L’univers des tenues vertes

 

L'univers des tenues vertes dans Cancer du rein chirurgie-300x150

L’univers des tenues vertes, des bonnets sur les cheveux, et des visages partiellement masqués, n’était pas pour moi une ‘’immersion’’ en terre inconnue Je n’avais pas la curiosité de tourner la tête de gauche à droite pour regarder tout ce petit monde s’agiter autour de moi. Comme je l’ai déjà écrit précédemment, je m’abandonnais totalement et impassiblement entre les mains du Dieu chirurgie, le seul vraiment capable de me sortir de ce sale pétrin.

L’anesthésiste monsieur D était présent à mes côtés. Son attitude envers moi confirmait l’impression que j’avais eue de l’homme à notre première rencontre. Il était profondément humain, doux et réconfortant.

Lors de ma deuxième opération concernant l’ablation partielle de mon rein gauche, je me souvenais que la pose d’un cathéter péridural s’était plutôt mal passée. La femme responsable de l’acte à cette époque là, m’avait reproché de ne pas coopérer, sur un ton qui méritait une belle paire de claques. Je n’étais décidément pas très complice avec les anesthésistes, car monsieur D rencontrait les mêmes difficultés que sa collègue en 2005. Pourtant sa patience et sa sérénité vinrent à bout de ma résistance en évitant que la panique ne s’empare de moi. Il lui restait à poser un nouveau cathéter, sous clavière celui là, et à l’inverse de la manipulation précédente, il n’eut aucun problème à terminer son travail

Puis il vint me susurrer des mots doux à l’oreille, comme une mère le ferait avec son enfant pour que celui-ci s’endorme paisiblement. 

Je repris conscience dans une pièce sombre à demi éclairé par une lumière bleutée. Peut-être étaient-ils cinq personnes autour de moi, mais chacun s’affairait à une tâche bien précise. Je ne voyais aucun des visages, mais je pris conscience que mon opération avait-eu lieu, que j’étais dans une chambre de l’unité des soins intensifs, et qu’il devait être tard dans la soirée. J’étais profondément agité, d’une part à cause de ce masque à oxygène qui me donnait l’impression de m’étouffer plutôt que de me procurer l’air dont j’avais besoin, et aussi parce que j’étais complètement cloué sur le lit dans l’incapacité de faire le moindre mouvement. Cette sensation d’entrave extrême provoquait en moi une crise de panique que je n’avais pas le pouvoir de maîtriser. Et puis cette perception de brûlure, et l’extrême douleur que je ressentais du bas des reins jusqu’à hauteur des épaules, contribuaient également à exacerber ma nervosité. J’aurais aimé que l’on me change de position, je refusais en bloc le cauchemar que j’étais en train de vivre, je ne voyais absolument pas comment j’allais pouvoir résister à une telle pression.

J’étais tellement difficilement contrôlable, que le personnel était constamment à mon chevet, et à force de réclamer que l’on me débarrasse de ce masque à oxygène, j’avais fini par obtenir qu’on me le remplace par des lunettes nasales. 

Cette concession sensée me calmer un peu, me fit découvrir que j’étais également porteur d’une sonde naso-gastrique. Depuis décembre 2012 j’avais enchaîné les anesthésies avec intubation aussi ma gorge facilement irritable était toute gonflée d’un œdème qui ne rendait pas facile la présence de ce tuyau qui me grattait la luette et me faisait tirer du cœur, à chaque mouvement que j’avais la malencontreuse idée d’entreprendre. Il était inutile de penser que j’allais pouvoir dormir, d’ailleurs je n’y songeais même pas, et me contentais de vivre l’instant présent, préoccupé exclusivement par la torture et la souffrance que j’étais en train d’endurer.

J’étais branché par des électrodes à un moniteur cardiaque, et là encore, il ne fallait pas faire de grands gestes pour que l’un de ces électrodes se décolle, déclenchant une alarme qui engendrait automatiquement l’apparition d’une infirmière.

Suspendus sur un support situé  à la tête de mon lit, les sacs à perfusion reliés à mon corps par des tubulures jusqu’aux cathéters que l’on m’avait posés,  se vidaient goutte après goutte à l’intérieur de mes veines, j’ignorais totalement ce qu’ils pouvaient contenir, et je m’en fichais comme de ma première chemise.

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