Mardi 13 août 2013

 

Mardi 13 août 2013 dans Cancer du rein bonnes-vacances

Mes craintes étaient fondées, cette fois Chantal avait décroché le combiné, et j’avais compris que l’objet de la discussion me concernait au plus haut point. J’avais rendez-vous à la clinique le mardi 13  août, ce qui me donnait un petit plus d’une semaine de ‘’récréation’’, avant d’affronter une nouvelle fois la triste réalité des faits.

Période estivale oblige, la clientèle se faisait rare dans la salle d’attente du docteur C. Presque un mois après l’annonce de ce nouveau cataclysme, j’étais ni calme, ni stressé, mais plutôt résigné. Le médecin m’accueillait dans une clinique flambante neuve. Huit ans  s’étaient écoulés depuis notre dernier rendez-vous, pourtant j’avais l’impression de l’avoir quitté la veille. Il n’avait pas grand-chose à me rendre compte que je ne connaisse déjà. Il reprenait les mêmes arguments que son collègue de Nantes, l’élimination d’une épée de Damoclès, la possibilité d’une guérison, et le Sutent ensuite comme éventuel rempart. L’image de ma lésion sur la surrénale affichée sur son écran d’ordinateur ne me faisait ni chaud, ni froid. Il m’expliqua ensuite qu’il envisageait pour moi la cœlioscopie mais sans garantie de réussite car ayant déjà été opéré, je risquais de présenter des adhérences, auquel cas, il procéderait à une ouverture classique sur le côté. Il me demanda ensuite si j’avais des questions à lui poser, je lui répondis que non, et que je lui faisais confiance comme les deux autres fois. Il y avait longtemps que je voulais le remercier pour m’avoir, grâce à ses compétences de chirurgien,  prolongé la vie. L’occasion était la bonne de satisfaire ce besoin, je ne me privai donc point du plaisir.

Son carnet de rendez-vous comportait une journée particulièrement peu chargée, le 27 août, il réservait même son après-midi rien que pour moi, nous prîmes donc note de cette date, et sans prolonger davantage une conversation qui ne me passionnait guère, nous nous dirigeâmes vers le bureau de sa secrétaire.

Celle-ci nous récita son chapelet comme l’aurait fait n’importe qu’elle voix synthétique de l’une de ces machines modernes de notre siècle. Il fallait signer une reconnaissance de dettes, soit 80 euros de dépassements d’honoraires, l’urologue ayant été disposé à nous faire un cadeau, car d’habitude il demandait le double. Il fallait opter soit pour une chambre à deux lits, soit pour une chambre, seul. Si nous faisions ce deuxième choix, un forfait supplémentaire de 55 euros par jour serait facturé à ma sortie. J’avais reçu en guise de recommandations, une feuille comportant les différentes phases d’un régime à suivre quelques jours avant mon hospitalisation pour me laver les intestins, accompagnée en prime d’une ordonnance d’un produit pharmaceutique à avaler en complément. Notre interlocutrice avait également rajouté une autre ordonnance pour me procurer une crème dépilatoire à appliquer sur mon corps la veille de l’opération, car la clinique ne faisait plus ce genre d’intervention nous avait-elle précisé. Il fallait à présent payer la consultation, et ne pas oublier de lui fournir ma carte vitale. Enfin nous pouvions rentrer chez nous, et téléphoner à la centrale pour prendre un rendez-vous chez l’anesthésiste, car il était  inutile de se présenter dans le service adéquat. Tout était dit, la secrétaire n’était pas entraînée à ressentir de la compassion pour les malades, les malades s’étaient la clientèle qui faisait tourner la boîte, et qui lui permettait de gagner sa vie. Les explications qu’elle venait de nous fournir faisaient partie de son job, mais  ses relations avec les personnes s’arrêtaient là.

Aussitôt dit, aussitôt fait, le coup de fil passé de notre domicile, nous confirma que le docteur D anesthésiste, était disposé à nous recevoir le vendredi 16 août en début d’après-midi. En attendant, il fallait résister contre le découragement qui nous assaillait. Pour la première fois en presque neuf années de lutte acharnée, notre tentation de repli sur nous même prenait le dessus. Participer à une cousinade prévue la veille de ce rendez-vous, était au dessus de nos forces, nous préférâmes passer la journée en petit comité restreint auprès de notre fille qui logeait depuis quelques temps centre ville. Une balade en forêt après le repas me fit d’ailleurs le plus grand bien. 

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