Une idée banale

l'effervescence

 

Le lundi débuta dans l’effervescence, d’abord je reçus la visite de la dame à la valisette, qui venait prélever quelques tubes de mon sang. Puis une manipulatrice entra à son tour avec son appareil mobile pour prendre une radiographie de mes poumons. J’étais allongé, et j’allais le rester, aussi demanda t’elle de l’aide auprès de l’infirmière de garde pour me soulever, afin de placer sa plaque radiologique dans mon dos. Comme j’allais l’apprendre un peu plus tard, cet examen censé vérifier l’emplacement du drain thoracique, allait surtout être utile au pneumologue. Celui-ci redoutait, l’aggravation de mon pneumothorax, et l’inefficacité du drain, le cliché appuierait son raisonnement. 

L’équipe de soins constatait des progrès dans ma quête d’autonomie. L’exercice n’était pas facile à réaliser, car avec tous mes branchements, faire en sorte que je puisse m’asseoir au fauteuil, maximum un quart d’heure, relevait d’un véritable défi.

Une fois recouché il ne fallait plus rien me demander, car j’avais été jusqu’au bout de mes efforts, mais j’étais plutôt satisfait  ne serait-ce que d’avoir pu me laver les dents tout seul.

Le docteur F s’introduisit à son tour dans ma chambre, pour y pratiquer un second examen angiologique depuis mon hospitalisation. Il confirma que ma phlébite datant de la fin mai était guéri, il fallait cependant continuer les piqûres préventives pendant encore un bon laps de temps.

Il était prévu que l’on me retire en début d’après-midi mon drain thoracique, je considérais ça comme une bonne nouvelle. J’ignorais cependant, et on se gardait bien de me le dire, que j’allais en fait avancer ce jour, pour mieux reculer le lendemain.

En début de l’après-midi, sans que j’en sache réellement l’utilité, et sans que je m’en inquiète le moins du monde, il fallu que je passe une nouvelle radiographie pulmonaire. Je n’avais plus de drain thoracique, et l’on m’avait débarrassé également  du cathéter péridural. L’exigence du pneumologue était grimpée d’un ton  car l’examen devait se pratiquer debout. L’équipe médicale commença à me placer dans mon fauteuil, avec toutes les difficultés déjà relatées dans ce récit, puis on me demanda de me tenir debout devant ce même fauteuil, pour que le cliché soit extrêmement précis.

Après avoir retrouvé mon lit, il ne me resta plus qu’à reprendre mes esprits et  attendre l’arrivée de ma famille, seul véritable moment récréatif de la journée.

Outre la souffrance physique et psychologique, le manque récurrent d’une longue période de  sommeil de qualité m’affaiblissait à tel point que j’avais les nerfs à fleur de peau. Moi qui depuis l’enfance emprisonnait mes peines à l’intérieur de moi, en leur donnant rarement la chance de s’exprimer, j’apprenais avec l’âge à me relâcher un peu, et cette terrible et nouvelle épreuve que m’imposait la maladie, me faisait verser plus aisément encore les larmes que j’avais beaucoup trop longtemps retenues. Ce n’était pas de la désespérance comme aurait pu le penser ma famille, non j’étais simplement au bout du bout du rouleau.

On dit que l’être humain est capable de trouver au plus profond de soi la force qui lui manque lorsqu’il est contraint d’affronter les plus mauvais moments de sa vie, je veux bien le croire, mais même si l’esprit résiste, lorsque le corps ne répond plus, je pense que le moment de déposer les armes fini par se produire. Alors que je n’étais pas loin de passer à côté de la catastrophe, une idée banale du personnel médical me sauva inespérément des eaux. Me basculer sur le côté gauche, puis me caler le dos et les fesses avec trois gros édredons, voilà qui me permit après sept jours couché sur le dos,  de me changer de position. Sachant aussi que cette posture était celle que je préférais pour trouver le sommeil, l’effet psychologique fut quasi immédiat. Certes j’avais vaguement entendu l’infirmière et sa collègue venir me rendre visite dans la nuit, et j’avais ouvert les yeux alors que le soleil n’était pas encore tout à fait levé, mais je ressentis pour la première fois depuis mon opération, les bienfaits d’un vrai sommeil réparateur.

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