à Chantal, qu’elle me prépare un déjeuner léger, car recouvrer l’appétit n’était pas à l’ordre du jour.   

J’étais satisfait de récupérer ma minerve (même si l’interne avait prétendu le contraire), mon fauteuil, et tous mes autres repères, mais j’étais surtout heureux de retrouver l’ambiance familiale, loin de l’anonymat des grands ensembles hospitaliers.

corps-en-souffrance-1-300x124 dans Cancer du rein



WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie