Mon lit de tortures

 

Mon lit de tortures dans Cancer du rein lit-de-souffrance

La nuit était longue, trop longue, et pareil à de la mauvaise herbe,  la peur de ne pas pouvoir tenir le coup prenait de plus en plus racine dans mon esprit, sa croissance étant favorisée comme l’eau d’un arrosoir,  par des supplices physiques fréquents.

Est-ce l’effet des anesthésiants, des antalgiques, ou autres drogues légales, mais la nuit était passée sans que je ressente la notion du temps. J’étais constamment surveillé, stimulé, et forcément quelque-part un peu dérangé par le personnel, mais je préférais cela à la solitude. Les angoisses descendaient forcément d’un cran lorsque infirmières ou aides-soignantes, rompaient mon isolement. A présent que les stores étaient remontés et que la lumière du jour envahissait ma chambre, je me sentais comme un enfant, apaisé de constater que la nuit fût enfin terminée.  J’étais même presque content que l’on vienne me faire une ixième prise de sang.

En soulevant le drap je pus apercevoir que j’étais porteur d’une sonde urinaire, et comme j’étais quasiment nu dans mon lit, je constatai également que mon abdomen était parsemé de petits pansements, et qu’un drain thoracique ajoutait de la douleur, à la douleur.

Totalement à la diète, et privé également d’eau, je n’avais rien d’autre à faire que de regarder le plafond. J’étais trop épuisé pour m’apitoyer sur mon triste sort, et comme je devais me passer totalement de liberté, je n’avais également rien d’autre à faire que de me soumettre aux décisions du personnel médical. Le retrait du masque à oxygène pour le remplacement de lunettes nasales avait été possible, mais il ne fallait pas compter sur la collaboration de l’infirmière pour me retirer la sonde gastrique. Il s’agit d’une prescription médicale m’avait-elle dit, je n’ai pas le pouvoir de outrepasser les ordres de la hiérarchie.

Soudainement je réalisai que l’écran de télévision suspendu sur le mur d’en face était probablement à ma disposition. On me confirma que la télécommande était posée sur ma table de nuit, et joignant le geste à la parole l’aide soignante me mit le boîtier entre les mains. Je n’avais pas la force d’ouvrir les yeux pour suivre une quelconque  émission, mais le son remplissait le silence de ma solitude, et c’était déjà ça.

Enchevêtré dans ma tuyauterie je ressemblais davantage à un grand prématuré qu’à un ‘’papy fait de la résistance’’.

« Monsieur Gautier nous arrivons pour faire votre toilette, et pour refaire vos pansements. »

La phrase ne me faisait par rire du tout, j’avais déjà connu ces moments là en 2004 et 2005, et je savais que l’exercice ne serait pas une partie de plaisirs.

Doucement avec l’application d’une mère, la femme me nettoyait le visage avec un gant imbibé d’eau chaude et de savon. Même si j’avais l’habitude de me débarrasser un peu plus énergiquement, des impuretés de la nuit, le geste me faisait néanmoins du bien. Elle me sécha le visage,  s’empara ensuite de mon rasoir puis s’employa à me débarrasser de cette barbe disgracieuse.

Sa collègue avait trouvé ma paire de chaussettes de contention dans mon sac, et après avoir retiré mes bandes, nettoyé jambes et pieds, puis frictionner mes talons avec une crème anti-escarre, elle faisait à présent le geste de me les enfiler. 

Pour le torse il fallait slalomer entre les pansements, la toilette de ce côté-là fut donc assez succincte. Restait le plus délicat les parties génitales. Ces dames appelaient cela, la petite toilette. Il fallait que le travail soit bien fait, car le risque d’infection urinaire était grand.

Déjà abattu par la maladie, par les opérations et leurs complications, cette épreuve rajoutait de l’inconfort, car elle représentait pour moi, un test difficile, humiliant, honteux, et je subissais ce moment réellement sous la contrainte,  avec le puissant sentiment d’une incursion violente dans mon intimité.   

Le personnel soignant tentait de dialoguer avec moi, mais mon corps tout entier exprimait ses douleurs, aussi ma crispation était telle, qu’aucun mot ne sortait de ma bouche.

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