La bombe atomique

 

La bombe atomique  dans Cancer du rein bombe-atomique

« Oui monsieur Gautier, je me souviens de votre appel de la semaine dernière. Justement nous avons reçu le rapport vous concernant du CHD, et monsieur R est en train de l’étudier, il vous rappelle dès que possible. »

Fallait-il que je reste planté devant le téléphone, comme une bombe atomique près à exploser, ou était-il plus raisonnable de sortir m’oxygéner les poumons à défaut d’aérer mon esprit. J’optai pour la deuxième solution en emmenant avec moi l’un de mes petits fils dont la vitalité distrayante  me permettrait à coup sûr de balayer provisoirement un peu de mon angoisse.  

A notre retour le téléphone n’avait toujours pas sonné. Du coup pour éviter tout débordement, et sans espérer l’aide d’une tierce personne,  je n’avais pas d’autre solution que de canaliser ma nervosité, en espérant de ne pas devoir me maintenir encore trop longtemps dans cette ignorance insupportable de mon sort.

L’appel résonna dans mes oreilles alors  que je ne l’attendais plus  avant le début de l’après-midi. La voix de  mon interlocuteur, me donna néanmoins l’occasion de décompresser un peu.

En fait le docteur R confirmait les dires de son collègue du CHD. Apparemment la cryoablation donnait tous les signes des résultats escomptés, sauf ombre au tableau, et elle était de taille, la surrénale déjà atteinte en 2010 redonnait de nouvelles marques d’inquiétude. Il n’y avait pas urgence m’avait précisé mon interlocuteur, la lésion se montrait beaucoup moins grosse que ce que nous avions connu trois ans auparavant, mais il avait suffit de stopper le Sutent pour que l’anomalie réapparaisse à l’écran. Il était partisan d’une ablation et me proposait de contacter le docteur C, urologue dans ma ville qui m’avait déjà opéré en 2004 et 2005. J’avais plutôt envie de me réfugier dans une rassurante reprise du traitement au Sutent, mais j’étais nerveusement fatigué, et les idées embuées par trop de stress ne me permirent pas de convaincre l’oncologue, que ma solution était la bonne. Nous avions décidé de nous passer le plus longtemps possible de ce traitement m’avait-il dit, il faut continuer dans cette lancée. Je n’avais pas eu la force de m’opposer à sa volonté, je n’attendais plus désormais que le rendez-vous chez le docteur C, qui serait fixé prochainement.    

Mes petits enfants que nous avions donc en garde égayaient de leur insouciance le déjeuner, mais ni moi ni Chantal placée en face de moi n’avions le cœur à sourire. De plus l’oncologue venait de me recaser dans la position incommode du mardi 16 juillet, à savoir qu’il fallait encore attendre un nouvel appel téléphonique pour avancer sur le chemin d’une guérison qui prenait encore des détours aussi inattendus que colossalement difficiles à franchir. 

Les situations obscures se répétaient encore et encore, mais avais-je la possibilité de choisir une issue de secours par laquelle je pourrais m’enfuir ? Non malheureusement, on n’échappe pas à son destin, et le mien restait parmi les moins enviables que l’on puisse connaître dans ce monde. 

Sans me rassurer tout à fait, l’oncologue avait su utiliser des mots qui ne transformaient pas ma peur  en terreur, et en cette période de vacances, je n’imaginais pas recevoir des nouvelles de mon urologue de sitôt. Je voulais donc en profiter pour prendre un peu de recul par rapport à cette énième épreuve annoncée, en m’occupant l’esprit par l’exercice d’activités diverses,  avec l’espoir de relâcher le plus possible  la pression qui s’exerçait sur moi.

Quelques jours plus tard durant l’une de ces matinées où j’étais devant mon ordinateur à concocter une page d’écriture, l’oncologue me réveilla à mon bon souvenir, pour me signaler son entretien avec le docteur C, et ma prochaine convocation par la secrétaire de ce dernier. Les médecins n’allaient-ils pas me foutre la paix durant ce mois d’août qui débutait sous le soleil avec des perspectives de beau temps durable ? Je préférais ne pas y penser, vivre le moment présent, voilà ce qui me préserverait le mieux de l’angoisse sous-jacente, et on verrait bien comment prendrait ensuite la tournure des choses.

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