Réglé comme du papier à musique

 

rêves hallucinatoires 1

J’appris que les visites étaient très réduites, 14h 30 jusqu’à 16 h, aussi fallu-il que mon fils aîné parte, pour que sa sœur le remplace, Eliane devant enfiler à son tour la blouse obligatoire, avant de se désinfecter les mains.

Revoir des visages connus m’avait fait du bien, mais arriva bien vite le moment de nous quitter, le départ de mes proches me ramenant très vite à ma condition.

Les rythmes de soins hospitaliers étaient réglés comme du papier à musique. Ma famille venait à peine de me quitter, que l’équipe médicale déjà présente le matin, arriva pour s’occuper de moi. 

Point de toilette cette fois, mais il fallait quand même pivoter sur le côté gauche, pour vérifier les pansements, et procéder à des massages anti-escarres. Puis vint le moment de changer les poches vides de mes perfusions, de contrôler le drainage thoracique, ainsi que la quantité d’urine récupérée dans son ‘’emballage’’, enfin  de dresser le bilan de cette première journée. L’équipe était satisfaite de ma réactivité, car le matin je n’avais guère prononcé de paroles. Je lui confiai qu’en aucune façon je refusais le dialogue, c’était uniquement la douleur qui me tétanisait.

« C’est bien déjà de nous révéler cela, car nous allons en parler à un anesthésiste, peut-être décidera t’il d’augmenter la dose de morphine. Il ne faut surtout pas hésiter à nous questionner, et à nous faire part de vos problèmes. Il y a des solutions pour améliorer votre confort. »

La journée s’avançait, mon corps continuait de me manifester ses peines, sans doute ses peines auraient-elles étaient encore plus grandes sans les antalgiques qui coulaient dans mes veines. La journée s’avançait donc, et avec elle la menace grandissante d’une prochaine nuit de solitude et de silence effrayant.

Impossible de savoir si j’arrivais ne serait-ce qu’à somnoler, ma tête bouillonnait comme une marmite, et lorsque je fermais les yeux, l’obscurité se peuplait tout à coup de personnages et de situations étranges, qui m’interdisaient tout repos. 

« Comment allez-vous monsieur Gautier ? »

L’urologue m’expliqua l’échec de la célioscopie, la décision d’ouvrir sur la cicatrice déjà existante, et passa sous silence le fait que son intervention avait provoqué un pneumothorax, comme ma famille le savait déjà et comme j’allais l’apprendre à mes dépens, quelques jours  plus tard. Puis après m’avoir tapoté gentiment la jambe, en signe de compassion, il me quitta comme il était arrivé, en coup de vent.

La porte s’ouvrit de nouveau, cette fois j’aperçus le visage bien connu de l’infirmière, et celui totalement inconnu d’un anesthésiste de l’établissement. En matière de gestion de la douleur, il s’agissait de passer à la vitesse supérieure, et en fonction de mon consentement le praticien était disposé à m’injecter une dose de morphine, directement dans le cathéter péridural. Ayant donné mon accord, celui-ci passa à l’action, et j’eus la perception immédiate d’un liquide froid qui se rependait dans mon corps.

Cette fois c’était sûr, l’équipe de nuit allait remplacer celle de jour, et je ne verrais plus personne avant les dix heures du soir.   

La morphine m’entraînait dans une espèce d’état de somnolence. A chaque fois que je reprenais conscience, il fallait que je réfléchisse pour me repositionner dans la réalité. Mes yeux se fixaient sur le tableau suspendu à droite de la télévision, puis ils parcouraient la pièce de long en large. Un temps de réflexion plus tard, je savais que j’étais hospitalisé, et je rabaissais mes paupières.

rêves hallucinatoires

 



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