L’arrivée d’un nouveau jour

bateau rentrant au port

 

 

Encore une fois c’était l’arrivée d’un nouveau jour qui ramenait mon bateau parti à la dérive. Le ciel bleu et les premiers rayons de soleil avaient quelque chose de rassurant qui me faisaient penser à la vie, la nuit symbolisant quant à elle davantage la mort. De plus cette nouvelle journée commençait par une note optimiste, car le premier travail de l’infirmière avait été de me retirer ce tube gastrique qui me donnait bien trop souvent l’envie de vomir. Certes j’avais la voix, et la gorge irritée,  voir même légèrement enflée, à cause de mon intubation préopératoire. J’avais également du mal à respirer sans ronfler, mais psychologiquement, ne plus ressentir ce corps étranger à l’intérieur de moi  me faisait oublier tous ces inconvénients. 

Je n’avais pas du tout su appréhender la douleur nocturne, aussi l’infirmière devait avertir l’anesthésiste, pour qu’il procède à une nouvelle injection de morphine.

J’étais un petit peu moins raide, surtout je commençais à faire véritablement confiance au personnel de service, lorsque celui-ci m’indiquait la meilleure posture à prendre pour ne pas avoir mal, au moment des soins. Ainsi grâce à l’assistance d’une aide-soignante, je pus me lever au bord du lit, tandis que deux de ses collègues changèrent les draps, un véritable progrès qui me donna  de bonnes raisons d’espérer. 

Le trio laissa sa place au kinésithérapeute, qui je l’appris de sa bouche, viendrait me rendre régulièrement visite les jours suivants. Je ne connaissais toujours pas la raison de son intérêt pour moi, car au niveau respiratoire je n’avais pas la sensation d’être gêné, en plus j’étais toujours sous oxygène, et mes lunettes nasales me seyaient comme un gant, je ne risquais donc guère l’étouffement. Je ne lui posai pas la question pour autant. 

Puis ce fut au tour de l’urologue, remplaçant du docteur C, de pénétrer dans la chambre afin d’évaluer mes progrès. Enfin comme j’en avais été informé par l’infirmière, un anesthésiste termina la procession des blouses blanches, en m’injectant la dose de morphine qui m’avait défaut la nuit précédente.

Pour l’heure je n’avais plus qu’une seule chose à faire, apprécier les effets positifs du médicament sur mon corps, car la douleur s’effaçait peu à peu, laissant place à une longue période de détente, de repos, de légèreté, et de flottement

Je vivais cette expérience de l’hospitalisation dans une soumission la plus totale, je ne me posais aucune question sur mon avenir, et me laissait ‘’gouverné’’ par le corps médical sans m’intéresser aux méthodes qu’il employait pour parvenir à ses fins. J’étais présent d’esprit, sans l’être vraiment, je naviguais entre deux eaux. En me faisant entrer à la clinique le destin qui composait le texte de ma vie avait ouvert une parenthèse, et j’ignorais totalement quand ce même destin allait la fermer.  

La seule perception que j’avais du monde extérieur, c’était l’arrivée de ma famille, mon rayon de lumière dans une météo bien grise. En ce vendredi 30 août le temps de visite que le service lui accordait s’était écoulé, et maintenant je ressentais cette impression désagréable de me sentir pris otage, un sursaut de révolte qui serait bien vite étouffé par le poids d’une incontournable réalité.

Les jours défilaient et se ressemblaient à quelques variantes près. La fin du week-end marquait aussi la fin des vacances pour beaucoup de gens, tandis que la rentrée scolaire se profilait également sur le calendrier. A présent la douleur était plutôt bien maîtrisée, et je n’avais plus besoin de faire appel à l’anesthésiste pour renforcer l’efficacité des antalgiques. Tout aurait pu donc être bien dans le meilleur des mondes, mais l’infirmière qui était en charge de ma petite personne, ne semblait pas satisfaite de l’efficacité du drain thoracique. J’ignorais totalement quelles pouvaient être les conséquences de ce dysfonctionnement, et comme je l’ai déjà exprimé à ce sujet, je m’en fichais pas mal. Je n’allais pas tarder à changer radicalement d’attitude.

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