Le trou noir

 

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Si le scanner avait été plutôt rapide, l’IRM lui était très long, et justement cet enfermement interminable, finissait  par me provoquer pas mal de stress.

Est-ce le choc brutal de l’annonce du médecin qui a créé ce trou noir dans mon esprit ? Je l’ignore encore à ce jour, mais lorsque la foudre tomba sur moi, elle effaça de ma mémoire la chronologie des faits. Je ne sais donc plus à quel moment des deux examens, ni dans quel lieu précis du service, le praticien prononça la sentence.

Un détail reste cependant gravé, j’étais allongé.

« Monsieur Gautier ! »

L’homme parlait comme un mécanicien qui après avoir soulevé le capot du moteur de votre voiture, vous annonce ensuite le bilan des dégâts.

J’avais cru comprendre que la cryoablation portait ses fruits, mais par contre une lésion sur la surrénale apparaissait clairement sur les clichés.

A la question de savoir si j’allais devoir reprendre le traitement au Sutent, l’homme m’avait répondu qu’il ne savait pas. Il avait surtout insisté sur le fait qu’il n’avait pas le temps de discourir davantage, car il était attendu dans un autre établissement de la ville. Sans aucune émotion, ni aucune gêne, il me laissa donc ainsi dans ma détresse. Les seules choses dont je me souvienne ensuite ce fut mon retour dans le couloir auprès de Chantal qui m’attendait un livre à la main. Elle avait accueilli la nouvelle en éclatant brièvement en sanglots, puis s’était aussi vite ressaisie, la maladie nous ayant bien des fois réservé de plus ou moins mauvaises surprises, celle-ci étant quand même assez rude à encaisser.

Nous supposions à présent que tous les efforts entrepris depuis le mois de décembre étaient réduits à néant, pire je regrettais d’avoir décidé de stopper le Sutent, car finalement même avec ses effets secondaires de plus en plus pénibles à supporter, la période de traitement avec ce médicament avait été plus heureuse que celle que nous nous apprêtions à vivre. Autour de nous le personnel, les patients, les visiteurs s’agitaient imperméables à notre infortune, nous étions une fois de plus noyés dans notre solitude, plongés dans l’injustice d’un destin qui n’était pas le plus léger des scénarios.

Je ne sais pas très bien pourquoi nous n’avions pas prévu d’emporter un pique-nique, mais malgré que nous soyons à jeun, l’épreuve nous avait bel et bien coupé l’appétit, et à présent nous devions attendre que l’ambulance vienne nous chercher.

Une fois de plus il avait fallu prévenir les enfants, une fois de plus ma souffrance contaminait mes proches, une fois de plus notre entourage était désolé pour nous. Il fallait pourtant bien prendre les choses en main. Le milieu médical avait déjà oublié le cas Gautier, je supposais qu’un rapport écrit parviendrait au mon oncologue, mes préoccupations allaient donc dans ce sens, le contacter  pour comprendre son analyse personnelle des examens, et entendre la stratégie qu’il avait l’intention de mener, pour continuer l’incessant combat contre un malin, qui portait décidément bien son nom.

Je n’ignorais pas que le service oncologie serait plus facile à contacter le vendredi jour de visites, malheureusement ce matin là, j’appris par téléphone que mon oncologue et que sa secrétaire étaient absents. La remplaçante au bout du fil, nous confirma que de toute façon, aucun rapport du CHD n’était encore parvenu à leur bureau. Elle me proposa de rappeler en début de semaine suivante. 

La claque que nous avions prise le 16 juillet marquait son empreinte de plus en plus rouge sur la joue, et cependant il fallait tenter de continuer à vivre le plus normalement possible. Le monde ne s’était pas arrêté de tourner pour autant, aussi comme nous avions appris à le faire chacun jouait son rôle de comédien, en faisant comme si de rien n’était. Pesant, pesant, terriblement pesant ces heures, ces jours qu’il faut laisser se dérouler alors que votre corps et votre esprit sont entièrement paralysés par la peur de devoir affronter de nouveau l’inconnu, alors que le spectre de la mort apparaît une fois de plus devant vos yeux. Seule consolation qui me permettait de tenir encore debout, c’était la volonté de sortir et de marcher aussi souvent qu’il était possible de le faire, mais l’exercice ne m’apportait pas autant d’apaisement que j’aurais pu espérer, tout devenait trop difficile à supporter.  

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