Mon lit de tortures 2

 

Mon lit de tortures 2 dans Cancer du rein torture-physique

L’infirmière et les deux aides-soignantes formaient à présent un trio qui ne me lâchait pas d’une semelle. Un à un les petits pansements disséminés sur mon ventre furent changer, puis vint le moment que je redoutais le plus.

« Il va falloir vous tourner sur le côté gauche monsieur Gautier, nous allons vous aider. »

Je fis non de la tête, comme pour les supplier d’abandonner cette idée.

« Ah si ! Vous n’avez pas le choix. Nous allons vous maintenir le dos, puis vous allez vous cramponner à la barrière du lit, ce qui vous aidera à pivoter, puis à vous maintenir en position. »

S’il existe, comment le Seigneur peut-il laisser la douleur physique s’exprimer à un si haut degré ? J’avais l’impression de me ‘’déchirer’’ de tous les côtés, comme un vieux rideau complètement brûlé par les rayons du soleil.

Le personnel qui m’entourait avait bien conscience de mes efforts, et m’encourageait par les mots appropriés. 

Finalement la toilette de mes fesses et de mon dos, suivie par des massages à base de crème anti-escarres, furent un vrai réconfort qui valait la peine d’obéir aux directives.

Il fallait encore patienter pour que l’on me refasse le pansement dorsal, mais à force de patience,  je sentais mes bras se tétaniser.

De plus il était également indispensable que les aides-soignantes changent le linge de lit, tout en me maintenant allongé. Retirer puis remplacer le drap du dessous ainsi que l’alèse, était une opération délicate, qui s’opérait en deux temps. Heureusement elles étaient habituées à accomplir de telles manœuvres, et en m’indiquant précisément le rôle que j’avais à jouer, elles purent rapidement m’autoriser à me recoucher délicatement sur le dos. Je fus soulager de retrouver un peu de  repos.

L’extrême détresse dans laquelle j’avais été plongé depuis mon réveil postopératoire, ne m’avait pas donné le temps de penser à ma famille. A présent j’étais propre, et mes agitations nocturnes étaient derrière moi, aussi je retrouvais un peu de sagesse et par conséquent une faculté de raisonnement plus proche de mon quotidien, et donc de la réalité. Je pouvais me fixer à l’esprit l’idée que Chantal viendrait me voir dans l’après-midi, apportant avec elle un souffle de vie du monde extérieur, souffle de vie dont j’avais bien besoin de sentir les bienfaits, dans cet enfer ‘’carcéral’’.

Il m’était impossible de dormir, j’étais beaucoup trop enchaîné à tout ce matériel médical, et puis j’avais toujours en tête de demander au médecin de me retirer cette sonde gastrique, qui continuait à me faire tirer du cœur. Les douleurs étaient elles aussi  nombreuses, pourtant j’avais l’impression que les infirmières passaient régulièrement pour me faire bénéficier d’antalgiques puissants. La télévision continuait de diffuser image après image des émissions que je ne regardais pas, mais elle remplissait bien le rôle que je lui avais attribué, rompre le silence qui régnait, entre mes quatre murs.

Les drogues qui s’écoulaient des différentes perfusions m’empêchaient parfois d’être totalement lucide, elles avaient surtout la faculté d’effacer de mon cerveau, toutes notions de temps. Dans le cas contraire l’ennui aurait été mortel. J’appuyais souvent sur la sonnette d’alarme, car j’avais besoin que l’on me remonte dans mon lit, je ne trouvais guère de position qui me satisfasse.

Dans ces conditions d’incommodités excessives, les motifs à réjouissances étaient peu nombreux. Seule l’arrivée de Chantal et de mon fils ainé furent pour moi un petit coin de ciel bleu, dans un univers bien gris. J’ignorais si j’étais choquant à voir, en tout cas si ce fut le cas, leurs visages ne trahissaient pas leurs impressions. Je n’avais rien vécu de mon opération, mais à partir de mon réveil, je n’avais connu que de grands moments de souffrance et de nervosité, aussi je ne pouvais pas tenir un grand discours. A l’inverse mes proches n’avaient pas été témoins de ma souffrance et de ma nervosité de la nuit, mais la journée de la veille, ils avaient subi de plein fouet, ces longues heures d’attente angoissante qu’avaient été mon passage au bloc, et il n’était pas question pour eux de me parler de leur traumatisme. A présent le plus dur était passé, les sourires échangés, les petites phrases banales, et le plaisir de se retrouver, contribuaient à faire baisser la tension véhiculée par la peur que tout le monde avait ressentie durant  l’épreuve, chacun gardant encore une  fois pour lui, ses émotions.

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