La casserole de lait sur le feu

 

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Rechercher la stabilisation de mon humeur faisait partie de cette stratégie de combat qui m’aidait à supporter parfois même l’insupportable. Je ne dis pas que le challenge était quelque chose de simple à réaliser, mais je trouvais encore un peu de volonté pour m’atteler à la tâche.

Je m’efforçais donc sans relâche de faire un travail sur moi-même pour y parvenir, sans pouvoir éviter toutefois les périodes de turbulences.

Il n’y avait pas foule dans la salle d’attente du service des anesthésistes en ce week-end de l’assomption. Mon état d’esprit une fois de plus mal mené par ce nouveau coup dur, passait inévitablement par des phases d’optimisme exagéré, avant de plonger par degrés successifs dans le désespoir. Pour l’heure et comme je l’ai écrit précédemment, avec mon travail d’analyse et de maîtrise sur mon propre psychisme, ce fameux état d’esprit ressemblait à celui que j’avais connu au moment de mon entretien avec le docteur C. Une soumission plus proche de l’acceptation que de la capitulation, car il ne s’agissait pas d’abandonner le combat, la diminution de mes forces rendant néanmoins les choses de plus en plus difficiles.

L’homme était jeune, affable, dynamique et communicatif. Mon dossier n’était pas des plus simples à traiter, mais je pouvais sans difficulté l’aider à se faire l’opinion la plus précise possible de mon cas. Entre peu d’explications, et trop d’explications, je ne sais pas ce qui était le plus inquiétant, ou le plus rassurant pour le malade. En tout cas lui n’était pas avare de me fournir toutes les informations qui lui semblaient bon de me communiquer.

Moi qui espérais souffler un peu avant mon intervention, il fallait prévoir un rendez vous chez le pneumologue, un chez le cardiologue, conserver celui programmé avec l’angiologue, descendre le jour même à la radio des poumons, et procéder en laboratoire à une prise de sang pour diverses analyses. Seule consolation, toutes ses spécialités médicales avaient des médecins représentés à la clinique, ce qui m’éviterait de me disperser un peu partout, dans la ville. 

La consultation avait duré beaucoup plus longtemps que la moyenne, aussi lorsque nous sortîmes de son cabinet, la salle d’attente s’était bien remplie.

La secrétaire avait écouté les explications de son supérieur hiérarchique, elle se tournait à présent vers nous pour nous transmettre documents et autres instructions que nous avions à connaître. Entre autre, il fallait signer une reconnaissance de dettes, soit un dépassement d’honoraires de 50 euros.

L’anesthésiste ayant insisté pour que la radiographie de mes poumons soit effectuée le jour même, nous nous retrouvâmes donc à l’endroit précis où trois ans plus tôt mon généraliste m’avait envoyé de toute urgence, avant de prendre la décision de m’hospitaliser pour cause de septicémie. Des scénarios éprouvants comme celui-là se répétaient sans cesse, et je n’étais pas opposé au fait de donner ma place d’acteur à quelqu’un d’autre, malheureusement pour moi il n’y avait pour l’heure, pas de candidats intéressés à la succession.

En deux temps, trois mouvements, j’étais passé de la cabine de déshabillage, à la salle de radio, et de la salle de radio, à la cabine de rhabillage, où l’opératrice m’avait demandé de patienter avant de quitter les lieux. Plus les années de lutte contre le malin passaient, et plus ma patience avait ses limites, surtout lorsqu’il s’agissait d’attendre les résultats d’un examen.   

Justement je restais planté là tout seul dans ce réduit de deux mètres carrés, et le temps me paraissait une éternité. Je sentais la crise d’angoisse monter en flèche, un peu comme du lait sur le feu, près à déborder de la casserole. Que je le veuille ou non le traumatisme subi par l’annonce de cette maladie en 2004 était toujours là, et malgré les efforts que je faisais au quotidien pour maitriser ma peur, je restais néanmoins nerveusement extrêmement vulnérable. Il fallait impérativement que je sorte de mon cachot pour rejoindre Chantal qui m’attendait dans la salle d’attente.  Les cabines des patients formaient des sortes de sas entre cette salle d’attente et la salle de radio, aussi en laissant la porte ouverte je ne doutais pas que le radiologiste pourrait facilement me retrouver.

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